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Récolte 2018 de céréales à paille Céréales à paille, colza et pois

Volumes et qualités généralement bons, malgré une météorologie atypique en 2017/2018

16 août 2018

Retrouvez le bilan des récoltes 2018 en céréales à paille, colza et pois.

Après une année 2017 aux récoltes très satisfaisantes, la production française de céréales à pailles reste, en 2018, globalement d’un niveau proche de la moyenne quinquennale avec 35,1 millions de tonnes (Mt) de blé tendre, 1,9 Mt de blé dur et 11,8 Mt d’orges. La production française est par contre en recul pour le colza et en demi‐teinte pour les protéagineux, aux résultats hétérogènes.

Sur le plan qualitatif, cette récolte permettra de répondre à tous les besoins des utilisateurs sur les différents segments de marché. Les teneurs en protéines des céréales à paille sont très satisfaisantes, supérieures à 11,5 % en blé tendre, voire à 12 % dans de nombreuses situations, et à 13 % en blé dur. Les poids spécifiques sont partout supérieurs à 76 kg/hl pour le blé tendre, mais restent faibles pour le blé dur en zone traditionnelle (sud de la France), alors qu’ils sont de bon niveau dans les bassins Ouest‐Océan et Centre.

La récolte de colza, à 4,6 Mt, s’avère inférieure à la très bonne récolte de 2017 à 5,3 Mt. Pour les pois et féveroles, la situation paraît très hétérogène avec des résultats décevants pour les cultures d’hiver. Les cultures de printemps sont en cours de récolte.

Des récoltes de bon niveau en dépit des caprices de la météo

La campagne 2017‐18 a été marquée par une météorologie capricieuse et variable selon les régions. Les conséquences sur l’état des cultures ont pu être suivies chaque semaine notamment avec l’observatoire Céré’Obs. Alors que la sécheresse affectait les semis d’automne dans les régions du Sud, les inondations hivernales et printanières ont rendu compliqués les semis d’hiver comme de printemps dans d’autres régions. Les orages après floraison ont ensuite notamment affecté les régions du Sud, et occasionné de la verse localement sur les céréales à paille. Le retour des pluies et les fortes chaleurs ont impacté négativement la floraison et le remplissage des graines des oléagineux, mais ont accéléré la récolte de une à trois semaines selon les cas pour les céréales à paille. Ces conditions ont favorisé la valorisation des apports azotés, mais aussi une forte pression parasitaire. Elles contrastent avec la sécheresse qui a affecté sérieusement le Nord de l’Europe et la Mer Noire.

Blé tendre : un peu plus de 35 millions de tonnes et des teneurs en protéines élevées

Malgré des conditions climatiques difficiles au printemps, la production de blé tendre est estimée, à ce jour, à 35,1Mt (‐ 4 % par rapport à la récolte 2017 et ‐ 2,1 % par rapport à la moyenne quinquennale 2013‐2017) avec des surfaces évaluées à 4,9 millions d’hectares et un rendement moyen national de l’ordre de 71,5 q/ha, selon les estimations du service statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Les rendements sont très hétérogènes en fonction du secteur, les sols profonds ayant subi un excès d’eau. Dans le sud et l’ouest du pays, les rendements sont en baisse par rapport à la moyenne quinquennale, alors qu’ils en sont proches dans les autres régions. Au nord de la Seine, les rendements sont bons, avec des moyennes régionales dépassant les 83 q/ha. Dans la région Grand Est, les rendements sont bons en Champagne‐Ardenne et Lorraine et un peu inférieurs aux très bons rendements 2017 en Alsace. Dans les régions de l’Ouest, les rendements sont très moyens autour de 77 q/ha, mais seulement 63 q/ha en Pays de la Loire. Ils sont aussi moyens dans le Sud‐Ouest avec 60,6 q/ha en Nouvelle Aquitaine.

Sur le plan qualitatif, la teneur en protéines des blés tendres est très satisfaisante, supérieure à 11,5 % dans toutes les régions. Elle dépasse régulièrement les 12 %.

La variabilité dans l’intensité et la fréquence des pluies survenues en fin de cycle a généré de l’hétérogénéité sur les poids spécifiques. Les moyennes régionales dépassent systématiquement le seuil de 76 kg/hl exigé dans les contrats et cahiers des charges et sont bien souvent supérieures à 77 kg/hl. Les temps de chute de Hagberg des blés issus de la récolte 2018 devraient également répondre aux spécifications.

Blé dur : rendements et qualités hétérogènes

La situation pour le blé dur s’avère très contrastée entre les différents bassins de production. À l’échelle nationale, la production serait en recul de 12,1 % par rapport à 2017 et s’établirait à 1,9 Mt.

Dans le Sud, particulièrement concerné par les conditions climatiques défavorables du printemps, les rendements sont fortement altérés. Sur le plan qualitatif, des nuances sont perceptibles entre le bassin Sud‐Est et le bassin Sud‐Ouest avec notamment des problèmes de mitadinage et de moucheture. Du fait de poids spécifiques faibles, un travail de tri devra être effectué sur les lots pour répondre aux besoins des acheteurs. Dans le bassin Ouest‐Océan, les rendements sont corrects avec des teneurs en protéines élevées autour de 14,5 %. La récolte 2018 répondra aux besoins des marchés, avec des poids spécifiques moyens de 77 kg/hl pour ce bassin. Après deux années difficiles, les rendements du bassin Centre retrouvent des niveaux très satisfaisants, avec une qualité au rendez‐vous. Les teneurs en protéines s’établissent à 14,5 % et les poids spécifiques sont supérieurs à 79 kg/hl. Les grains sont, par ailleurs, quasi exempts de mitadin et moucheture.

Orges d’hiver : près de 65 q/ha et des qualités satisfaisantes

Selon les régions, les rendements ont été plus ou moins impactés par les conditions climatiques du printemps. On observe un gradient d’Ouest en Est. Les principales régions productrices d’orges d’hiver ont été les moins touchées. Ainsi, la production nationale s’établirait à 8,7 Mt (‐ 1,7 % par rapport à 2017 ; + 8,8 % par rapport à la moyenne 2013‐ 2017). Du point de vue de la qualité brassicole, les teneurs en protéines sont bonnes. Les moyennes régionales oscillent entre 10 % et 11 %. Les poids spécifiques sont, quant à eux, moyens à faibles sur tout le territoire. Les calibrages sont très bons dans le tiers nord de la France et corrects en Bourgogne‐Franche‐Comté, en Ile‐de‐France et en Poitou‐ Charentes.

Orges de printemps : bons à très bons calibrages

La production française d’orges de printemps est estimée à 3,05 Mt (+ 1,8 % par rapport à 2017, + 6,8 % par rapport à 2013‐2017) avec des surfaces évaluées à 489 000 ha et des rendements de l’ordre de 62,4 q/ha. On note toutefois une forte variabilité des rendements liée aux dates de semis. Côté qualité, les teneurs en protéines sont bonnes (moyennes régionales de 9,5 % à 10,8 %) et les calibrages sont bons à très bons.

Colza : une production en recul

La production de colza est estimée à 4,6 Mt en 2018, en deçà de la moyenne 2013‐2017 (5,1 Mt). Avec environ 31 q/ha (estimation de Terres Inovia au 8 août), le rendement moyen national est en net recul par rapport à celui de l’année record de 2017, et ne compense pas des surfaces en augmentation de 8,7 %. Les sols gorgés d’eau tout l’hiver ont dégradé les systèmes racinaires des plantes. En fin de cycle, les pluies bienvenues sur un colza affaibli n’ont pas permis un remplissage optimum des siliques pour compenser le faible nombre de graines et accumuler un taux d’huile correct. Par ailleurs, la pression parasitaire a été forte et elle a pu être difficilement maîtrisée.

Protéagineux : des rendements en demi‐teinte

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation estime la récolte de protéagineux 2018 en baisse de 7,2 % par rapport à celle de 2017 à 908 000 tonnes cette année contre 1 Mt en 2017. Les pois d’hiver, récoltés fin juin, présentent des rendements moyens de 40 q/ha dans la grande moitié nord de la France, s’approchant plutôt des 30 q/ha dans le sud, dans une fourchette de 20 à 60 q/ha. Les rendements des féveroles d’hiver, récoltées courant juillet, atteignent presque les 30 q/ha. Les résultats des cultures d’hiver sont décevants, celles‐ci étant restées relativement saines jusqu’à la fin du cycle malgré un hiver froid, pluvieux, et des températures gélives dans le Nord Est.

Les pois de printemps, récoltés courant juillet, présentent des résultats très hétérogènes, souvent liés aux conditions d’implantation, et aux difficultés pour les plantes à mettre en place un système racinaire suffisant pour assurer leur alimentation. Les féveroles de printemps sont en cours de récolte. Dans le nord de la France, des parcelles encore vertes laissent espérer des résultats un peu meilleurs qu’en pois.

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