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Renouée liseron (adventice vivace) dans une parcelle de maïs fin mai 2020 Messagerie Sud-Ouest

Vivaces du maïs : les recommandations pour un désherbage efficace

04 juin 2020

En plus de la flore classique (panics, sétaires, digitaires, morelles…), les parcelles de maïs peuvent être envahies par des vivaces plus difficiles à détruire. Voici les clés de reconnaissance et les stratégies de lutte possibles, y compris en agriculture biologique.

Comment reconnaître les graminées vivaces ?

Tableau 1 : Clés de reconnaissance des vivaces à des stades jeunes

Source des figures : ACTA

Liserons : identifier les différentes espèces

Le tableau 2 donne les repères pour ne pas confondre liserons des haies, liseron des champs (vivaces) et la renouée liseron (annuelle) à des stades jeunes.

Tableau 2 : Clés de reconnaissance des différents liserons

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Optimiser la lutte chimique

Le respect de quelques règles permet de maximiser l’efficacité et la sélectivité des traitements herbicides contre les vivaces :
• traiter des adventices développées, 20 à 30 cm de long pour du liseron des haies, 15 cm de haut pour du sorgho d’Alep ;
• intervenir avec une dose adaptée, supérieure à la dose efficace sur adventices annuelles ;
• traiter le matin avec une hygrométrie d’au moins 65 % et des températures minimales supérieures à 10°C et maximales inférieures à 30°C ;
• respecter les doses d’emploi des auxiniques en fonction du stade du maïs : dose « pleine » possible jusqu’à 6 feuilles, dose réduite au-delà (sauf cas particulier de traitement en dirigé).

Tableau 3 : Quelques exemples de programmes efficaces sur les graminées (et cypéracées) vivaces (liste non exhaustive)

* attention, Stratos Ultra uniquement sur variétés de maïs « Duo System » naturellement tolérantes à la cycloxydime

Tableau 4 : Quelques exemples de programmes efficaces sur les dicotylédones vivaces (liste non exhaustive)

Quels moyens de lutte en bio ?

Pour lutter contre les vivaces en agriculture biologique, le principal levier d’action est la rotation des cultures avec l’insertion de cultures « nettoyantes ». A titre d’exemple, l’introduction d’une luzerne pendant deux ans constitue un moyen de lutte efficace contre le chardon des champs. En effet, les fauches successives épuisent les organes souterrains de la vivace. Cependant, la luzerne joue pleinement son rôle de tête de rotation nettoyante uniquement si elle est bien implantée. Or, son implantation est parfois délicate, ce qui laisse le champ libre aux adventices. Dans ce cas, travailler le sol avec des outils de désherbage mécanique adaptés. La connaissance des caractéristiques des vivaces est alors essentielle pour choisir les méthodes de lutte les plus appropriées. Il faut éviter à tout prix de fragmenter les rhizomes. Cette action aurait pour effet de les faire bouturer.

Deux stratégies de lutte sont possibles : la stratégie d’épuisement ou la stratégie d’extraction des organes souterrains. Voici des exemples concrets de lutte contre les vivaces pour trois espèces fréquemment rencontrées : le chardon des champs, le chiendent rampant, et le rumex à feuilles obtuses.

Chardon des champs : épuiser les organes souterrains

Le chardon des champs est une vivace à drageons « pousses végétatives issues de la racine » de la famille des astéracées (composées). Il colonise le milieu principalement par ses bourgeons racinaires. Ces derniers se transforment en drageons, qui, à la surface, donnent naissance à une rosette ou à des pousses allongées en profondeur. Les racines peuvent grandir de quelques mètres par an et sont donc présentes bien au-delà de la couche arable, ce qui rend leur gestion par extraction inefficace. Ainsi, une méthode mécanique adaptée à cette vivace repose sur une stratégie d’épuisement des organes souterrains. Pour épuiser les pousses de chardons, il faut un outil de travail du sol à l’interculture qui permette de scalper. Ce scalpage stimule le développement de drageons et puise dans les réserves. Cette stratégie est efficace si l’opération de scalpage est réalisée en plein, et si elle est suffisamment répétée (au moins 3 fois à 10-30 jours d’intervalle selon des essais menés en Ile-de-France – CA 77).

Rumex et chiendent rampant : la stratégie d’extraction est possible

Le chiendent rampant est une vivace à rhizomes (tige souterraine) de la famille des graminées. Il colonise le milieu majoritairement grâce aux ramifications de ses rhizomes. Le rumex à feuilles obtuses est une plante pluriannuelle à bourgeons du collet de la famille des polygonacées. Il colonise en partie le milieu par sa racine pivotante, dont le collet contient les bourgeons. C’est la partie supérieure du pivot de cette adventice qui contient les bourgeons. La partie inférieure contient les réserves.

Les organes souterrains de ces deux vivaces ne colonisent que les horizons superficiels. Par conséquent, une stratégie d’extraction du pivot pour le rumex ou des rhizomes pour le chiendent peut s’envisager. Pour les extirper, il faut au moins des outils à dents, et au mieux, des outils à dents avec un dispositif permettant de positionner les organes souterrains en surface au-dessus de mottes. Cette technique nécessite moins de passages que la stratégie d’épuisement par scalpage, mais requiert des conditions séchantes afin que les organes souterrains exposés en surface se dessèchent.

Tout comme le chardon, il est possible de mettre en place une stratégie d’épuisement des organes souterrains de ces deux vivaces. Dans le cas du rumex à feuilles obtuses, l’objectif est de séparer la partie contenant les bourgeons de celle contenant les réserves.

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