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Miniature puceron Ravageurs d'automne

Surveiller la présence de pucerons pour intervenir en végétation

19 octobre 2017

Différentes espèces de pucerons (Rhopalosiphum padi, Sitobion avenae, Schizaphis graminum, Metopolophium dirhodum…) sont capables de transmettre les virus de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO). Aucune lutte ne peut être engagée contre ces virus quand la plante est infectée. La lutte repose donc sur des techniques culturales préventives et sur la lutte insecticide, par la protection des semences ou le traitement en végétation. 

Les conditions climatiques de ces derniers jours ont favorisé les vols de pucerons et la colonisation des parcelles déjà semées. Leur surveillance est nécessaire pour positionner les interventions en végétation. Cette vigilance est à maintenir tant que les conditions climatiques restent favorables aux pucerons. Pour rappel, l’automne 2015 avait montré que des infestations même tardives pouvaient occasionner des dégâts significatifs.

 Des pratiques culturales permettant de réduire le risque de viroses

La lutte préventive s’appuie notamment sur la destruction, avant les semis, des repousses et des graminées sauvages. La présence de ces plantes réservoirs à virus et hébergeant des pucerons à proximité des futures parcelles de céréales à paille vient accroitre le risque d’infestation et d’infection virale. Il est conseillé d’éviter un semis précoce : l’exposition au risque de viroses (JNO et pieds chétifs) est plus élevée suite à une concomitance accrue entre la période de forte sensibilité de la céréale et les activités de vol et de colonisation des insectes (pucerons et cicadelles). Mais retarder le semis ne constitue pas toujours une mesure pleinement efficace quand les conditions climatiques de l’automne restent longtemps favorables au développement des insectes sur la parcelle (comme à l'automne 2015).

La lutte génétique reste peu développée, malgré différents travaux conduits depuis de nombreuses années. Très récemment, quelques nouvelles variétés d’orge tolérantes à la JNO ont été inscrites au catalogue. Les résultats des essais d’évaluation par ARVALIS - Institut du végétal témoignent de leur bon comportement mais, face à des infestations soutenues (semis précoces), des pertes de rendement peuvent être observées pour ces variétés non indemnes de virus (de l’ordre de 9 q/ha pour Amistar sur 6 essais de 2013 à 2016).

Une protection des semences efficace jusqu'au stade 4-5 feuilles

La protection insecticide des semences à base d’imidaclopride (Gaucho Duo FS, Gaucho 350, Nuprid 600 FS, Matrero) présente une très bonne efficacité vis-à-vis des pucerons et des cicadelles. Ce traitement est notamment justifié sur les semis précoces et sur orge, espèce à forte sensibilité JNO. Lors d’essais soumis à des infestations significatives et prolongées (figure 1), le traitement de semences à base d’imidaclopride a confirmé sa forte efficacité avec un gain de rendement atteignant 53 q/ha en moyenne sur 6 essais (dont 5 sur orge).

Cette protection peut s’étendre jusqu’au stade 4-5 feuilles environ, mais elle n’est pas totale face à des infestations tardives. Sur ces mêmes essais, avec des semis précoces soumis à des infestations prolongées, l’application d’un traitement insecticide relais (Karaté Zéon) au stade début tallage a permis d’accroître le rendement de près de 5 q/ha, avec un gain variable selon les situations. Ces résultats soulignent la nécessité de prolonger la surveillance lors des automnes doux et ensoleillés qui peuvent favoriser une activité relativement tardive des pucerons dans un contexte de croissance rapide des céréales.


Figure 1 : Traitements insecticides et gains de rendements (q/ha) sur 6 essais campagnes 2015 et 2016, avec des semis précoces soumis à des infestations prolongées de pucerons infectieux


Intervenir en végétation au bon moment

Les insecticides appliqués en végétation sont essentiellement des pyréthrinoïdes (figure 2). Ils agissent par contact, avec une persistance d’environ 15 jours, et ne protègent pas les nouvelles feuilles formées après le traitement. Une application trop précoce est une assurance illusoire car elle ne permettra pas de lutter efficacement contre les infestations à venir. Il s’agit donc de ne pas traiter par rapport à un stade mais seulement en présence des pucerons.

L’observation des insectes dans la parcelle est essentielle pour déclencher le traitement insecticide. Elle doit se faire minutieusement et par beau temps durant les heures les plus chaudes du début d’après-midi. A ce moment-là, les pucerons sont montés sur les feuilles et plus faciles à observer (contrairement au matin où ils se cachent au pied du feuillage). Il est conseillé d’éviter les jours de pluie. Attention, une observation dans des conditions peu favorables peut conduire à une sous-estimation des infestations.


Figure 2 : Principales spécialités insecticides en végétation

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Traiter dès que 10 % des plantes sont habitées et ne pas laisser séjourner les pucerons

Les pucerons ne sont pas responsables de dégâts directs, leur nuisibilité varie en fonction de leur pouvoir virulifère, des caractéristiques des virus, et de la sensibilité de la culture (espèce, stade…). Sur la base de suivis d’infestation avant tallage, il est recommandé d’intervenir quand 10 % de plantes portent au moins un puceron. Il est également conseillé de ne pas laisser séjourner les pucerons plus de 10 jours sur la parcelle : même peu nombreux - et donc plus difficilement observables, notamment par temps pluvieux -, ils peuvent occasionner de graves dégâts suite à une présence prolongée.

Et au-delà du premier traitement, il est nécessaire de ne pas relâcher la surveillance quand les conditions sont favorables à de nouvelles infestations. Les plantes restent sensibles à l’infection jusqu’au stade fin tallage environ.

Ainsi sur les essais ARVALIS - Institut du végétal relatés en figure 1, le traitement insecticide Karaté Zéon, appliqué à 10 % de plantes habitées, a permis un gain de 41 q/ha. Mais face aux infestations tardives survenues dans ces essais, seule une lutte renforcée avec une deuxième application (environ 14 jours après la première) a permis d’atteindre un rendement proche de celui acquis avec la protection insecticide des semences.



La surveillance des infestations de pucerons n’est pas toujours aisée, notamment en fin d’automne, mais elle reste nécessaire. Les premiers stades sont les plus sensibles mais l’infection reste possible jusqu’à environ fin tallage si les conditions sont favorables à l’activité des pucerons.
Photographie ARVALIS - Institut du végétal, Laure Plantecoste (11/12/14, Saint Pierre d'Amilly -17700)

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4 commentaires 20 octobre 2017 par ARVALIS

Bonjour, Les sucres solubles peuvent aider à se défendre contre certains bioagresseurs. Des travaux ont mis en évidence leur effet bénéfique vis à vis des pontes de pyrale sur maïs au stade végétatif, ou sur la reconnaissance du pommier par les femelles du carpocapse. Le mode d’action de la pulvérisation foliaire de faibles doses de sucres est complexe (voies de défense activées, reconnaissance de l’hôte…). Mais les éventuels effets vis-à-vis de pucerons vecteurs de JNO ne sont pas à ce jour identifiés. Cordialement

20 octobre 2017 par BAHU

la bonne solution pour eviter l'utilisation d insecticide serait de semer les blés et les orges plus tard avec bien sur des varietés adaptées DB

20 octobre 2017 par LEAUX

bonjour, l'eau sucrée a t'elle une action sur les pucerons

20 octobre 2017 par Boucard

Le piégeage avec des jalons jaunes munis auto collants facilite l'observation des pucerons et de la cicadelle .Emmanuel