18 octobre 2011

Maïs fourrage 2011

Premières impressions, premiers conseils…

Il est difficile de décrire toutes les situations maïs fourrage de cette année en quelques lignes. De même, il est trop tôt pour faire le bilan de l’année, mais ceux qui ont visité les parcelles ou ont participé à des chantiers de récolte ont une bonne idée de la réalité 2011. En attendant les résultats d’analyses de composition chimique et de valeur alimentaire…

Lannée ’2011 est une bonne année maïs fourrage, année cependant particulière par son scénario climatique, et par le profil des maïs ensilés.


Au niveau national, les chantiers de récolte de maïs fourrage, commencés très tôt (dès la mi-août) se terminent. Les niveaux de rendement sont élevés à très élevés, malgré des plantes relativement plus courtes que l’année dernière, mais grâce à des épis bien formés, bien remplis et des grains lourds.


Du côté de la maturité, les taux de matière sèche à la récolte sont élevés. Les chantiers ont commencé à des taux de MS proches de 30%, trop tard pour pouvoir se terminer à moins de 35 % MS plante entière. De nombreuses récoltes se sont faites avec des grains avancés en maturité et des appareils végétatifs encore verts. Les températures élevées de fin septembre ont accéléré la maturité plante entière et le desséchement de l’appareil végétatif.


Les teneurs en amidon sont élevées, pour atteindre plus de 38 % de la matière sèche. Et les valeurs énergétiques dépassent souvent 0,94 UFL /kgMS. La qualité de l’appareil végétatif dépendra de son état à la récolte.


Les conditions climatiques de ces derniers mois ont permis de refaire les stocks de fourrage pour l’hiver. Le maïs y a pris toute sa place, voire plus.  Dans de nombreuses régions, les éleveurs ont eu le choix entre faire des stocks supplémentaires ou récolter en grain des hectares de maïs initialement destiné à faire du fourrage.


Bien sûr, il existe des situations plus difficiles, soit dues à des conditions de levée difficile (semis tardifs en condition de sol sec), soit dues à une arrivée tardive des pluies par rapport à la floraison des maïs. Mais, même pour des petites plantes, le niveau de rendement peut être correct à bon, avec parfois de très fortes teneurs en amidon.

Construire une ration alimentaire équilibrée avec les maïs fourrage de 2011


Sous réserve qu’ils se soient bien conservés, les ensilages de maïs feront une excellente base de la ration hivernale des vaches laitières. Cependant, la forte teneur en amidon, si elle est confirmée par l’analyse, nécessite une complémentation adaptée. Rappelons que le maïs n’est jamais distribué seul, il a toujours besoin d’être complémenté.


En plus de la complémentation azotée, il faudra compléter le maïs fourrage avec des aliments ne contenant pas d’amidon ou de sucres. L’objectif est de faire baisser la teneur en amidon de la ration au-dessous de 28% de la MS, voire de tendre vers 25 %. Dans ces conditions, les vaches laitières vont éviter l’acidose et très bien valoriser l’énergie contenue dans tous les aliments, et notamment dans les maïs riches en amidon. Pour cela l’éleveur utilisera les fourrages disponibles sur l’exploitation (foin, ensilage d’herbe, paille) ou des concentrés fibreux tels que la luzerne déshydratée ou des pulpes de betterave surpressées. Enfin, il existe dans le commerce des aliments qui répondent à cet objectif.  


L’utilisation de tourteau de colza ou de tournesol à la place du soja permettra aussi de diminuer la teneur en amidon de la ration.

 

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Gildas CABON, Bertrand CARPENTIER (ARVALIS - Institut du végétal)

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