24 septembre 2015

Prairies

Valoriser l’herbe d’automne au pâturage

Le retour des pluies ces dernières semaines couplé à des températures encore douces favorise le redémarrage de la pousse de l’herbe et donc la reprise du pâturage. Même si dans bon nombre de région, cette repousse automnale ne suffira pas à couvrir le déficit fourrager, elle doit néanmoins ne pas être négligée.

La pousse des prairies en automne peut représenter jusqu’à 25 % de la production annuelle. Pour bien la valoriser, il faut adapter le chargement à la quantité d’herbe, limiter la distribution de fourrage complémentaire et réduire le temps de sortie en cas de portance limitée.

Limiter la distribution de fourrage complémentaire

Le pâturage d'automne est un élément-clé pour gagner en autonomie fourragère. Pour bien le gérer, premier point essentiel : limiter la quantité distribuée de fourrage conservé. Il faut, si possible, sortir les animaux au pâturage avant la distribution du fourrage complémentaire. Celui-ci constitue la variable d’ajustement.

Les vaches sont capables de consommer 7 à 8 kg de matière sèche d’herbe pâturée en seulement 3 ou 4 heures, à condition de ne pas avoir eu un fourrage complémentaire à volonté pendant la nuit. Les quantités distribuées le soir doivent être données en fonction du stock d’herbe disponible et de la pousse à l’automne.

Second point clé : réduire le temps de sortie des animaux car la portance peut être un peu juste en raison des conditions climatiques davantage pluvieuses à l’automne.

Peu de conséquences sur la pousse au printemps

Plusieurs essais ont été menés en France pour mesurer l’impact du pâturage d’automne sur la pousse de l'herbe au printemps suivant. Ils ont porté sur des animaux dont le pâturage s’est prolongé jusqu’à fin décembre, soit de plus d’un mois par rapport à un pâturage classique. Sur l’ensemble des sites expérimentaux, la production fourragère au printemps suivant a été maintenue.

L’utilisation des prairies en fin d’automne peut cependant créer un décalage dans la repousse de l’herbe. Chaque semaine de pâturage supplémentaire en novembre et en décembre entraîne une journée de retard au printemps. Ce décalage ne dépasse donc pas plus d’une semaine.

Une productivité des animaux maintenu et des économies en perspective

L’herbe d’automne a une valeur alimentaire très proche de celle du printemps et permet donc de maintenir la productivité des animaux.

En lait, intégrer 50 % d’herbe pâturée dans la ration permet de diminuer de moitié la quantité d’ensilage de maïs distribué et de près de 2 kg par jour la quantité de tourteau de soja sans dégrader le niveau de production.

En élevage allaitant, le constat est identique : sur la station de Saint-Hilaire-en-Woëvre, le pâturage d’automne permet de maintenir les croissances des broutardes entre 600 à 800 g/j selon les années sans aucune complémentation. De plus, il conduit à réduire les besoins en stock de fourrage, de paille, de CMV, permettant une économie de près de 2 500 €* pour 15 jours de pâturage en plus à laquelle on peut rajouter la diminution du temps de travail.


*Simulation réalisée sur le troupeau allaitant (55 vaches allaitantes conduites en système naisseur-engraisseur) de la station expérimentale de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55)

Didier DELEAU (ARVALIS - Institut du végétal)

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