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Lutte contre le doryphore de la pomme de terre Pommes de terre

A la poursuite des larves de doryphores

22 juin 2017

Des printemps secs favorisent le développement des doryphores. Rien d’étonnant qu’ils soient fréquemment signalés cette année. Rappels des caractéristiques biologiques de ce coléoptère et des moyens de lutte.

Importé d’Amérique du Nord, à l’origine de son nom vernaculaire anglophone Colorado beetle, le doryphore de la pomme de terre est arrivé en France dans les années 1920.

Ce coléoptère consomme essentiellement le limbe des feuilles de pomme de terre et autres solanacées (tomate, aubergine, poivron, morelle…). Les larves et les jeunes adultes sont très voraces : 100 doryphores au cours de leur vie dévorent près d’un demi-kilogramme de végétal.

En cas de forte invasion, le rendement des pommes de terre est très réduit (jusqu’à 50 %).

Un cycle biologique de 5 à 6 semaines

L’apparition très échelonnée des adultes commence à partir d’avril. Les œufs, de teinte rose orangé, sont déposés le plus souvent par paquets de 20 à 50 à la face inférieure des feuilles ou sur le sol.

Ils éclosent au bout d’une huitaine de jours. Le développement des larves dure trois semaines environ puis elles s’enfouissent dans le sol et se nymphosent pour donner un adulte de première génération. La durée du cycle étant de 5 à 6 semaines, il peut y avoir une deuxième génération, en particulier dans le sud de la France.


Tableau : Clés d’observation pour reconaître le doryphore à tous les âges

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Attention à ne pas confondre la larve de doryphore et la nymphe de coccinelle à 7 points
La larve de doryphore est bien orangée avec des ponctuations latérales noires. De son côté, la nymphe de coccinelle à 7 points est grise avec des taches orangées et deux rangées de ponctuations noires sur le dessus, immobile et fixée à la feuille. De plus les œufs de coccinelle sont plus petits et plus allongés.

Quand et comment intervenir ?

La lutte vise prioritairement les larves, moins mobiles et plus sensibles aux insecticides que les adultes.

Le traitement peut être déclenché dès l’observation de 2 foyers pour 1 000 m² (1 foyer = 1 ou 2 plantes avec au moins 20 larves). Les doryphores arrivant dans les parcelles par les bordures, les observations se font en parcourant 100 m de bordure par 10 m de large (soit 1 000 m²).

Si les larves sont petites (moins de 5 mm, soit plus petite qu’un grain de riz), il est possible d’utiliser la lutte biologique avec Bacillus thuringiensis. Lorsque les larves atteignent la grosseur d’un grain de blé, une intervention à base de pyréthrinoïdes ou d’organophosphorés peut s’envisager. Parmi les insecticides très efficaces, on peut notamment citer Actara, Coragen, Proteus, Success 4.

Concernant Novodor FC, produit à base de Bacillus thuringiensis, il ne peut être efficace avec une seule application ; il doit être appliqué tous les 5 jours environ lorsque les larves s’alimentent.

Bien que les larves plus âgées soient les plus résistantes, elles sont situées sur la partie supérieure des feuilles et sont donc plus faciles à atteindre que les jeunes larves localisées sur la face inférieure.

Il peut être nécessaire de réaliser un traitement dirigé contre les adultes d’été pour éviter une sortie importante au printemps suivant. Lorsque la seconde génération est en nombre, un troisième traitement peut être nécessaire.

Quelques mesures prophylactiques

• Rotation de pomme de terre tous les 4 ans pour éliminer les adultes hivernant dans le sol.

• Élimination des repousses et des tas de déchets, où les premiers doryphores se concentrent et s’alimentent.

• Absence de travail du sol en été pour entraver, par le maintien d’une terre dure, la pénétration dans le sol des larves.

• Plantation précoce pour limiter l’infestation car le feuillage plus âgé au moment des attaques sera moins appétant.

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2 commentaires 23 juin 2017 par MARTIN

Denoux le prédateur du doryphore est l'agriculteur raisonnable dans une agriculture raisonnée; Le Bio est le meilleur ami du doryphore et l'allié de la ruine de l'Irlande dont, pour manger,les agriculteurs ont été obligés d'émigrer aux USA. Les pyréthrinoïdes comme les organophosphorés avec le Bacillus Thuringiensis font partie des moyens de l'agriculture raisonnable et son emploi doit être laissé au libre arbitre de l’agriculteur et non aux règlements des écologistes. Je vous signale que les pyrèthres sont parfaitement naturels. Bref le seul vrai ennemi de l'agriculteur est le bio non raisonné !

23 juin 2017 par DENOUX

Existe t il un insecticide biologique efficace ? Le doryphore a t il des prédateurs, j'ai entendu parler de la punaise... ne la tue t on pas avec les insecticides tout comme la coccinelle ? Merci quand même pour votre article