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Impacts sécheresse printemps 2017 - Parcelle de blé à épiaison Céréales à paille

Des stress hydriques très différenciés selon les secteurs

18 mai 2017

Les pluies de ces dernières semaines et celles en cours font beaucoup de bien aux cultures. Toutefois, le déficit hydrique cumulé depuis des mois dans les situations les plus sèches va engendrer des conséquences irréparables, alors que les parcelles les plus profondes peuvent encore largement espérer un rattrapage sur la fin de cycle.

Au sommaire :
Une sécheresse printanière peut affecter le nombre de grains/m2 et le poids de mille grains
Situation préoccupante pour les sols superficiels, mais peu d’inquiétude encore pour les sols profonds
Un scénario 2011 ?
Quid du temps à venir ?

Une sécheresse printanière peut affecter le nombre de grains/m2 et le poids de mille grains

Les impacts d’un stress hydrique sur les composantes de rendement sont multiples et dépendent fortement du stade des cultures.

En premier lieu, un manque de précipitations en début de montaison peut induire une carence azotée, même si la culture n’est pas réellement en situation de stress hydrique. C’est ce qui s’est passé ce printemps, avec des apports d’azote de la seconde moitié du mois de mars régulièrement mal valorisés. Cela va conduire à une croissance ralentie, une régression de talles et, si la carence se prolonge, à une pénalisation de la fertilité épi via la régression des épillets du bas de l’épi.

► Dans ce cas, c’est le nombre de grains par mètre carré qui est affecté.

Dans un second temps, lorsque la plante rentre effectivement en stress hydrique (c’est-à-dire que la demande évaporative n’est pas satisfaite par l’eau prélevée par les racines), le statut hydrique de la plante baisse. Cela a deux conséquences : une réduction de l’expansion foliaire et une baisse de la transpiration via la fermeture des stomates. L’indice foliaire final peut donc être pénalisé si le stress hydrique s’exprime courant montaison, même si l’alimentation en eau est rétablie ultérieurement. La fermeture des stomates va de son côté ralentir progressivement la photosynthèse, et éventuellement causer un échauffement des tissus si le rayonnement est fort et les températures élevées.

► Dans ce cas, la réduction de la biomasse à floraison et des capacités de photosynthèse de laplante pendant le remplissage des grains va pénaliser le poids de mille grains (PMG).


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Situation préoccupante pour les sols superficiels, mais peu d’inquiétude encore pour les sols profonds

Aujourd’hui, pratiquement toutes les céréales sur sol superficiel sont en état de stress hydrique, alors que l’ensemble des orges atteignent la floraison ou le début du remplissage, et que les blés sont épiés au sud de la Loire, et le seront bientôt au nord.

On considère en général qu’à partir d’un déficit hydrique cumulé sur le cycle de 40 mm, l’impact sur le rendement est systématique et significatif. Les parcelles les plus superficielles ont donc souvent dépassé depuis longtemps cette valeur, et ne pourront pas rattraper le potentiel initial même si la suite de la campagne redevient favorable (figure 1). Pour les sols les plus profonds, on retrouve également cette situation en Poitou-Charentes, sur le ppourtour méditerranéen, dans le sud du couloir rhodanien ainsi qu’en Alsace et Lorraine (figures 2 et 3).


Figure 1 : Estimation au 12 mai 2017 du déficit hydrique (en mm) sur sols superficiels


Figure 2 : Estimation au 12 mai 2017 du déficit hydrique (en mm) sur sols moyens


Figure 3 : Estimation au 12 mai 2017 du déficit hydrique (en mm) sur sols profonds


Le scénario climatique observé cette année peut, dans les sols peu ou moyennement profonds, engendrer l’ensemble des conséquences mentionnées ci-dessus, avec parfois une incapacité à valoriser le retour des pluies si les changements physiologiques sont trop engagés. Par contre, dans les sols les plus profonds, seules les premières étapes se manifestent progressivement ; les composantes ne sont pas forcément pénalisées à un niveau préjudiciable, et, la biomasse et l’absence de sénescence des feuilles laissent une possibilité de rattrapage post-floraison, à travers la finalisation du nombre de grains par épi, et l’élévation du PMG.

Si les épisodes de pluies des deux dernières semaines n’ont pas permis de recharger les réserves des sols en eau, elles ont toutefois contribué au rétablissement de l’absorption d’azote en levant temporairement les carences azotées induites. De plus, lorsque les pluies interviennent sur des cultures légèrement stressées, l’efficience de l’eau est en général plus élevée, et il n’y a pas d’entretien de talles herbacées non contributives au rendement.

Par ailleurs, les rayonnements ont été relativement élevés au cours du dernier mois ce qui permet aux cultures peu stressées (sols profonds ou situations irriguées) d’avoir une photosynthèse très active contribuant à de fortes biomasses. L’absence relative de maladies est également un point positif.

La montée brutale des températures en début de semaine intervient dans un contexte où les plantes manquent de plus en plus d’eau, malgré les enracinements souvent bons et profonds. Heureusement, l’arrivée d’une séquence plus fraîche et surtout (espérons-le) plus humide à partir du 18 mai limite l’exposition trop longue des cultures à des conditions climatiques violentes (figure 4).


Figure 4 : Précipitations (en mm) prévues sur la période du 17 au 24 mai 2017 (la majorité des pluies étant concentrées entre le 18 et le 20 mai, dont une partie sous forme orageuse)


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Un scénario 2011 ?

Le dernier épisode de sécheresse intense au printemps est assez proche : en 2011, la forte sécheresse printanière avait été finalement relayée par un mois de juin pluvieux. Cette situation fut favorable pour les parcelles les plus profondes qui n’avaient pas initié la sénescence des étages foliaires supérieurs. La situation cette année est moins extrême : à date égale, les niveaux de stress sont nettement moindres qu’en 2011 (figure 5), notamment grâce aux pluies des 2 dernières semaines. Par contre, 2011 était plus précoce, d’environ une semaine, permettant aux cultures d’échapper un peu au stress. Le scénario 2017, plus frais et plus tardif, peut s’avérer positif si les pluies reviennent vite. Les cultures seront moins avancées et pourront davantage bénéficier d’options de rattrapage. Il peut néanmoins être très négatif si le temps reste au sec car les cultures auront subi le stress pendant une phase plus longue de leur cycle.


Figure 5 : Déficit hydrique estimé en 2011


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Quid du temps à venir ?

Dès la semaine prochaine, les températures devraient retrouver des valeurs proches ou supérieures aux normales et un temps plus calme va se mettre en place jusque mi- juin, avec un risque orageux qui n’est pas à exclure. A plus long terme, les températures supérieures aux normales devraient prévaloir en juin et particulièrement en juillet avec un risque de phénomènes orageux toujours présents du Sud-Ouest au Nord-Est.


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2 commentaires 19 mai 2017 par BENHAMICHE

le labour profond est salutaire dans les zones des hautes plaines sèches en Algerie .Toutes les contres indications formulées contre ce mode de culture des céréales n'est plus valable ces dernières années.

19 mai 2017 par VAN HOORNE

vous classer la marne sans stress hydrique venez voir les cultures sans labour semis direct en brie colza sans pivot ou retourner car pas lever a l automne orge non levée en ressemis les etangs avec moins 80 cm d eau alimenter par des sources 1 litre seconde une source de un l seconde dainer sur 150m l eau ne sort pas au bout des poteries