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Epis verts vus à travers une loupe, afin d’observer d’éventuels dégâts suite au gel d’avril 2017 dans le sud-ouest Messagerie Midi-Pyrénées / Ouest Audois

Céréales : les clés pour évaluer un gel d’épillet

18 mai 2017

Suite aux deux épisodes de gelées de fin avril, il est possible d’en mesurer les impacts sur les épillets, qui peuvent varier selon la variété et la précocité.

Le froid peut avoir trois effets sur les épis et la culture :

• Viabilité du pollen : appelée froid méiose. Le seuil d’alerte est de 4°C sous abri. les dégâts éventuels (altération du pollen) ne pourront être diagnostiqués qu’après floraison, au moment où le grain se forme. En cas de dégâts avérés, des épillets sont vides de grains en formation (absence de fécondation).

• Destruction d’épillet : le froid a atteint l’épi en formation et détruit des épillets. Le seuil d’alerte est de -3 à -4°C sous abri. Les dégâts peuvent être diagnostiqués à partir de maintenant dès lors que l’épi est visible. Les épillets touchés sont blancs à vert clair est  de taille largement inférieure aux épillets non touchés.



Photo 1 : différenciation entre épillets sains et gelés.


Les destructions d’épillet sont aujourd’hui observables et il n’est pas rare d’en observer, notamment dans les zones habituellement plus froide (zones d’altitude, fonds de vallée…).

Les dégâts arrivent parfois par rond de 1 à 5 m² dispersés dans la parcelle rendant le ciblage des observations parfois difficiles. Les éléments topographiques jouent énormément (arbres, coteaux, couloir de vent…), comme la précocité des variétés et la date de semis. Toutes les parcelles ne sont pas touchées.

• Destruction complète de la culture : ce cas rare est localement observé dans les zones les plus froides de l’Aveyron et les zones les plus hautes dans le Tarn. Dans ce cas, la dominance apicale des talles est interrompue et des bourgeons axillaires au niveau du plateau de tallage prennent le relais pour former de nouvelles tiges. La croissance de ces talles est très rapides après le gel, et peuvent permettre de réaliser une production avec un décalage de stade et de récolte. La productivité est largement inférieure au potentiel initial mais non négligeable. Dans ces situations, il est important d’accompagner la nutrition de ces nouvelles tiges par un apport d’azote de 40 à 60 unités car l’azote absorbé initialement par les tiges gelées ne pourra pas être remobilisé pour les nouvelles tiges.

Réaliser un diagnostic et estimer les pertes

Afin de réaliser un diagnostic des gels d’épillets :

• Prélèvement par parcelle ou zone représentative (identifier des zones différenciées) de 5 plantes au minimum choisies aléatoirement.

• Sélection du maître-brin et des 2 tiges principales. Ne pas prélever les épis de la strate inférieure qui sont généralement des talles secondaires participant peu au rendement.

• Observation à l’œil nu, si l’épi est détruit ou si des épillets sont touchés (blancs et/ou atrophiés), donner alors une proportion de l’épi détruit en %.

Lorsque des épillets sont détruits, il peut y avoir une compensation à la marge sur la fertilité des autres épillets et le PMG. On peut estimer qu’une perte de 10 % des épillets va se traduire par une pénalité de rendement de 5 à 8 % en blé (espèces pour lesquelles on peut escompter une compensation sur la fertilité épi et le PMG), et de 8 à 10 % sur orge (où seul le PMG permet un rattrapage).

Effet précocité et différence variétale : premiers retours

Sur le site d’En Crambade (31), le gel a été observé entre le 19 et le 21 avril, avec 2 jours inférieurs à -2°C sous abri, ce représente la station la plus froide du Sud-Ouest et qui extrémise donc les effets du gel. Ce gel est apparu au stade dernière feuille étalée / méiose des blés durs et des blés tendres.


Figure 1 : Evolution du risque de gel 2017 – station En Crambade – semis du 3 novembre

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Les observations faites ces jours-ci à l’approche de la floraison montrent que certaines variétés peuvent être très affectées tandis que d’autres sont indemnes. On observe un effet précocité : plus la variété est précoce, plus les dégâts sont importants, mais il existe également un effet variété fort puisque pour une même date d’épiaison, une variété peut être indemne ou largement touchée.


Figure 2 : Proportions de perte d’épillet selon la précocité épiaison de plusieurs variétés de blé dur – semis du 3 novembre – Station En Crambade


Figure 3 : Proportions de perte d’épillet selon la précocité épiaison de plusieurs variétés de blé tendre – semis du 3 novembre – Station En Crambade


En blé dur, Anvergur et Sculptur semblent être plus sensibles, en lien avec leurs précocités, mais pour une même date d’épiaison, RGT Fabionur ou Atoudur semblent plus tolérants. Autres exemples en blé tendre, Solehio semble plus sensible que Calumet et Complice semble plus sensible qu’Ascott à même date d’épiaison.



Photo 2 : épis de la variété de blé dur Anvergur - semis du 3 novembre – Station En Crambade



Photo 3 : épis de la variété de blé dur RGT Fabionur - semis du 3 novembre – Station En Crambade

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