20 avril 2017

Messagerie Midi-Pyrénées / Ouest Audois

Froid à la méiose des céréales : quelles conséquences ?

Avec les matinées plutôt fraîches, se pose la question des impacts sur les céréales au stade méiose. Cette année, le risque est à relativiser. Explications.

Les céréales en fin montaison sont particulièrement sensibles aux conditions climatiques. Le stade méiose est sensible aux températures minimales inférieures à 4°C.

Les figures 1 et 2 présentent les températures minimales (courbe rouge) avec les prévisions pour les jours à venir sur le poste d’Auch et d’En Crambade pour respectivement un blé tendre semé au 25/10 et un blé dur semé au 01/11 (sensibilité au gel en fonction des stades : courbe bleue).


Figure 1 : Evolution du risque de gel sur blé tendre - semis du 25/10 – station de Auch


Figure 2 : Evolution du risque de gel sur blé dur - semis du 01/11– station de En Crambade


Lors de la méiose pollinique, le nombre de grains par épi, qui est l’une des composantes du rendement, se met en place. Elle est en cours dans notre région, dans des conditions matinales plutôt fraîches.

Visuellement, le stade méiose est atteint juste un peu avant le gonflement lorsque le sommet du jeune épi touche la ligule de l’avant dernière feuille soit environ 10 jours avant l’épiaison. C’est un stade critique où la plante a de forts besoins alimentaires pour satisfaire à la fois la croissance de son épi et celle de ses derniers entre-nœuds ; alors même que sa source principale d’alimentation que sont ses feuilles n’augmente plus, avec le déploiement de la dernière d’entre elles.

Sur ces quelques jours particulièrement sensibles, des températures minimales inférieures à 4°C peuvent provoquer une absence de fécondation par stérilité des grains de pollen. Un phénomène d’autant plus marqué lorsque les températures basses sont couplées à de faibles rayonnements.

Quel risque actuel ?

Le risque 2017 est à relativiser car si méiose et fraîcheur peuvent coexister, le phénomène devrait rester très bref, de l’ordre même de quelques heures entre le 19 et le 21 avril. Or, seul un ralentissement fort du métabolisme, pendant deux à trois jours autour de la phase critique, peut réellement engendrer des baisses de fertilité du pollen.

De plus, les conditions sèches atténuent les risques de gel puisque cela limite les rosées qui peuvent faire baisser les températures matinales.

Enfin, dans la même période, le rayonnement devrait rester proche de la médiane, voire supérieur et ne sera pas un facteur aggravant.

Quel diagnostic ?

Impossible de faire un diagnostic en temps réel des dégâts potentiels. Il faudra patienter et observer les épis quelques jours après le début du remplissage. Un examen de l’épi se réalise alors en écartant les glumes des fleurs les plus développées de la partie médiane de l’épi.

Le diagnostic sera de plus en plus facile à établir au fur et à mesure du remplissage car s’il n’y a pas eu fécondation, le grain ne se développe tout simplement pas dans les fleurs. L’épi ne « gonfle » pas ou de manière très irrégulière ce qui lui donne un aspect « tordu » caractéristique.



Symptômes sur épis de problème de stérilité à la méiose (l’épi est normalement formé, mais seuls quelques grains se forment au sein de l’épi, positionnés de manière aléatoire).

Aude BOUAS, Régis HELIAS, Matthieu KILLMAYER, Jean Luc VERDIER (ARVALIS - Institut du végétal)

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