16 mars 2017

Messagerie Normandie

Blé tendre : évaluer le risque piétin verse sur variétés sensibles

Si les variétés de blé résistantes au piétin verse ne nécessitent pas de protection, une nouvelle grille d’évaluation du risque est disponible pour les autres situations. Les premières estimations montrent un niveau de risque faible cette année.

Les conditions sèches et froides de l’hiver n’ont pas été propices au développement de ce champignon du bas de la tige.

Rappelons qu’il est favorisé par les rotations contenant fréquemment du blé, les variétés sensibles (note GEVES inférieure à 5), les semis précoces et les sols à dominance de limons. Dans une moindre mesure, le labour peut être favorable s’il remonte les résidus en surface. Le piétin verse peut être facilement confondu avec le rhizoctone, en cas de doute, consultez les fiches Accidents d’ARVALIS.

Une nouvelle grille pour évaluer le risque

Les variétés de note de sensibilité au piétin verse supérieure ou égale à 5 ne nécessitent pas de protection même en situation à risque

Pour les variétés sensibles, une nouvelle grille de risque est disponible (tableau 1). Elle intègre toujours le climat et les types de sol et améliore la prédiction du risque piétin verse.


Figure 1 : Classe de sensibilité des variétés de blé tendre au piétin verse (GEVES / ARVALIS)

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Tableau 1 : Grille de risque d'évaluation du piétin verse

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Un risque climatique faible en 2017

Le modèle TOP permet d’estimer le risque climatique. L’indice de risque obtenu s’interprète au stade épi 1 cm.

Cette année, l’indice de risque TOP est faible, inférieur à 30, soit une note de – 1 pour la grille.

Prenons un exemple avec la variété Cellule (note GEVES = 3) : le risque se situe en dessous de l’année à risque faible (1996) pour Le Neubourg quelle que soit la date de semis (figure 2) ; le risque est équivalent à l’année de risque faible pour Caen quelle que soit la date de semis (figure 2).


Figure 2 : Indice de risque TOP pour la compagne 2017 (en jaune) sur les postes de Caen et de Le Neubourg (variété Cellule ; semis du 15 et du 25 octobre)

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Estimation du risque piétin verse le 13/03/2017, modèle TOP, ARVALIS - Institut du végétal


Pour suivre l’actualisation du risque, consulter le BSV Normandie.

Que faire en cas de risque ?

La lutte contre le piétin verse doit d’abord s’envisager via l’agronomie et la génétique avec des variétés résistantes au champignon ou à la verse. Les niveaux d’efficacité des fongicides sont généralement faibles et leur rentabilité variable.

En cas d’intervention, il est recommandé d’appliquer, entre le stade épi 1 cm et 1 nœud, Unix Max 1,5 l/ha + Flexity 0,3 l/ha ou Unix Max 2,5 l/ha ou Flexity 0,5 l/ha. Ces deux produits visent spécifiquement ce champignon, ils n’ont pas d’efficacité contre la septoriose et les rouilles.

Vis-à-vis du piétin verse, les matières actives efficaces restent d’abord la métrafénone (Flexity) et le cyprodinil (Unix Max) et dans une moindre mesure le prothioconazole. Ce dernier doit toutefois être réservé sur septoriose ou fusarioses de l’épi. L’association de matières actives efficaces donne de meilleurs résultats mais son intérêt économique doit être évalué. Les résultats AFPP montrent que l’efficacité de toutes les matières actives efficaces contre le piétin verse tend à diminuer et reste globalement modeste (38 % en moyenne). La résistance variétale confirme donc son intérêt contre cette maladie.

► Le prochloraze (Sportak EW, Pyros EW…) n’est plus efficace contre le champignon, même à pleine dose : les résultats 2016 montrent un niveau d’efficacité de 12 % (source AFPP), ce qui est très faible.

Helene LAGRANGE (ARVALIS - Institut du végétal), Cynthia TORRECILLAS (ARVALIS - Institut du végétal)

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