16 mars 2017

Messagerie Hauts de France

Bientôt le stade épi 1 cm : positionner au mieux les prochaines interventions

Selon les prévisions, les blés devraient atteindre le stade épi 1 cm fin mars / début avril. A l’approche de ce stade-clé, il est nécessaire d’anticiper la gestion des éventuelles interventions.

Une année plutôt fraîche et sèche pour l’instant

L’automne et le début d’hiver ont été particulièrement sec sur la région. Il a plu 40 à 50 % de moins que d’habitude sur l’Est de l’Oise et l’Aisne, 30 % de moins dans la Somme et 20 % de moins sur la bordure maritime Nord sur la période 1/10 au 15/02 (figure 1), ce qui explique les reliquats exceptionnellement élevés cette année.


Figure 1



Les cumuls de températures depuis le semis sont quant à eux plutôt inférieurs à la médiane, ce qui positionne l’année sur une trajectoire complétement différente de celle de l’année dernière qui était très chaude en sortie d’hiver (figure 2).


Figure 2

Un stade épi 1 cm prévu fin mars début avril, proche de la médiane

Compte tenu des cumuls de températures plutôt frais jusqu’à présent, le stade épi 1 cm s’annonce proche des références médianes, voire quelques jours plus tardifs (tableau 1). Les conditions climatiques à venir, peuvent encore ralentir ou accélérer le développement prévu des parcelles.



Tableau 1 : Estimation du stade épi 1 cm médian au 06/03/16 (modèle physiologique d’ARVALIS)



Rappelons l’importance de bien repérer le stade épi 1 cm qui symbolise le passage entre la phase de tallage et celle de montaison pour optimiser les prochaines interventions, azote, régulateurs…

Mesure du stade épi 1 cm

Sur 20 plantes d’une zone homogène, ne garder que la tige la plus développée (maître brin), la disséquer et mesurer la hauteur entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Le stade épi 1 cm n’est atteint lorsque cette hauteur est égale ou supérieure à 10 mm. Le haut de l’épi peut être décollé entre 5 et 8 mm mais le début de la montaison de l’épi n’est pas encore effectif.


Figure 3  : Coupe longitudinale d’une tige de blé tendre

Et la suite ? maladie, azote, soufre…

Fertilisation azotée

Le contexte est assez particulier en 2017 avec des reliquats parfois particulièrement élevés et des doses prévisionnelles plus faibles. Dans ces conditions, l’impasse tallage était possible et le pilotage sera incontournable cette année.

Il s’agira maintenant de ne pas rater la reprise de végétation à l’approche du stade épi 1 cm, période où les besoins de la culture sont les plus importants. Compte tenu des fournitures du sol parfois élevés, la dose prévue à épi 1 cm ainsi que la mise en réserve en vue d’un pilotage à dernière feuille peuvent être adaptées cette année. Il est toujours possible de fractionner la dose prévue au stade épi 1 cm et de reporter une partie au stade 1-2 nœuds.

Fertilisation soufrée

La pluviométrie hivernale est très faible (moins 250 mm sur la plupart des situations entre le 1/10 et le 1/3), et donc le risque de lessivage du soufre est faible. Les apports de soufre sont donc conseillés seulement s’il n’y a pas d’apports de matière organique régulièrement et que le sol est à risque élevé (tableau 2 et figure 3).

En cas d’impasse tallage alors qu’un apport soufré était prévu, il est toujours possible d’apporter du soufre à épi 1 cm et jusqu’au stade 1-2 nœuds pour un apport préventif. En revanche, pour lever une carence, mieux vaut privilégier un apport plus précoce.


Tableau 2 : Pluviométrie entre le 1/10 et le 1/3 en Hauts-de-France


Figure 3 : Grille de préconisation d'apport de soufre en l’absence d’apports réguliers de produits organiques (kg SO3/ha) (céréales à paille)



Risque Maladie faible sortie d’hiver

Les conditions climatiques rencontrées jusqu’à présent (fraîches et peu pluvieuses) sont peu favorables à la production d’inoculum pendant l’hiver.

Rouille Jaune : pas d’attaque précoce en vue.
Le modèle épidémiologique Yello indique un risque climatique faible proche de la référence basse de l’année 2016 (Figure 4). La zone jaune indiquée par le modèle, précise l’expression potentielle de symptômes en situations agronomiques à risque (variétés sensibles …). A suivre selon les conditions climatiques à venir, plus particulièrement sur les variétés sensibles (notes < 4).


Figure 4

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Piétin Verse : risque climatique faible.

Le modèle climatique TOP indique jusqu’à présent un risque plutôt faible, inférieur à la référence haute et à l’année dernière (figure 5). Le risque piétin verse sera réévalué fin mars en utilisant la grille de risque agronomique.


Figure 5

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Septoriose
: l’inoculum de septoriose est également présent, mais ce seront les conditions du printemps qui seront déterminantes pour le développement de la maladie.

Anne-Sophie COLART, Thierry DENIS, Elodie GAGLIARDI (ARVALIS - Institut du végétal)

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Commentaires
  • 19/03/2017GANDON
    Excellent article très clair et documenté.

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