16 février 2017

Messagerie Poitou-Charentes

Azote et soufre en céréales : une fourniture du sol le plus souvent suffisante

Si les petites pluies ont permis aux cultures de reprendre une bonne croissance, les cumuls observés depuis l’automne sont toujours très faibles. Le temps plus doux associé à l’humidité maintient un bon niveau de minéralisation.

Les blés sont aujourd’hui le plus souvent à 2-3 talles, un niveau de croissance suffisant pour garantir la mise en place du rendement potentiel.

La faiblesse des cumuls de pluie a fortement limité le lessivage de l’azote, les reliquats et la minéralisation restent largement suffisants pour couvrir les besoins actuels des cultures. De ce fait, les stocks actuels d’azote dans le sol sont en moyenne plus élevés que d’habitude (20 à 30 kgN/ha de plus), avec de fortes variabilités selon les historiques. Notamment dans les parcelles recevant régulièrement des effluents organiques, les quantités d’azote disponible avoisinent ou dépassent couramment les 100 kgN/ha ;

Les conditions climatiques récentes et les prévisions des prochains jours, laissent entrevoir l’arrivée d’un stade épi 1 cm moyen entre le 15 et le 20 mars en moyenne. Jusque-là, les besoins des cultures resteront faibles.

Les bandes doubles densités en place (photos 1 et 2) illustrent parfaitement cette situation avec une absence totale de décoloration.

Photos 1 et 2 : Deux exemples de BDD mises en place en Groie à St Saturnin du Bois (17 - photo de gauche) et en Terres à châtaigniers à Lusignan (86 - photo de droite). Essais ARVALIS-Institut du végétal.



A quelques rares exceptions près, l’azote présent dans le sol est le plus souvent largement suffisant pour couvrir les besoins des cultures jusqu’à la fin tallage. Dans la plupart des situations, la meilleure stratégie de fertilisation consistera à encadrer le stade épi 1 cm avec une dose correspondant à la dose prévisionnelle déduction faite du report pour la fin montaison. Cette dose sera partagée en deux si elle dépasse 100/110 kgN/ha. Des cas types de fractionnement seront proposés dans la prochaine messagerie azote à paraitre début mars.

Côté soufre

L’absence de lessivage réduit fortement le risque de carence. Comme l’indique la grille ci-dessous, dans les sols à risque moyen à faible le risque est nul cette année et à de rares exceptions près, les impasses d’apports de soufre ne comporteront aucun risque. En sol plus superficiels, les risques restent significatifs mais les doses d’apports peuvent être souvent réduites. Des économies peuvent donc être envisagées sur ce poste de dépense. La carte des pluviométries cumulées depuis le 1er octobre illustrent bien cette situation.


Grille d’évaluation du risque de carence en soufre sur blé tendre (sans apports réguliers d’effluents d’élevage)




Carte : Cumul de précipitations depuis le 1/10/2016. A l’exception de l’extrême Sud-Est de la région les cumuls sont systématiquement inférieurs à 250 mm.



Compte tenu des règles proposées dans la grille, les apports sont donc inutiles dans la très grande majorité des situations où le risque est moyen à faible. Dans les sols à risques élevées, la décision peut dépendre des pluies des prochaines semaines. Les apports pourront probablement être réduits dans les zones où les cumuls sont inférieurs à 200 mm.

Dans les parcelles recevant régulièrement des apports organiques, aucun apport minéral de soufre n’est nécessaire cette année.

Quelles interventions et quand pour assurer rendement et qualité ?

1- Les désherbages de rattrapage doivent être prioritaires s’ils n’ont pas encore été réalisés. Les conditions climatiques actuelles sont très favorables.

2- Aucun apport d’azote n’est nécessaire dans les deux à trois prochaines semaines. Seules les parcelles en précédent maïs à très bons rendements (parcelles bien irriguées ou sols très profonds) qui ont laissé peu d’azote minéral dans le sol et dont les résidus consomment de l’azote pour se dégrader nécessitent un apport de 30 à 40 kgN/ha pour soutenir le tallage.

3- La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution quelques soient les adjuvants inclus) n’entraine pas de retard dans la valorisation de l’engrais et ne nécessite pas d’anticipation de la date d’apport. La recommandation précédente s’applique donc quelle que soit la forme prévue.

4- Dans de nombreux cas, les sols sont soufflés, un roulage permettant d’assurer un bon rappuyage sera la garantie d’une alimentation minérale correcte.

5- A l’exception des sols très superficiels, les apports de soufre ne sont pas nécessaires cette année.

Message rédigé par ARVALIS-Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne, CAVAC, CEA Loulay, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop Saint Pierre de Juillers, Coop Sèvre et Belle, Ets Piveteau & Fils, Océalia, Soufflet Atlantique, UDCA, VSN.

Thibaud DESCHAMPS, Céline DRILLAUD, Jean-Louis MOYNIER (ARVALIS - Institut du végétal)

Mots-clés

Réagissez !

Note globale :
  • (Aucun vote)
Commentaires

aucun commentaire pour l'instant

Merci de vous identifier pour commenter et noter cet article