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Céréales au stade tallage en février 2017 en Bourgogne Franche Comté, suffisamment pourvues en azote Messagerie Bourgogne / Franche-Comté

Reliquats d’azote élevés en 2017 : pas d’urgence pour le premier apport !

16 février 2017

Cette année, les valeurs de reliquats azotés affichent des niveaux élevés rarement atteints jusqu’à présent mais également variables d’une parcelle à l’autre.

Les éléments explicatifs principaux de ces niveaux élevés de reliquats sont : en premier lieu, un déficit de pluie marqué sur la période fin d’automne début d’hiver limitant fortement la lixiviation ; en second lieu, un reliquat post-récolte 2016 pouvant dans certaines situations être élevé et une minéralisation automnale importante.

Cette année en particulier, une mesure de reliquat d’azote en sortie d’hiver (RSH) en bonne et due forme est donc le premier outil de pilotage à mettre en place sur une parcelle afin de définir une dose totale prévisionnelle la plus adaptée à la situation. Ce résultat de RSH permettra aussi de prendre une décision sereine quant à faire une impasse ou un report du premier apport.

En l’absence de mesure, il convient d’augmenter les valeurs moyennes (2010 – 2014) proposées dans le 5ème arrêté Directives Nitrates, en vigueur dans les zones vulnérables. => En 2017, multiplier par 1,5 à 2 ces valeurs moyennes, selon les horizons.

On ne rappellera jamais assez, qu’au cours du tallage, le blé a des besoins peu élevés et l’efficience de l’engrais azoté est modeste, autour de seulement 40 à 50%.

Vu l’état du développement des cultures, variable mais plutôt en retard, et les prévisions météo actuelles, le début de la montaison ne devrait pas survenir avant la dernière décade de mars pour les situations les plus précoces.

De plus, la prise en compte de reliquats importants dans le calcul de la dose totale d’azote conduit mathématiquement à des doses totales prévisionnelles plus faibles que d’habitude. Dans ces conditions et à dose totale équivalente, mieux vaut garder de quoi renforcer les apports suivants, en particulier l’apport de fin montaison pour l’objectif « protéines », que de « gâcher » de l’azote trop tôt.

Les outils de pilotage associant diagnostic et pronostic joueront pleinement leur rôle cette année en vérifiant en cours de campagne si les besoins de la plante sont satisfaits et, le cas échéant, permettront d’ajuster les doses et de dépasser si besoins les doses totales faibles préconisées en début de campagne.

En pratique, que faire ?

On peut distinguer deux stratégies :

1/ Une impasse du premier apport est techniquement possible. Profiter de cette opportunité propre à 2017 dans les situations de sols profonds avec des reliquats d’azote dans les deux premiers horizons (0-60 cm) supérieurs à 60 unités.
=> Dans ce cas, les apports d’azote ne commenceront qu’environ une dizaine de jours avant le stade épi 1 cm. A ce stade, appliquer une dose, calée sur la dose totale calculée à priori, dont on aura réservé au moins 40 unités. Afin de répartir les risques vis-à-vis de la valorisation de l’engrais, il peut aussi être opportun de fractionner cet apport en encadrant le stade épi 1 cm, selon un équilibre 2/3 puis 1/3.

2/ Retarder le premier apport à fin février dans les situations de sols superficiels ou lorsque le blé commence juste à taller.
=> Dans ce cas l’apport d’azote sera au maximum de 40 unités.
C’est également cette stratégie qu’il convient de mettre en œuvre sur les orges d’hiver.

Enfin concernant la date d’apport, privilégier des conditions favorables à la valorisation des engrais azotés : au moins 15 mm de pluie annoncés dans les 15 jours.

Article rédigé par les partenaires de « Blé Objectif Protéines » (BOP) : L.PELCE & D.CHAVASSIEUX (ARVALIS), C.BOULLY (Bourgogne du Sud), M.PAGEOT (Ets Bresson), JB.GOULIER (CA 21), C.VIVIER (CA89), JN.HERRGOTT (Ynovae), M.MIMEAU (Dijon Céréales), D.LACHAUD (Ets RUZE), A.PETIT (SeineYonne), E.BONNIN (Soufflet Agriculture).

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