En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Effet des couverts végétaux sur la composition du sol Couverts végétaux

Des effets variés sur le fonctionnement des sols

21 décembre 2017

Dix années d’essais au sein du réseau ARVALIS mettent en évidence l’effet des couverts végétaux sur le statut organique et le fonctionnement microbien du sol, en particulier sur le potentiel de minéralisation de l’azote.

Les couverts intermédiaires constituent une source non négligeable de restitution de carbone au sol. Les essais de longue durée de Boigneville (91), Thibie (51) et Kerlavic (29) ont mis en évidence qu’une tonne de matière sèche de couvert a une capacité de fourniture en carbone stable du même ordre de grandeur qu’une tonne de paille de céréales. Sur ces dispositifs, 13 à 17 ans de cultures intermédiaires (avec une fréquence de un an sur deux à tous les ans) conduisent à des suppléments significatifs de stock de carbone (de 1 à 4 t/ha) et d’azote organique (de 300 à 500 kg/ ha) de la couche labourée par rapport à un sol laissé nu en interculture.

Un impact sur le taux de matière organique très lent

Dans l’essai de Boigneville, qui a comparé entre 2003 et 2013 différents types de couverts, des analyses de différents paramètres microbiologiques du sol et de la composition de la matière organique (MO) ont été réalisées en 2014 sur six modalités : sol nu, moutarde, avoine, mélange avoine-vesce, vesce, trèfle incarnat.

Après 10 ans, la teneur en MO de la modalité sol nu a peu évolué, passant de 2,1 % sur l’horizon 0-25 cm à 1,9 %. En l’absence de répétition de l’analyse initiale, il est difficile de conclure à une baisse significative. De même, aucune différence significative de teneur en MO entre le sol nu et les modalités avec couverts n’a été mise en évidence, ainsi qu’aucun effet « espèces », et ce, malgré des niveaux de biomasse assez variables selon les modalités : production annuelle moyenne de 1,3 à 3,5 t MS /ha selon l’espèce.

Il faut donc attendre un délai plus long qu’une décennie pour que le statut organique se différencie selon la présence ou non de couverts végétaux en interculture. Des simulations ont été réalisées avec le modèle de bilan humique AMG (développé par INRA, AGROTRANSFERT RESSOURCES ET TERRITOIRES, ARVALIS et LDAR) sur une période de 60 ans en se basant sur le niveau de production de biomasse moyen des couverts. Elles montrent qu’en l’absence de couvert, la teneur en MO se stabilise au bout de 50 ans à 0,2 % en dessous de la teneur initiale, alors qu’elle se maintient ou augmente jusqu’à 0,15 % au-dessus de la teneur initiale, en lien avec la production de biomasse des couverts sur la même période.

La composition de l’azote organique est modifiée

Les analyses de fractionnement granulométrique de la MO du sol ne montrent, quant à elles, aucun effet de la présence de couvert. Contrairement aux apports de produits résiduaires organiques (PRO), la matière organique fraîche apportée par les couverts n'a pas significativement enrichi les fractions plus grossières (50-200 µ et 200-2 000 µ) de la MO qui ont une vitesse de renouvellement plus élevée. Ce résultat confirme ceux enregistrés sur les essais de plus longue durée. En revanche, la teneur des métabolites microbiens azotés, qui représentent la fraction d’azote organique labile liée à l’activité microbienne (15 à 30 % de l’azote total), est significativement plus importante dans les modalités avec couverts que dans le sol nu. Les effets, qui restent toutefois de faible ampleur, sont liés à la biomasse aérienne produite par les couverts sur la durée de l’essai. Cette fraction d’azote labile qui a un taux de renouvellement beaucoup plus rapide que le reste de l’azote organique du sol, fournit l’essentiel de l’azote minéralisé par le sol.

Les couverts stimulent l’activité microbienne du sol

De même, la biomasse microbienne se montre très sensible aux historiques de couverture automnale du sol. La part relative du carbone microbien par rapport au carbone organique total du sol varie en effet de 1,5 % du carbone organique pour le sol nu à 2,5 % pour certaines modalités avec couvert (figure 1). Le type d’espèce cultivée a un impact important sur ce paramètre : les légumineuses seules ou en association (avoine-vesce) sont celles qui la stimulent le plus. Les couverts de crucifères (moutarde) et de graminées (avoine) ont un effet intermédiaire entre les légumineuses et le sol nu.

L’activité microbienne, mesurée via le potentiel de minéralisation du carbone et de l’azote en incubation, montre aussi une forte réponse à la présence de couverts (figure 1). Le potentiel de minéralisation d’azote se révèle beaucoup plus influencé que celui du carbone et montre des résultats très comparables à ceux observés sur la biomasse microbienne avec un potentiel plus élevé pour les couverts de légumineuses.

A noter que ces effets sont à mettre sur le compte d’un effet cumulatif des couverts mis en place depuis plusieurs années.


Figure 1 : Biomasse microbienne (exprimée en % du carbone organique) et azote minéralisé en 28 jours (en % de l’azote total) selon différents types de couverts

En conclusion

Les résultats de cet essai montrent qu’avant de différencier la teneur du sol en carbone et en azote organique, la mise en place répétée pendant dix ans de différentes espèces de couverts, a un impact sur la composition de la matière organique ainsi que sur la biomasse microbienne et son activité. Les effets des espèces de couverts se révèlent différents selon l’indicateur considéré. La fraction d’azote labile du sol semble impactée par la biomasse produite par les couverts, tandis que la biomasse microbienne et le potentiel de minéralisation d’azote semblent plutôt influencés par le type d’espèce.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

10 commentaires 25 décembre 2017 par DEHAY

Vous concluez que le coefficient iso humique des 6 modalités de couverts est comparable à celui de la paille. Vous confirmez les données antérieures. Par contre, les données acquises disent aussi que le coeff iso humique est plus élevé en TCS et SD qu'en labour. De même que le % de minéralisation de la MO est plus faible en TCS et SD qu'en labour. En conséquence moins on laboure et plus on fait de TCS et de SD, plus on enrichie le sol en Cet N. Quid des méthodes de travail dans vos essais? on ne sait pas ce que vous avez fait ? On en conclue que vos méthode de travail sont proches du labour.

24 décembre 2017 par ROEDERER

Le Foll, c'est qui ? Supprimer le labour ? J'ai déjà essayé: manque de fourrages à donner à manger à mes vaches ! Ce qui veut dire que j'ai des engrais de ferme à épandre au printemps et que le labour est malgré tout une technique (archaïque, antique, ringarde, primitive, etc... comme vous voulez) qui reste justifiée. Surtout quand les sols sont des limons battants sur argiles à silex. Certains adeptes (extrémistes...) m'ont même suggéré d'apporter tout mes engrais de ferme à l'automne ! Ne pas supprimer le labour ne m'empêche nullement de me pencher vraiment sur la couverture de mes sols en autome-hiver pour atteindre plusieurs objectifs: nourrir aussi le cheptel du sol, augmenter la portance, casser le cycle des graminées, limiter le développement des adventices. Sans attendre un effet foudroyant sur la matière organique du sol parce que celle qu'on apporte par ce biais est rapidement dégradable (on pourrait dire digestible) par la faune du sol. Je dirait simplement, que cette pratique change simplement la nature des éléments fertilisants (entre autres) mis à disposition du sol et des êtres vivants qui y habitent. Petit rappel tout de même: l'azote organique n'est pas lessivable, pour ne parler que de celui-là...

23 décembre 2017 par LANDREAU

sd 37 le type de sol joue beaucoup sur la fluctuation de la MO par expérience en SD depuis 22 ans aussi bien en culture d'hiver que de printemps .Semis dans couvert avoine féverole pour le tournesol mais sorgho et millet dans les sables de plateaux et bournais sableux j'arrive à une moyenne de 3,7 % de MO et de 3.2 % EN ARGILO CALCAIRE alors qu'au départ 1,2 % de MO pour les sables et 1,4 % de MO en argi cal Et les vers de terre dans tous cela après avoir fait des comptages le tonnage est impressionnent 1,2 T à 1,5 T par Ha vous voyez que cela ne ce fait pas en un jour

23 décembre 2017 par DEGHILAGE

Si seulement TOUS les résidus de récolte sans exception étaient remis au sol; toutes cultures confondues..

22 décembre 2017 par WILLOQUAUX

Je vois plus l'effet restructurant des engrais verts et le fait de les maintenir plus longtemps limitent le ruissellement et la dilution de la matière organique dans le premier horizon. Le tout est de trouver le compromis date de semis et montée à floraison .ce qui reste très aléatoire en fonction de l'année.

  | Page 1 / 2 | Suivant