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Conduite de culture face aux aléas climatiques Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Faut-il modifier la conduite des cultures face aux aléas climatiques ?

20 octobre 2016

L’année 2016 fera tristement date dans l’historique de la production des exploitations françaises, signe vraisemblable d’une évolution des phénomènes climatiques. Peut-on considérer qu’il y aura un « avant » et un « après » ? C’est la question posée ce mois-ci à Philippe Gate, directeur scientifique chez ARVALIS – Institut du végétal.

Perspectives Agricoles : Comment expliquer les rendements historiquement bas de la campagne précédente dans la plupart des régions du nord de la France ?

Philippe Gate : Deux facteurs principaux, intervenus lors d’une phase très sensible des céréales, sont à l’origine de ce résultat. D’une part, un très faible rayonnement qui a eu un effet direct sur la fécondation et le remplissage des grains ; d’autre part, un excès d’eau qui a aggravé ces phénomènes, tout en entraînant un très fort développement des maladies. Le faible rayonnement a concerné toutes les dates d’épiaison des céréales, tandis que l’excès d’eau a été plus préjudiciable aux épiaisons intermédiaires. Ces conditions expliquent la hiérarchie des comportements entre les espèces et les parcelles. Il faut souligner ici le caractère exceptionnel et étendu de ces aléas. Cependant, l’analyse des météorologues sur les conséquences du réchauffement climatique, constaté depuis 20 ans, indique que ce changement s’accompagne d’une variabilité interannuelle des aléas plus forte, avec une augmentation du risque de phénomènes climatiques rares.


P.A. : Quelle attitude adopter dans les choix de l’itinéraire technique ?

P.G. : Il faut bien reconnaître que, face à la nature et à l’ampleur des aléas survenus en 2016, peu de parades existent. Il serait prétentieux de dire que les productions peuvent aujourd’hui s’adapter à des conditions extrêmes peu prévisibles. Pour tenter de contrer cette plus forte variabilité, le maître-mot est diversification : diversifier davantage les espèces, les variétés et les itinéraires techniques, à l’échelle de l’exploitation mais aussi des territoires. Cela commence par le choix d’un bouquet variétal composé de variétés tolérantes aux maladies, mais aussi aux autres stress. D’autre part, le choix d’une gamme de précocité plus large peut modérer les effets des stress d’une parcelle à l’autre. Les évolutions climatiques entraînant également l’émergence de nouveaux bio-agresseurs, il faut s’orienter vers des variétés « multi-tolérantes ».


P.A.
 : Peut-on aller plus loin pour se prémunir contre les conséquences des aléas climatiques ?

P.G.
 : Outre la diversification du bouquet variétal et des itinéraires techniques, il faut se donner les moyens de réagir rapidement à l’apparition imprévue de difficultés ponctuelles. Les outils de diagnostic et d’aide à la décision ont un rôle à jouer pour identifier, dès les premiers symptômes, des facteurs limitants, en particulier ceux qui sont rarement observés en un lieu donné. Augmenter la capacité des systèmes de culture à résister aux aléas climatiques amène à se poser la question de l’impact des leviers agronomiques. Dans un contexte où l’utilisation des intrants de synthèse et l’ajustement annuel des coûts de production deviennent des enjeux de plus en plus importants, les rotations, les effets du précédent cultural et des couverts, ou encore la place du fonctionnement du sol - à adapter à chaque espèce voire à chaque variété - sont autant d’éléments à prendre en compte.


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