6 octobre 2016

Pour une conduite économe et performante des céréales

Jusqu'où peut-on baisser les densités de semis sans risque ?

Parmi les postes de charges à optimiser, la quantité de semences utilisées offre une certaine souplesse. Les enquêtes sur les pratiques des agriculteurs montrent une tendance à surévaluer la densité de semis.

Oui, il est possible de baisser les densités de semis sans prendre de risque !

Les céréales à paille présentent cet avantage d’avoir de multiples mécanismes de compensation : tallage, fertilité épi, PMG. Cela permet de présenter des rendements relativement stables pour une large gamme de densité de semis. C’est ce que nos essais démontrent régulièrement : la densité optimale dépend du milieu et de la date de semis (et non de la variété, sauf dans le cas de semences très coûteuses où l’analyse technico-économique est importante), et les pénalités de rendement lorsqu’on s’écarte de ces optima sont très souvent faibles.


Figure 1 : Rendement en fonction des densités de semis (synthèse des essais ARVALIS)


De plus, l’analyse des pratiques agriculteurs montre souvent que les densités de semis mises en œuvre sur le terrain dépassent nos préconisations en moyenne de 10 %, elles-mêmes pourtant sécuritaires.

Il est donc possible de réduire, dans de nombreuses situations, la densité de semis d’au moins 10 %.

Les points à surveiller

Cependant, il est important de ne pas le faire aveuglément. Certains éléments doivent être pris en compte, notamment ceux qui engendreraient de fortes pertes à la levée :

• Une faculté germinative faible : en général, celle des semences certifiées dépasse souvent 90 %, et celle des semences de ferme peut aisément être contrôlé par un test mené à la ferme. Compte-tenu des problèmes de petits grains et grains fusariés, ce type de test semble indispensable, en aval d’un tri sévère des grains destinés à être ressemés.

• La présence de ravageurs, notamment de limaces. Selon l’historique de la parcelle et la gestion de l’interculture, la population de limaces peut être très variable.

• La structure du sol : certaines parcelles ont pu être compactées par les machines lors de la récolte, et la sécheresse estivale n’a pas toujours permis de travailler le sol dans les meilleures conditions. Si les préparations de semis sont motteuses, ou les structures de sol toujours dégradées, la densité de semis doit être adaptée.

Vous trouverez, pour le blé tendre, les préconisations de densité de semis sur l’application : http://oad.arvalis-infos.fr/densitesemis/etape1.asp

Les chiffres-clés

• Conduite : - 10 % de grains/m2
• Risque : faible (< 5 q/ha)
• Economie : faible (< 20 €/ha)

Jean-Charles DESWARTE (ARVALIS - Institut du végétal)

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