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Un tracteur Massey Ferguson tasse un tas de maïs le long de la bâche lors de la conduite d’un chantier d’ensilage en 2015 Conduite de chantier

Réussir l’ensilage de maïs soumis au stress hydrique

15 septembre 2016

Les conditions climatiques particulièrement chaudes et sèches de ces dernières semaines font que les ensilages se réalisent parfois lorsque les plantes présentent des taux de matière sèche particulièrement élevés, supérieurs à 36 voire 40 %. Bien que les conditions climatiques annoncées soient plus fraiches et humides, il convient de prendre certaines précautions afin de limiter les risques de mauvaise conservation.

Organiser son chantier

Si les plantes sont à plus de 35 % MS, il y a urgence à réaliser le chantier de récolte. Si celui-ci comprend plusieurs parcelles, il s’avère intéressant de commencer par la parcelle dont la teneur en MS des plantes semble la plus élevée. Ce fourrage, difficile à tasser, pourra alors être lesté en le recouvrant par du fourrage dont la teneur en MS est inférieure en provenance des autres parcelles.

Régler son ensileuse

Les grosses particules de fourrage (ø > 15 – 20 mm) empêchent de chasser correctement l’air du fourrage. Des feuilles desséchées peuvent ne pas être bien coupées par l’ensileuse. Des couteaux d’ensileuse bien affûtés sont une fois de plus gage d’un travail de qualité. Hacher fin facilitera le tassement mais pas la valorisation du fourrage par les animaux. Un bon équilibre est à trouver : moins d’un gobelet de 20 cl de gros morceaux (ø > 15 – 20 mm) dans un seau de 10 litres de fourrage vert sorti de la goulotte de l’ensileuse (méthode du tamis secoueur). Viser une longueur moyenne de 8 à 10 mm. Dans les situations très sèches (teneur en MS du fourrage > 40 %), abaisser davantage la longueur de coupe facilitera le tassement. Pour garantir une bonne valorisation du maïs par les animaux, l’abaissement de la longueur de coupe sera réservé aux maïs qui pourront être distribués dans une ration mélangée avec une part importante d’autres fourrages fibreux (ensilage ou enrubannage d’herbe, foin).

Au champ, veillez à l’éclatement des grains pour une meilleure valorisation de ceux-ci par les micro-organismes du rumen, et ce surtout en cas de récolte à surmaturité.

Confectionner son silo

Le processus de fermentation qui aboutit à la stabilisation du fourrage ne commence qu’en absence d’oxygène dans la masse de fourrage du silo fermé. Il convient donc, de tasser énergiquement et de fermer immédiatement, le tout rapidement et sans précipitation. C’est le tracteur tasseur qui commande la vitesse du chantier de récolte…

Dans tous les cas, il est nécessaire de tasser fortement chacune des fines couches (10 à 15 cm) de fourrage lors de la confection du silo. Cette recommandation est d’autant plus vraie que le fourrage est sec.

Enfin, au cours de la confection du silo, pensez à prendre plusieurs échantillons pour en confectionner un après mélange représentatif du silo. Le conserver au congélateur et l’envoyer rapidement pour une analyse de composition chimique et de valeur alimentaire.

Dimensionner son silo

Plus le fourrage ensilé est sec, plus il sera nécessaire d’assurer une vitesse d’avancement élevée du front d’attaque afin de prévenir les échauffements. A 32 % MS, le dimensionnement doit permettre une vitesse de désilage moyenne de 10 cm/j en hiver et 20 cm/j en pour contenir l’échauffement quand le fourrage est bien tassé. Lorsque la teneur en MS du maïs fourrage est plus élevée (38 % MS), la porosité du silo augmente du fait de la difficulté à tasser et de la teneur en MS élevée (figure 1). Dans ces situations, il conviendra d’assurer une vitesse d’avancement minimale de 15 cm en hiver, 25 cm au printemps/été).


Figure 1 : Qu’y a-t-il dans 1 m3 de maïs fourrage tassé correctement ?

Entre un maïs fourrage à 32 et 40 % MS, la porosité évolue fortement. A 32 % MS, moins d’un tiers du volume du silo est occupé par de l’air, c’est la moitié du volume lorsque le maïs est récolté à 40 % MS.

Quelques précautions pour la conduite du désilage

L’ouverture d’un front d’attaque dans un silo non stabilisé (moins de trois semaines après réalisation) ou d’un maïs à teneur en MS élevée (> 38 % MS) appelle à renforcer la vigilance quant au maintien de l’anaérobie pour le reste du silo. Ainsi, un cordon de boudins de sable ou autres matériaux lourds devra être maintenu à l’aplomb du front d’attaque afin de plaquer la bâche sur le fourrage et limiter ainsi la pénétration de l’oxygène dans le tas.

Faire un petit silo de transition plutôt que d'entamer directement le silo principal

Lorsque la disponibilité en stock de maïs fourrage est réduite, il est plus judicieux de confectionner un petit silo de taille équivalente aux besoins du troupeau durant environ 3 semaines plutôt que d’entamer les silos principaux tout juste confectionnés. En effet, comme pour tout fourrage humide, il est nécessaire d’observer une période de fermentation d’environ 3 semaines. Lorsque le fourrage est très sec (> 40 % MS), augmenter ce délai d’une semaine augmente la « stabilité aérobie » de l’ensilage, c’est-à-dire sa capacité à ne pas s’échauffer en présence d’oxygène. Les conditions anaérobies ne sont obtenues que si la bâche reste hermétiquement plaquée sur le silo. L’ouverture moins de 3 semaines après réalisation voire immédiatement après le chantier expose à des pertes importantes du fait de l’activité des micro-organismes En présence d’oxygène, ce sont les « mauvais » micro-organismes qui se développeront et consommeront la matière organique du fourrage (et donc l’énergie du fourrage). Par ailleurs, un fourrage chaud en cours de fermentation sera bien moins appétant que ce même maïs non fermenté.

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