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Lutte contre les corbeaux Lutte contre les corvidés

Des solutions à combiner dès le semis du maïs

30 mars 2017

Le corbeau freux et la corneille noire sont les deux principales espèces de corvidés qui peuvent être à l’origine de dégâts significatifs sur les semis de maïs. Face à ce risque difficilement prévisible et maîtrisable, certaines précautions sont recommandées lors de l’implantation de la culture.

Les principales espèces de corvidés déprédatrices sont la corneille noire et le corbeau freux. La première est une espèce sédentaire et territoriale entièrement noire (y compris le bec), présente sur tout le territoire. Le corbeau freux, revêt également un plumage noir mais reconnaissable par son bec blanc grisâtre, il nidifie essentiellement dans les deux tiers nord du pays et la basse vallée du Rhône.

Des dégâts possibles jusqu’à 7-8 feuilles

Ces corvidés consomment les graines de maïs dès le semis et jusqu’au stade 4-5 feuilles, voire exceptionnellement jusqu’au stade 7-8 feuilles. En suivant la ligne de semis, ils sont capables de faire des dégâts importants, pouvant conduire à un resemis. L’intensité des attaques dépend des besoins alimentaires de ces volatils (en lien avec leur reproduction) et de l’offre alimentaire présente dans l’environnement (semis de maïs et autres ressources).

Les corvidés sont fortement présents dans les vallées avec des refuges à proximité (bois, grands arbres, nidification dans les parcs…). Ils n’apprécient pas d’être dérangés. Ainsi, les parcelles les plus à risque sont celles où la présence humaine est moindre (grandes parcelles, parcelles en hauteur avec vue dégagée, parcelles isolées).

Par ailleurs, une zone avec seulement quelques parcelles de maïs est davantage exposée au risque corvidés qu’un secteur où les semis seraient simultanés sur de larges surfaces (dilution de l’offre). C’est pourquoi leur présence est fréquemment signalée dans des régions où la culture de maïs est minoritaire.

Eviter les semis en décalé et sur des sols motteux

La présence des corbeaux dans un secteur géographique est souvent peu maîtrisable mais certains facteurs peuvent permettre de limiter partiellement les dégâts occasionnés.

Dans la mesure du possible, il est préférable de ne pas semer les parcelles trop en décalé - c’est-à-dire trop précocement ou trop tardivement - par rapport à l’environnement proche. Le semis superficiel (2-3 cm) est aussi une pratique à risque favorisant la préhension des graines : il est préférable de respecter une profondeur de semis de 4 à 5 cm.

De plus, un lit de semence trop motteux avec présence de nombreux résidus peut faciliter les déprédations de plantules par les corbeaux.


Figure 1 : Facteurs favorables et défavorables à la présence de corvidés

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L’efficacité des traitements de semences dépend de l’intensité de l’attaque

Des traitements de semences sont disponibles sur le marché pour un usage répulsifs corbeaux. Ces spécialités chimiques autorisées appartiennent à la famille des carbamates. Elles ont fait l’objet d’expérimentations depuis plusieurs années.

Face à des attaques modérées et tardives, essentiellement sur plantes au stade 1-2 feuilles, les traitements de semences Gustafson 42 S (160 g thirame/q) et Korit 420 FS (250 g zirame/q) permettent de préserver une bonne partie des plantes avec une efficacité de l’ordre de 45 %.

En situation exposées à des attaques plus précoces (avant la levée) et plus intenses, Korit 420 FS permet de conserver un nombre de plantes légèrement supérieur à Gustafson 42 S.

Si les attaques sont très fortes, au point de faire disparaître toutes les plantes du témoin (situation correspondant à une présence prolongée des oiseaux sur les parcelles d’essai), aucun des produits ne s’avère satisfaisant : le taux de plantes restantes est quasiment nul.


Figure 2 : Efficacité des traitements de semences répulsifs sur les attaques de corvidés selon l’intensité des attaques sur maïs (11 essais de 2011 à 2016)

Alerter pour une régulation au niveau du territoire

Face à une efficacité partielle et variable des traitements, il est primordial de tout mettre en œuvre pour éviter les fortes attaques de corvidés. Il convient d’abord de ne pas semer en décalé par rapport aux parcelles environnantes pour essayer de diluer les dégâts, et de favoriser - si possible - une levée rapide. De nombreux systèmes d’effaroucheurs existent (épouvantails, canons…). Leur efficacité peut parfois être décevante suite à une accoutumance souvent rapide des oiseaux. Un passage humain régulier reste souvent le plus efficace pour éviter une installation des corbeaux dans la parcelle.

Mais tout ne se joue pas à l’échelle de la parcelle. Il est important de déclarer les éventuels dégâts de corvidés (DDT, mairie, chambre d’agriculture, fédération de chasse…) afin que des actions de régulation puissent être conduites par des chasseurs ou piégeurs agréés et limiter ainsi le risque pour les années suivantes. L’efficacité de ces actions s’inscrit dans le temps.

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7 commentaires 03 avril 2017 par ROBIN

Les deux espèces ont des régimes alimentaires très proches. Ce sont des omnivores opportunistes : les aliments végétaux ont une place importante mais ces oiseaux consomment également des insectes et d’autres ressources animales. Leurs prélèvements varient en fonction de leur densité mais aussi de la saison, de leur fécondité et des autres ressources alimentaires disponibles. Dans un territoire potentiellement habité par les deux espèces (ce n’est pas le cas partout), alors même que les espèces sont parfois difficiles à identifier, et que leurs dégâts « collectifs» ne sont pas toujours bien connus, identifier l’espèce qui fait le plus de dégâts apparaît très délicat et, de plus, resterait dépendant de la localités et de l'époque.

02 avril 2017 par VERHOEYE

un article qui n apporte rien

31 mars 2017 par ROORDA

depuis 7 ans entre 250 et 300 corbeaux tués au fusil sur dérogation de tir de la ddtm avec un compte rendu tous les ans sur le nombre de corbeaux abattus et rien ne se passe, aucune action des pouvoirs publics, ni des fédération de chasseurs, ni des piégeurs agrées qui préfèrent allés au renard quand ils daignent répondre. Je ne parle même pas des demandes d'indemnisation pr les dégâts ou éventuellement le temps passé à les tirer et les cartouches. Que de laxisme...

31 mars 2017 par Walraet

J'ai tout essayé en terme d'enrobage, y compris des épices, piment, poivre, tabasco, raifort... Rien n'y fait. Il n'y a que le fusil. Mais 24h/24 sur 250ha, je n'ai malheureusement pas que ça a faire. Et je vois qu'il n'y a aucune avancée technique ou phyto sur ce sujet.

31 mars 2017 par LANGUILLE

Bjr, avez vous essayé des produits à base de piment ? Perso je n'en suis pas convaincu sur tournesol... Faut du temps pour les tirer sur la parcelle. Y

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