15 février 2017

Céréales d'hiver

Le binage a toute sa place dans une stratégie de désherbage efficace

L’introduction de désherbage mécanique dans les céréales d’hiver est possible, mais requiert un certain nombre de conditions, comme le montre les résultats du projet de recherche Casdar « Optimiser et promouvoir le désherbage mécanique en grandes cultures et productions légumières ».

Les essais menés dans ce cadre ont permis d’évaluer l’efficacité de différents programmes à base de désherbage mécanique, combinés ou non à des traitements herbicides (figure 1).

Il en ressort que les stratégies faisant appel à du désherbage d’automne, mécanique ou chimique, affichent souvent les meilleures efficacités car ils permettent d’intervenir sur des stades plus jeunes.


Figure 1 : Efficacité moyenne de différentes stratégies de désherbage mécanique en céréales d'hiver, en comparaison à du désherbage tout chimique. Au sein d’une même stratégie, les modalités se distinguent par les périodes d’interventions (automne ou sortie d’hiver) et les outils de désherbage mécanique utilisés (herse étrille, houe rotative ou bineuse).
A noter que le nombre de données par stratégies n'est pas identique.

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• Les stratégies « tout mécanique » : leur efficacité va de 20 à 85 %. Les résultats varient notamment en fonction du nombre de passages, des périodes et conditions dans lesquels ils sont réalisés et de l’outil utilisé. Les résultats sont meilleurs lorsque le premier passage mécanique est effectué dès l’automne. Au même titre que le désherbage conventionnel à l'aide d'herbicides, les passages mécaniques précoces, donc sur adventices jeunes, sont les plus efficaces. Cela permet à la culture d'avoir, pour la suite du cycle, un avantage avec un développement plus important que les adventices. L’utilisation de la bineuse, en particulier en dernier passage conduit aux meilleures efficacités, entre 65 et 85 %. Grâce à une agressivité plus importante que la houe ou la herse étrille, la bineuse peut contrôler des adventices plus développées. Attention toutefois à ne pas endommager le système racinaire de la culture. En cas de passage seulement en sortie d’hiver, les agriculteurs bio pratiquant régulièrement le désherbage mécanique préfèrent effectuer au moins deux passages pour pouvoir détruire les éventuelles nouvelles levées provoquées par le premier passage.

• Les stratégies « tout chimique » présentent une efficacité moyenne régulière de 85 à 95 %.

• Les stratégies « mixtes mécaniques » consistent à effectuer un ou plusieurs passages mécanique avant un rattrapage chimique. Ces stratégies sont efficaces mais nécessitent de multiplier les passages mécaniques de sortie d’hiver et peuvent conduire à effectuer un rattrapage sur des adventices déjà bien développé.

Sur dicotylédones, cette stratégie est éventuellement envisageable. En revanche, sur graminées (ray-grass, vulpin...), cette stratégie est délicate avec des rattrapages sur adventices développées et impossible a fortiori sur adventices résistantes.

• Les stratégies « mixtes chimiques » commencent par un passage herbicide complété par un ou plusieurs passages mécaniques. Si le passage d’herbicide est effectué à l’automne, l’efficacité du désherbage mécanique est régulière et élevée, comprise entre 85 et 98 %. Cette stratégie est particulièrement intéressante en cas de présence d’adventices résistantes aux herbicides de sortie d’hiver. En revanche, lorsque le désherbage chimique n’a lieu qu’en sortie d’hiver, l’efficacité finale est inférieure à 70 %.

Des fenêtres s’ouvrent en mars pour les passages de bineuse

Pour être efficace, une opération de désherbage mécanique doit être suivie de 1 à 4 jours sans pluie, délai nécessaire pour que les adventices déracinées se dessèchent sans pouvoir repiquer.

De fait, les fenêtres météo correspondantes apparaissent généralement à partir du mois de mars et sont plus nombreuses en avril (figure 2). A cette période, il vaut mieux privilégier la bineuse, qui reste efficace sur les jeunes plantes alors que la herse étrille et la houe rotatives ne sont efficaces que sur les stades filaments blanc à 1 feuille.

L’utilisation de la bineuse en céréale à paille est rendu possible par les systèmes de guidage, soit sur la bineuse (caméra), soit sur le tracteur (RTK). Ces équipements permettent de biner à des vitesses allant de 6 à 12 km/h y compris sur des cultures à faibles écartement. Pour faciliter le binage, on peut aussi boucher un rang de semoir, de manière à avoir un repère visuel pour replacer le tracteur à chaque passage de bineuse.


Figure 2 : Jours disponibles pour le désherbage mécanique du blé en fonction du stade.

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Ludovic BONIN, Pascale METAIS (ARVALIS - Institut du végétal)

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Commentaires
  • 26/02/2017CLOGENSON
    Intérésant mais à travailler ,pourquoi pas, à vous de faire la recherche ! P Clogenson
  • 17/02/2017VADORIN
    Je me souviens il y a 60 ans

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