3 octobre 2013

Les Essentiels d'ARVALIS

Désherbage des intercultures / Comment lutter contre l’ambroisie à feuilles d’armoise ?

La lutte en interculture est un complément incontournable de la lutte en culture pour maîtriser l’ambroisie à court et à long terme car elle peut jouer au moins sur deux tableaux : la floraison et la grenaison. Plusieurs moyens sont à la disposition de l’agriculteur : le déchaumage et le désherbage.

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante de la famille du tournesol (Astéracée) originaire d’Amérique du Nord. Elle a été introduite en France au milieu du 19ème siècle, puis massivement au début des années 1920. Plante pionnière par expérience, elle s’adapte à toutes les conditions de milieu, de la plaine jusqu’aux prairies de moyenne altitude, et a même réussi à coloniser les bordures de rivières, occupant ainsi une niche vide. Elle lève en mars-avril essentiellement dans les cultures de printemps (tournesol, maïs, pois de printemps) et minoritairement dans les cultures d’hiver (céréales, colza) à la faveur de zones claires. Elle explose sur chaumes dès que la concurrence avec la culture va être levée.
Sa graine, plutôt grosse, se disperse principalement du fait des activités humaines : transports de matériaux notamment, mais aussi via les outils de récolte.
Plus d’info sur la biologie de l’adventice : www.infloweb.fr

Au niveau santé publique, la production importante de pollen très allergisant au mois d’août principalement est responsable de désordres de la sphère ORL pouvant aller jusqu’à l’asthme, et le taux de prévalence dans les régions les plus touchées dépasse certainement 10 % de la population.

Une fois installée, elle est très difficile à contrôler. L’arrachage a toutes chances de provoquer des levées complémentaires, le désherbage chimique n’est pas toujours possible sans conséquences environnementales (bords de cours d’eau), la fauche doit être répétée 3 fois sans remettre de graines en germination (problème des épareuses) et les déchaumages doivent être soignés pour être complets ! Quels sont les moyens de lutte pendant l’interculture ?

Comment ça marche ? 
Les références expérimentales ARVALIS
Les préconisations d'ARVALIS
Pour en savoir plus


L’interculture est un moment privilégié pour le développement de l’ambroisie car il n’y a plus de couvert donc de concurrence. La lutte en interculture est un complément incontournable de la lutte en culture pour maîtriser l’ambroisie à court et à long terme car elle peut jouer au moins sur deux tableaux : la floraison et la grenaison. Plusieurs moyens sont à la disposition de l’agriculteur : le déchaumage et le désherbage. Ces moyens utilisés seuls ou associés seront indispensables en présence d’un risque élevé de développement de l’ambroisie. Ce risque élevé correspond à des parcelles de céréales, de colza ou de pois dans lesquelles l’ambroisie est déjà présente au moment de la récolte. Fauchées par la moissonneuse-batteuse, elles repartiront de plus belle ensuite pour fleurir et polliniser quelques semaines plus tard.

Le glyphosate, majoritairement utilisé dans la lutte chimique, a fait l’objet d’une réglementation qui en limite les doses maximales et qui est assortie de recommandations. C’est dans l’esprit de préciser les bonnes conditions d’utilisation de ce produit (doses, adjuvants) que 5 essais ont été mis en place en Rhône-Alpes de 2004 à 2006 en interculture sur ambroisie. Quels en sont les résultats ?

Retour au sommaire


L’objectif du désherbage vis-à-vis de l’ambroisie en interculture est d’empêcher la production de pollen et de graines en détruisant les plantes présentes. L’ambroisie n’est jamais seule. Le désherbage doit donc détruire toutes les plantes et s’il y a lieu les vivaces. Dans ce cas, seuls les produits systémiques sont efficaces. Le glyphosate, majoritairement utilisé, est le seul désherbant total, systémique utilisable, non persistant et autorisé en interculture. Parmi les autres spécialités, non totales, utilisables et efficaces contre l’ambroisie, nous pouvons noter le 2.4D qui est très efficace. En absence de vivaces, on peut opter pour le déchaumage ou le désherbage. Dans ce cas des produits de contact pourraient être utilisés au même titre que le glyphosate, mais ils sont très peu employés (Basta F1 – R’bix).

Les expérimentations menées en Rhône Alpes
5 expérimentations ont été menées de 2004 à 2006 : 3 à Lyon Saint-Exupéry (CREAS – 69) et 2 en plaine de Valence (Chabeuil et Etoile sur Rhône). Les modalités comparées dans ces expérimentations portaient sur 4 thèmes :
 la dose de glyphosate avec 5 niveaux
 le stade d’application : stade végétatif (redémarrage suite à la fauche) entre 5 et 30 cm et stade « apparition des boutons floraux ».
 les adjuvants (comparés sur une base glyphosate générique) : Génamin T 200 BM – Heliosol – LI 700 – Silwett L-77 – Surf 2000 – huile Végélux – huile Actirob B – Tempera.
 les formulations : glyphosate générique – Roundup Flash – Roundup Energy – Roundup Bioforce – Touchdown Système 4.

Les résultats (cf document à télécharger dans la rubrique « Plus d’infos » en bas de page) montrent que les performances des produits et des doses testées sont dépendantes des conditions climatiques « autour » de l’application. De ce fait, les résultats de ces expérimentations sont à relativiser par rapport aux conditions météorologiques qui ont entouré les applications.

 Effet de la dose
Lorsque les conditions autour de l’application sont favorables – températures inférieures à 25°C, hygrométrie satisfaisante – une dose de 720 g de glyphosate donne plus de 95 % d’efficacité quel que soit le stade. Par contre, en conditions peu favorables, à 1 440 g, l’efficacité est encore insuffisante.
 Effet du stade d’application
Le stade d’application ne ressort pas comme facteur important dans l’efficacité du glyphosate. Il est difficile de le dissocier des conditions climatiques qui président lors de l’application.
 Effet des adjuvants
Parmi les adjuvants étudiés, aucun d’entre eux n’a permis une augmentation significative de l’efficacité du glyphosate générique.
 Effet des formulations
Le facteur « formulation » est ressorti significativement dans un essai (Etoile 2006 => en 1ère date d’application, en pleine période de canicule, avec Roundup Flash et Roundup Energy, les 2 références testées en 2006).

Retour au sommaire

 
A l’interculture, dans de bonnes conditions, l’ambroisie est facilement détruite avec 720 g de glyphosate générique. Cependant il faut relativiser ce résultat dans la mesure où elle est rarement seule. En présence de vivaces en particulier, les doses sont plus élevées et donc plus sécuritaires vis-à-vis de l’ambroisie. Il est possible d’y associer 600 g de 2.4D afin de compléter le spectre du glyphosate sur d’autres adventices, voire renforcer l’activité du glyphosate sur ambroisie.

Il convient aussi d’insister sur l’importance des conditions climatiques autour de l’application sachant qu’elle doit se faire avant la pollinisation ce qui ne donne pas toujours beaucoup de latitude.

Retour au sommaire

Retrouvez toutes les informations complémentaires de cette fiche

Sources documentaires 

- http://ambroisie.info/
- http://www.parlementaires-ambroisie.fr/
- http://www.pollens.fr/accueil.php
- L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) en Suisse :
Agroscope RAC Changins - Station fédérale de recherches agronomiques - www.racchangins.ch
« aspects malherbologiques » - N. DELABAYS, Ch. BOHREN et G. MERMILLOD, Agroscope RAC Changins, case postale 254, CH-1260 Nyon 1 / Ch. KEIMER, Stations cantonales agricoles, CH-1228 Plan-les-Ouates / Ch. KÜNDIG, Station cantonale de protection des plantes, CH-1510 Moudon


Retour au sommaire

Mots-clés

Réagissez !

Note globale :
  • (Aucun vote)
Commentaires

aucun commentaire pour l'instant

Merci de vous identifier pour commenter et noter cet article