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Cultures intermédiaires et mauvaises herbes Cultures intermédiaires

Un outil à maîtriser pour contrôler les adventices

04 août 2016

Pour limiter l’enherbement pendant l’interculture, la conduite des cultures intermédiaires doit faire l’objet de toutes les attentions. Différents paramètres sont à prendre en compte pour que le couvert puisse avoir un effet bénéfique sur la gestion des adventices.

Une culture intermédiaire peut limiter les germinations d’adventices à l’interculture. En revanche, la couverture du sol pendant cette période réduit les possibilités d’intervention. Un risque de grenaison d’adventices, voire du couvert, peut exister, en particulier lorsque les adventices sont déjà bien installée lors du semis du couvert.

La technique du faux-semis est également plus difficile à mettre en œuvre. De ce fait, la réduction du stock semencier à l’interculture sera moindre qu’en sol nu régulièrement travaillé. Il peut aussi arriver que le couvert devienne lui-même une adventice dans la culture suivante. C’est pourquoi la gestion d'une culture intermédiaire doit être soignée.

ARVALIS - Institut du végétal a suivi l’enherbement des parcelles depuis 2010 dans deux essais de longue durée pour mieux appréhender cette problématique.

L’impact de la culture intermédiaire sur les adventices n’est pas le même selon le système dans lequel elle est intégrée.

Les conditions météo importent plus que l’espèce

Trois ans de résultats révèlent qu’il existe de grandes disparités de densités d’adventices et de repousses en fonction de l’année. En 2011, les parcelles sans couvert apparaissent plus sales que toutes les autres modalités. A contrario, en 2012, plusieurs espèces de couvert (vesce du Bengale et radis fourrager par exemple) présentent des densités d’adventices plus élevées que le sol nu. En moyenne, quel que soit le type de plantes, les cultures intermédiaires ont réduit significativement la densité des repousses (figure 1). Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les espèces. Les couverts les plus efficaces pour limiter les adventices varient aussi d’une année à l’autre : moutarde blanche non fertilisée et vesce du Bengale en 2010, moutarde blanche fertilisée, radis et phacélie en 2011. 


Figure 1
 : Densité des adventices et repousses (en plantes/m2) à l’interculture en fonction du type de couvert (suivis réalisés entre 2010 et 2012)


Des lettre différentes traduisent des différences significatives au seuil de 5 % (test de Newman Keuls).


Le développement du couvert explique davantage les différences de salissement. En 2010 et  2011, l’enherbement diminue avec l’importance de la biomasse du couvert. Plus celui-ci s’implante rapidement, plus il limite efficacement les repousses.

Attention aux adventices de « 100 jours »

Autre point à prendre en compte, le cycle des adventices en présence. Très peu d’espèces indésirables sont en mesure de réaliser l’intégralité de leur cycle de développement dans une culture intermédiaire. Elles doivent pour cela avoir un cycle très court (« espèces de 100 jours ») et être capables de produire des graines viables malgré des sommes de températures assez faibles. Seuls le séneçon vulgaire, la véronique de perse et les pâturins réunissent ces caractéristiques.

Ce sont surtout les adventices non détruites lors du semis de la culture intermédiaire qui risquent de produire des graines viables avant la destruction du couvert.

Des effets très variés selon le type de travail du sol

À l’interculture en 2011, les faibles biomasses de couverts (inférieures à 2,5 t MS/ha) ont justement laissé certaines adventices à cycle court, comme le séneçon, se développer et grainer. En semis direct, ces graines ont levé dans la féverole suivante. Cependant, dans les modalités labourées, il n’y a pas eu de différence de salissement entre les sols nus et ceux avec culture intermédiaire : l’effet du labour a masqué le possible effet du couvert. Par contre, en semis direct, les adventices étaient significativement plus nombreuses dans les modalités avec couvert, probablement parce que leur levée a été stimulée par le passage du semoir lors de leur implantation. L’impact de la culture intermédiaire sur les adventices n’est donc pas le même selon le système dans lequel elle est intégrée. Avec des pratiques de désherbage chimique classique, les différences de salissement entre couvert et sol nu, présentes à l’interculture, ne sont cependant plus visibles dans la culture suivante, quelle que soit la stratégie de travail du sol (figure 2).

La technique et la période d’implantation, la vigueur au démarrage du couvert puis sa destruction ont probablement un fort impact sur l’enherbement. Des essais complémentaires sont en cours pour étoffer ces connaissances.


Figure 2 : Impact de la gestion de l’interculture sur la densité d’adventices dans la culture suivante (suivis réalisés entre 2011 et 2015)


Le déchaumage à lieu avant implantation des couverts, qui sont détruits par labour ou glyphosate selon les modalités. En cas de risque de grenaison, les adventices présents dans les modalités sol nu ont pu être détruites mécaniquement ou chimiquement avant la date de destruction des couverts.

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