15 septembre 2016

Conduite de stockage

Les bâtiments dédiés ne doivent servir qu’aux pommes de terre

Si des produits à base de chlorprophame (CIPC) sont appliqués au cours du stockage des pommes de terre pour inhiber leur germination, il est judicieux, par la suite, de ne pas utiliser les bâtiments vides pour d’autres produits agricoles, notamment les céréales. En effet, cette molécule est très persistante, même après un nettoyage de fond et peut contaminer les stocks.

La conservation de pommes de terre nécessite le plus souvent l’utilisation de produits antigerminatifs. Même si la gamme s’est progressivement élargie depuis quelques années (huile de menthe, éthylène), le chlorprophame constitue encore aujourd’hui le produit majoritairement utilisé. En effet, il garantit une efficacité antigerminative suffisante pour les conservations de longue durée des pommes de terre de consommation stockées à une température supérieure à 5°C en l’absence de groupe frigorifique.

Proscrire les stockages successifs

Une fois vidés et nettoyés, les bâtiments de stockage de pommes de terre peuvent parfois servir de lieux d’entreposage temporaire pour d’autres produits agricoles, notamment des céréales, avant l’arrivée de la nouvelle récolte. Cette succession de stockage de différents produits agricoles sur le même site pose la question du risque de contamination croisée avec des molécules phytosanitaires non autorisées pour l’une ou l’autre des denrées.

Jusque l’année dernière, il n’existait pas de Limite Maximale de Résidus (LMR) pour certains produits, comme les céréales. La commission européenne a alors statué pour s’appuyer la valeur du seuil de détection, soit 0,01 mg/kg. En conséquence, la LMR de CIPC est beaucoup plus basse pour les autres produits que celle fixée pour la pomme de terre et est plus proche des seuils de détection analytique. A ce jour, elle s’élève à 10 mg/kg en pomme de terre, contre 0,01 mg/kg en céréales, pois et colza et 0,05 mg/kg en oignons.

Un niveau de pollution qui dépend du mode d’application du produit

Le poudrage, la pulvérisation liquide ou la thermonébulisation représentent les trois modes d’application pratiquées pour les nombreuses spécialités commerciales homologuées ; toutes conduisent à une pollution très diffuse du bâtiment de stockage, même s’il existe des différences en fonction des modes d’application.

La thermonébulisation est sans nul doute la méthode qui entraîne une distribution du produit sur l’ensemble des parois intérieures du bâtiment, du fait de la création d’un brouillard de particules insufflées dans la masse des tubercules stockés par mise en marche de la ventilation.

Le poudrage et la pulvérisation liquide lors de la mise en stockage des pommes de terre permet de limiter l’application indirecte de produit sur les infrastructures du bâtiment. Cependant, celles-ci peuvent être malgré tout polluées par les molécules de chlorprophame. Soit il y a une redistribution du produit sous forme vapeur dans l’ambiance du bâtiment au fil de la conservation ; ou bien, plus directement, une mise en suspension de poussières contaminées lors des opérations de manutention des tubercules à la mise en tas et surtout lors du déstockage.

Michel MARTIN (ARVALIS - Institut du végétal)

Mots-clés

Réagissez !

Note globale :
  • (Aucun vote)
Commentaires
  • 16/09/2016COURTOIS
    Bonjour, c'est super encourageant pour les consommateurs qui vont acheter et manger ces patates.

Merci de vous identifier pour commenter et noter cet article