20 février 2014

Marché du blé dur

Les atouts de la France face au Canada

Jean-Philippe Everling, président du Directoire de Durum, présente les opportunités qui s’offrent aujourd’hui à la France sur le marché mondial du blé dur.


2014 représente la première campagne sans le Canadian Wheat Board (CWB), c’est-à-dire sans l’Office d’Etat canadien. C’est un choc pour tout le marché, d’autant plus que les prévisions de récolte des statistiques officielles du Canada ont pris le marché à contre-pied. Elles tablaient sur une production de 4,8 millions de tonnes (Mt) le 13 août 2013, pour atteindre 6,5 Mt le 20 décembre 2013, soit un bond de 50 % en 4 mois !

Le Canada, le maître du marché mondial du blé dur

Les Canadiens assurent plus de 50 % des échanges mondiaux de blé dur. Avec 6,5 Mt, ils avaient un potentiel d’exportation de plus de 5,5 Mt. Du jamais vu ! Le marché a donc déprimé. Après cette réaction de dépression, le marché s’est repris car le Canada a deux problèmes : sa logisitque et son climat.
Même s’il possède tous les segments qualitatifs pour alimenter l’ensemble des marchés, son problème logistique risque de le pénaliser jusqu’en avril pour sortir des volumes importants. Sa pression sur le marché ne se fait donc pas réellement sentir avec des arrivées de bateaux et de marchandises. La France, au contraire, possède une logistique très performante avec des bassins de production proches des ports.
Par ailleurs, les Canadiens sont actuellement dans l’impossibilité d’expédier des trains en raison de la neige. En France, ce n’est pas le cas : c’est un avantage pour convaincre les acheteurs du bassin méditerranéen qui représentent un volume potentiel de 4,5 Mt. La France est un vendeur de proximité, à 3/4 jours de navigation des consommateurs.

Vers moins de surfaces semées en blé dur au Canada ?

Au Canada, avec le démantèlement du CWB, les opérateurs présents sur le marché n’ont pas la même approche commerciale qu’auparavant. Ce sont désormais des sociétés de commerce privées qui recherchent le meilleur profit. Aujourd’hui, avec une logistique restreinte au niveau du Canada, ils font de la marge avec le soja, le colza, le maïs. Et les exportateurs canadiens se désintéressent du blé dur. Les producteurs vont donc se poser la question l’année prochaine s’ils continuent de semer autant. C’est une opportunité de plus pour le marché français.

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