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Apport d’azote pour concilier rendement et protéines Besoins en azote

Blé dur : assurer un rendement et un taux de protéines élevés

19 janvier 2017

La qualité du blé dur à la récolte dépend étroitement de sa teneur en protéines. L’objectif est d’atteindre 14 % de protéines pour limiter le mitadinage et produire des pâtes d’une tenacité suffisante. La conduite de la fertilisation azotée est primordiale pour atteindre cet objectif : choix de la dose, du mode de fractionnement et de la forme.

Le blé dur a des besoins en azote supérieurs à ceux du blé tendre. Ainsi, avec un potentiel de rendement plus faible, il nécessite une dose totale d’azote égale ou plus élevée.

Les variétés les plus productives ont, en tendance, des teneurs en protéines plus faibles (figure 1) et donc des besoins en azote plus élevés pour l’obtention de la qualité requise. Elles nécessitent ainsi une dose totale supérieure qui se traduira surtout par un apport « sortie dernière feuille » plus conséquent.


Figure 1 : Variétés et teneur en protéines


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Blé dur d’hiver région Centre-Ile de France - 17 essais en 2014
Sources : comité technique blé dur Centre-Ile de France

Des besoins en azote renforcés

Depuis 2009, la méthode de calcul de la dose prévisionnelle prend en compte un besoin par quintal pour chaque variété appelé « bq ». Il varie de 3,5 à 4,1 kg N/q. Il intègre l’absorption d’azote nécessaire pour concilier rendement et taux de protéines élevé. Les variétés n’ont pas la même capacité à produire des protéines : à la dose optimale pour le rendement, certaines variétés de blé dur n’atteignent pas les 14 % de protéines. Il est donc indispensable d’en tenir compte pour prévoir le niveau de fertilisation.

ARVALIS – Institut du végétal a réactualisé les valeurs du coefficient bq pour les dernières variétés inscrites (en rouge dans les tableaux). Elles sont téléchargeables selon la région de production : 

pour le Centre et l’Ile-de-France ;

pour le Poitou-Charentes et la Vendée ;

pour le Sud-Ouest et l’Aude.


Dans la région de production de l’extrême Sud-Est (Camargue), la contrainte hydrique constitue un facteur de production bien plus prégnant que tous les autres dans l’élaboration d’un blé dur de qualité. Dans cette région, le besoin en azote n’est actuellement pas modulé selon la variété.

Prévoir un report d’azote au stade « sortie dernière feuille » de 40 à 80 unités selon la variété

Plus l’azote est apporté tardivement, mieux il est absorbé par la plante et plus il jouera sur la teneur en protéines. Un report de 40 unités d’azote au stade dernière feuille étalée permet une augmentation d’au moins 0,5% de teneur en protéines. Ces mises en réserves peuvent être supérieures, notamment dans le cas de fortes doses totales ou dans des situations à faibles fournitures d’azote. Lorsque le report est supérieur ou égal à 60 unités, il peut être fractionné en deux. Dans ce cas, le dernier apport est spécifique de la qualité et sera efficace jusqu’au stade « sortie des barbes ».
Retrouvez dans les tableaux ci-dessus la dose à reporter fin montaison selon la variété et la région de production.

Ajuster la dose avec un outil de diagnostic

Si le calcul de la dose prévisionnelle est indispensable, il reste imprécis car il est calculé à partir de données hypothétiques (rendement, minéralisation du sol, efficacité de l’azote…). L’utilisation d’outils de pilotage (Farmstar, N-Tester, Ramses, GPN) permet d’ajuster la quantité totale d’azote à apporter au plus près des besoins de la culture. Ces outils prennent en compte l’objectif de qualité : obtenir 14 % de protéines quelle que soit la variété.

Tenir compte de la forme de l’azote utilisé

Toutes les formes d’azote n’ont pas la même efficacité, en particulier sur la teneur en protéines. Les formes ammonitrate ou urée sont plus efficaces et sont à privilégier pour les apports tardifs. La solution azotée peut entraîner des brûlures et doit être utilisée avec prudence à ce stade. L’idéal est de l’appliquer juste avant un épisode pluvieux.


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