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Apport d’azote pour concilier rendement et protéines Fertilisation du blé dur

Comment assurer rendement et taux de protéines élevés ?

08 février 2018

La qualité du blé dur à la récolte dépend étroitement de sa teneur en protéines. L’objectif est d’atteindre 14 % pour limiter le mitadinage et produire des pâtes d’une tenacité suffisante. La conduite de la fertilisation azotée est primordiale pour atteindre cet objectif : choix de la dose, du mode de fractionnement et de la forme.

Des besoins en azote adaptés à la variété

Depuis 2009, la méthode de calcul de la dose prévisionnelle prend en compte un besoin par quintal pour chaque variété appelé « bq ». Il varie de 3,5 à 4,1 kg N/q. Il intègre l’absorption d’azote nécessaire pour concilier rendement et taux de protéines élevé. Les variétés n’ont pas la même capacité à produire des protéines : à la dose optimale pour le rendement, certaines variétés de blé dur n’atteignent pas les 14 % de protéines. Il est donc indispensable d’en tenir compte pour prévoir le niveau de fertilisation.

ARVALIS – Institut du végétal a réactualisé les valeurs du coefficient bq pour les dernières variétés inscrites (en rouge dans les tableaux). Elles sont téléchargeables selon la région de production : 

pour le Centre et l’Ile-de-France ;

pour l'Auvergne et le Rhône-Alpes ;

pour l'Ouest Océan et la Nouvelle Aquitaine ;

pour l’Occitanie.

Dans la région de production de l’extrême Sud-Est (Camargue), la contrainte hydrique constitue un facteur de production bien plus prégnant que tous les autres dans l’élaboration d’un blé dur de qualité. Dans cette région, le besoin en azote n’est actuellement pas modulé selon la variété.

Prévoir un report d’azote au stade « sortie dernière feuille » de 40 à 80 unités selon la variété

Plus l’azote est apporté tardivement, mieux il est absorbé par la plante et plus il jouera sur la teneur en protéines. Un report de 40 unités d’azote au stade dernière feuille étalée permet une augmentation d’au moins 0,5% de teneur en protéines. Ces mises en réserves peuvent être supérieures, notamment dans le cas de fortes doses totales ou dans des situations à faibles fournitures d’azote. Lorsque le report est supérieur ou égal à 60 unités, il peut être fractionné en deux. Dans ce cas, le dernier apport est spécifique de la qualité et sera efficace jusqu’au stade « sortie des barbes ».
Retrouvez dans les tableaux ci-dessus la dose à reporter fin montaison selon la variété et la région de production.

Ajuster la dose avec un outil de diagnostic

Si le calcul de la dose prévisionnelle est indispensable, il reste imprécis car il est calculé à partir de données hypothétiques (rendement, minéralisation du sol, efficacité de l’azote…). L’utilisation d’outils de pilotage (Farmstar, N-Tester, Ramses, GPN) permet d’ajuster la quantité totale d’azote à apporter au plus près des besoins de la culture. Ces outils prennent en compte l’objectif de qualité : obtenir 14 % de protéines quelle que soit la variété.

Tenir compte de la forme de l’azote utilisé

Toutes les formes d’azote n’ont pas la même efficacité, en particulier sur la teneur en protéines. Les formes ammonitrate ou urée sont plus efficaces et sont à privilégier pour les apports tardifs. La solution azotée peut entraîner des brûlures et doit être utilisée avec prudence à ce stade. L’idéal est de l’appliquer juste avant un épisode pluvieux.

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2 commentaires 12 février 2018 par Bedoussac

Article de Marianne Joubert, Valérie Lullien-Pellerin et Marie-Hélène Morel de l'Inra de Montpellier (UMR IATE) paru dans le n° 200 décembre • janvier • février 2017 de "Industries des céréales" (page 10). Dans une logique d'optimisation de l'usage des intrants, voie impulsée par le gouvernement pour préserver l'environnement, l'Inra et ses partenaires ont planché sur une optimisation des itinéraires culturaux des blés durs. Mais qui dit moins d'apports azotés, dit potentiellement une teneur en protéines inférieure dans les grains. Or, celle-ci conditionne l'aptitude à la transformation et, notamment, la tenue des pâtes à la cuisson. L'enjeu était, dès lors, de déterminer s'il est possible de maintenir une qualité de grains satisfaisante pour les transformateurs avec de moindres taux protéiques. Il semble que des pâtes de viscoélasticité satisfaisante puissent être obtenues avec des semoules autour de 12 % de protéines, comme le montre les travaux présentés par Marianne Joubert, doctorante Inra, lors des 67èmes Journés Techniques des Industries des Céréales (JTIC), qui ont eu lieu les 9 et 10 novembre 2016 à Paris. Ces travaux ont d'ailleurs été primés par "Industries des Céréales", dans le cadre du concours récompensant des posters scientifiques et techniques concernant des applications à longs termes. L'objectif de l'étude s'inscrit dans le projet ANR DURDUR (2013-2017), visant à « définir l'impact de la variabilité de blés durs issus d'itinéraires agronomiques innovants sur leurs comportements à la mouture et leurs aptitudes à être transformés en pâtes alimentaires de qualité ». http://sco.lt/8NuBgf

09 février 2018 par LULLIEN-PELLERIN

Les résultats du projet ANR DurDur semble pourtant montrer que cet objectif de 14 % en protéines à atteindre est très certainement surévalué. Bien cordialement