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Attaque de piétin-verse Céréales et maladies

Combiner résistances variétales et agronomie contre les maladies

26 décembre 2013

Pour raisonner au mieux sa protection fongicide en céréales à paille, il est important de valoriser l’ensemble des leviers agronomiques à disposition. Exploiter les résistances variétales est l’un des principaux. Il convient de hiérarchiser le choix variétal en fonction des maladies les plus fréquemment rencontrées sur la parcelle.

En 2012, protéger un hectare de blé contre les maladies a coûté en moyenne 78 euros/ha contre 63 en 2011. Pour cette culture, c’est le poste de dépense le plus important en matière de produits phytosanitaires. Il est possible de le réduire en exploitant au mieux les résistances variétales, premier outil pour maîtriser la pression parasitaire, devant ou au même niveau que des leviers agronomiques comme l’allongement de la rotation ou le décalage de la date de semis.

Sommaire
Tenir compte du contexte régional
Miser sur la variété la plus efficace
Les résistances progressent
Jouer sur les doses
Des pratiques culturales plus favorables que d’autres

Tenir compte du contexte régional

Le choix de la variété dépend du lieu, qui conditionne la pression parasitaire. En bordure maritime, la nuisibilité franchit ainsi en général les 25 q/ha alors qu’elle ne dépasse pas 20 q/ha en Champagne crayeuse. Elle est aussi très liée à l’effet année : jusqu’à 20 q/ha d’écart peuvent séparer une année à faible nuisibilité telle que 2011 ou une autre à fort potentiel de dégâts comme 2008. Le choix de variétés résistantes réduit cette pression, de l’ordre de 9 q/ha en Picardie par exemple. Pour se décider, il est important de consulter les notes établies par ARVALIS-Institut du végétal, le CTPS (Comité technique permanent de la sélection) ou le Geves (Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences)… Et de suivre leur réactualisation, car les degrés de résistances des variétés évoluent selon les années et les populations de pathogène.

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Miser sur la variété la plus efficace

Valoriser la résistance variétale peut s’avérer plus efficace qu’un traitement chimique. C’est le cas avec le piétin verse, difficile à contrôler avec les fongicides. Ces derniers augmentent en plus fortement le coût de la protection : spécifiques, les produits s’appliquent avant les autres traitements contre les maladies foliaires. Sur les parcelles à risque, il vaut donc mieux s’orienter vers une variété résistante, notée par le Geves égale ou supérieure à 5. La plupart d’entre elles possèdent le gène Pch1, introduit depuis 25 ans dans les blés tendres. Cette résistance semble stable dans le temps encore aujourd’hui. Il faut donc en profiter car elle dispense d’un traitement fongicide.

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Les résistances progressent

Un système d’inscription s’appuyant à 50 % sur des conduites sans aucun traitement fongicide doublé des efforts des sélectionneurs a conduit à proposer à l’inscription des variétés de plus en plus résistantes aux maladies. Selon une analyse statistique, tous les paramètres de sensibilité ont progressé en moyenne depuis 1990. Ce progrès est perceptible dans l’évolution de la réponse à l’utilisation des fongicides, traduite dans l’écart entre essais traités et non traités sur les variétés proposées chaque année à l’inscription. Cet indicateur baisse en moyenne de 0,4 q/ha par an, soit une réduction de 8 q/ha sur 20 ans. Cependant, la variété résistante à tout n’existe pas. Il faut donc lors du choix hiérarchiser les risques en fonction du contexte pédoclimatique de la parcelle, compte tenu de la forte variabilité des résistances variétales aux différentes maladies.

Surveiller le risque de contournementDans le cas des rouilles notamment, de nouvelles races de champignon contournent régulièrement les résistances. Inscrites respectivement en 2000 et 2002, Orvantis et Aubusson, deux variétés initialement très résistantes à la rouille brune, ont ainsi vu leurs gènes contournés en moins de 3 ans. Entre 2008 et 2012, la population des pathogènes responsables de la rouille jaune s’est complètement modifiée deux fois. En 2008, la race Robigus était observée dans plus de 70 % des cas. En 2010, elle a été remplacée par la race « Solstice Oakley ». En 2011, la race dite « Warrior » inconnue jusque-là en France était relevée dans plus de 50 % des situations. Résultat, Oakley qui présentait une note de 9, donc une très forte résistance à la rouille jaune, se montre sensible depuis 2010 et 2011. En 2012, Allez-y, cote 8 l’année précédente, est devenue à son tour assez sensible. Heureusement, certaines variétés tiennent bon, comme Apache, dont le patrimoine génétique est différent. Il est en tout cas très important de surveiller l’évolution des notes de résistance de son bouquet variétal.

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Jouer sur les doses

La logique voudrait que le programme de traitement soit adapté à la variété. Si en moyenne selon FranceAgriMer, les producteurs spécialisés dans les grandes cultures cultivent quatre variétés de blé tendre, les trois-quarts des surfaces reçoivent le même programme fongicide. L’enjeu financier peut pourtant être important. Un essai mené par ARVALIS-Institut du végétal en Normandie dans un contexte de septoriose a permis de chiffrer précisément le coût optimal de la protection selon la sensibilité de la variété : les dépenses sont montées à 100 €/ha pour une variété très sensible, Dinosor, contre moins de 25 €/ha pour une variété très résistante, Toisondor. Dans les faits, modifier les dates d’application ou les produits à pulvériser s’avère toutefois compliqué. Il est néanmoins possible de jouer sur les doses… Une stratégie plus simple, qui produit déjà des effets.

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D’autres leviers agronomiques existent

Le risque concernant certaines maladies peut être réduit grâce à des pratiques culturales judicieuses. L’allongement de la rotation constitue ainsi une solution très efficace contre piétin échaudage, piétin verse, helminthosporiose ou fusarioses des épis. L’enfouissement des résidus de cultures limite pour sa part le développement de certaines maladies. Contre la fusariose de l’épi ou l’helminthosporiose, un labour se montre plus efficace en blé qu’un fongicide ou une variété résistante. À l’inverse, un semis effectué trop tôt (fin septembre) exposé davantage la culture aux cycles de multiplication du pathogène. Cet impact est très marqué pour la septoriose ou le piétin verse. Un semis dense favorise de son côté certaines maladies, en particulier l’oïdium. Dans une moindre mesure, une fertilisation azotée excessive peut encourager l’oïdium ou les rouilles car le champignon profite d’une plante qui gagne en vigueur et en feuillage.

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2 commentaires 27 décembre 2013 par DAVID

resistance et fongi encore un dossier arvalis ou l on apprend rien

27 décembre 2013 par GUYOT

L'INRA a travaillé 20 ans le sujet des mélanges de variétés. Sur le terrain le mélange permet des doses fongicides faible en années de pression normal, et une vitesse de développement plus lente en année à forte pression, pourquoi avoir arrêté de travailler le sujet....L'INRA, à travaillé les sucres, certaines personnes les extraies de plantes, les résultats existes, ils mériteraient d’être confirmés en toute partialité.

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