25 août 2016

Lutte contre les adventices

Pratiquer les faux-semis pour diminuer le stock semencier des parcelles

Pour réduire la pression des adventices dans les parcelles, le faux-semis en fin d'été ou au printemps peut se révéler très efficace si la pluie favorise leur levée. Pour plus d'efficacité, cette technique peut être couplée avec le recul de la date de semis.

Un faux-semis est un travail superficiel du sol (moins de 5 cm de profondeur) qui a pour objectif de stimuler la levée des adventices puis de les détruire avant l’implantation de la culture. Sa réussite repose sur le choix de bons outils, sur les adventices ciblées et reste dépendante des conditions climatiques.

Sol fin rappuyé et humide : une clé de la réussite

Un faux-semis demande une préparation du sol fine et superficielle, que ce soit en déchaumage ou en intervention après labour (figure 1). Il s’agit d’établir un bon contact terre-graine favorisant la levée des adventices. Un roulage peut donc être déterminant en conditions sèches. Les pluies orageuses de fin d’été peuvent être un facteur favorable à la levée.


Figure 1 : Levée de ray-grass (nombre de plante/m²) selon la profondeur de travail lors du faux- semis à l’interculture - Essais 2014 et 2015 - Comptage réalisé 1 mois après le faux-semis


Toutefois, la technique ne fonctionne que sur les adventices en mesure de germer durant la période de réalisation du faux-semis. Pour une intervention de début septembre par exemple, le faux-semis trouvera un intérêt dans la gestion des ray-grass et des bromes. A partir de la mi-septembre, cette technique pourrait également faire lever des vulpins.

Une technique inefficace en cas de dormance des graines

La levée des adventices se heurte à un problème de dormance des graines. Si la dormance n'est pas levée, la technique du faux-semis est alors totalement inefficace. La période de dormances des graines est propre à chaque espèce adventice :

Le brome stérile n’a pratiquement pas de dormance. Il est la graminée d’automne la plus facile à détruire avec cette technique.
Le vulpin et le ray-grass sont capables de germer à partir de début septembre, mais certaines années une dormance plus prononcée peut les empêcher de lever à cette époque. Un faux-semis réalisé en conditions de sol humides peut stimuler la germination et permettre ainsi la levée de dormance. Des travaux anglais, sur le vulpin, ont montré un lien entre la dormance des graines et les conditions de maturation de celles-ci. Ainsi, en période de maturation (mai - juin) fraîche et humide, la dormance est élevée. Au contraire, si les conditions climatiques sont sèches et chaudes, la dormance est faible.
La réussite du faux-semis sur géranium est liée au type de précédent : facile à faire lever derrière colza, cette adventice lève très difficilement derrière céréales.
Les cultures de printemps offrent une durée d’interculture plus longue qui peut augmenter les opportunités pour faire un faux-semis à l’automne. La technique est plus délicate à mettre en œuvre au printemps, elle est par exemple peu opérante pour faire lever des graminées estivales avant les semis de maïs.

Adapter le mode de destruction du faux-semis aux conditions climatiques

En interculture, il est possible de détruire mécaniquement les adventices. Afin d’assurer la réussite de cette destruction mécanique, il est important d’intervenir avant 2 à 3 jours sans pluie et de veiller à travailler bien toute la surface du sol, sans laisser de bandes non travaillées. Pour cela les outils à dents de type vibrodéchaumeurs et cultivateurs à 3 ou 4 rangées de dents sont bien adaptés et permette de contrôler facilement la qualité du travail effectué. Les conditions météo lors de l’intervention et des jours sont suivants sont elles aussi déterminantes pour assurer un bon dessèchement des plantes, et donc limiter le risque de repiquage. En conditions humides, l’utilisation du glyphosate est préférable, surtout lorsque la destruction du faux-semis se fait juste avant le semis de la culture.

Faux-semis multiples : travailler toujours à la même profondeur

Sur les parcelles les plus infestées de graminées automnales, plusieurs faux-semis peuvent être réalisés. Leur nombre dépend du temps de travail, du climat de l’année et des rotations pratiquées. En cas de faux-semis multiples, il est recommandé de toujours travailler à la même profondeur, assez superficiellement afin de faire germer les graines de surface.

Lorsque le faux-semis est réussi, il faut éviter les relevées au moment du semis de la culture. Il est conseillé de laisser au minimum trois semaines entre le dernier faux-semis et le semis de la culture.

Ludovic BONIN, Lise GAUTELLIER VIZIOZ, Pascale METAIS (ARVALIS - Institut du végétal)

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