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mode de destruction des couverts Cultures intermédiaires

Opter pour la technique de destruction des couverts la plus appropriée

13 novembre 2017

Selon les cultures intermédiaires, certains modes de destruction sont plus adaptés que d'autres. Tour d’horizon des possibilités : la destruction chimique, le broyage, l’enfouissement par le labour, l’action du climat sur des espèces gélives, le roulage sur gel ou la destruction par des outils de travail du sol.


Avant de choisir le mode de destruction du couvert, il faut déterminer la date d’intervention. Celle-ci relève d’un compromis entre deux objectifs : laisser le temps au couvert de jouer pleinement son rôle (piégeage de nitrates et protection du sol) et éviter un effet dépressif sur la culture suivante (en préservant la disponibilité en eau et en azote sans gêner son implantation).

La date de destruction se raisonne en fonction de la culture suivante, de l'espèce du couvert et du type de sol (tableau 1). Si l’on exclut les contraintes liées au travail profond en sols argileux, on peut retenir que la destruction du couvert peut intervenir juste avant le semis d’une céréale d’hiver, ou environ deux mois avant l’implantation d’une culture de printemps.

De manière générale, un couvert bien développé est plus facile à détruire qu’un petit couvert, malgré un risque de bourrage plus élevé pour certains outils.


Tableau 1 : Date conseillée de destruction des couverts, en fonction du sol et de la culture suivante
Se référer à la directive nitrate de son département pour déterminer à partir de quelle date la destruction d’un couvert est autorisée.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Une destruction par le glyphosate

Parmi les différents modes de destruction possibles, le glyphosate est apprécié pour sa facilité de mise en œuvre. Il est assez peu dépendant de l’humidité du sol, présente de gros débits de chantier et l’intervention n’affecte pas la structure du sol. De nombreuses espèces sont sensibles à cet herbicide, en particulier les graminées. Il est également possible d’y associer du 2.4D pour améliorer l’efficacité de l’intervention sur les couverts de dicotylédones.

Toutefois, l’emploi de ce produit entraîne un délai avant l’implantation de certaines cultures. La directive nitrate peut également limiter les possibilités de destruction chimique dans certains départements. Renseignez-vous auprès de votre préfecture.

Le broyage facilite le travail du sol à venir

Le broyage est une technique très répandue et facile à mettre en œuvre. Il permet de réduire le volume de la végétation, ce qui facilite ensuite le travail du sol. Puisque le broyeur ne touche pas le sol, seul la portance du sol est à prendre en compte pour éviter la compaction. L’autre particularité de cette technique est de laisser 100 % des résidus en surface pour une bonne protection du sol. Cependant, le broyage est déconseillé sur des couverts de graminées puisque ces dernières sont capables de repousser après une coupe.

Profiter du labour pour « faire d’une pierre deux coups »

En cas de labour, il est possible de profiter du retournement du sol pour détruire le couvert sans passage supplémentaire. Dans ce cas, la destruction du couvert ne génère rien de plus en termes de coût que la pratique habituelle sans couvert.

En revanche certaines complications peuvent survenir. Après enfouissement, des pieds peuvent repartir via leurs organes de réserve. C’est notamment le cas avec du radis ou de la navette. Des bourrages peuvent également arriver en présence de couverts très hauts comme la moutarde.

Pour éviter ce problème, trois pistes peuvent être envisagées :

  • Opter pour une espèce qui sera moins haute : on peut remplacer la moutarde par une phacélie par exemple ;

  • Broyer le couvert avant le labour ;

  • Coucher le couvert pour faciliter son enfouissement.
    Pour cela, diverses techniques existent : rouleaux à l’avant du tracteur, barres ou autres chaînes. Avec ces systèmes, il est préférable de retirer les rasettes pour faciliter l’écoulement de la végétation. Cela donne un labour moins esthétique mais plus pertinent d’un point de vue agronomique. Une partie des résidus est plaqué sur le flanc du labour au lieu que la totalité soit enfouie en fond de raie.

Laisser le gel opérer

Laisser le couvert gelé est sans aucun doute la solution idéale.

Cependant, l’apparition du gel à des températures suffisamment basses est aléatoire et parfois tardive par rapport aux objectifs de date de destruction. Cette option est donc plus pertinente dans les régions au climat continental comme le nord-est de la France ou les secteurs de montagne. Il est possible de prédire ses chances de réussite en fonction du climat local, de la date de destruction souhaitée et des espèces de couvert semées. Plus le couvert est développé, plus il est sensible au gel.

Attention : le salissement de la parcelle doit également être pris en compte. De nombreuses adventices ou repousses de blé sont assez peu gélives. Les couverts très gélifs vont disparaître dès les premières gelées blanches et stopper la concurrence sur les adventices.

Le roulage sur sol gelé

Le roulage des couverts par des températures négatives peut fonctionner en hiver : les blessures provoquées par le rouleau amplifient les effets du gel sur les plantes. Un roulage permet de garder le sol recouvert de résidus. Mais il peut occasionner des tassements du sol sous les roues du tracteur, en particulier si le sol n’est pas gelé sous le couvert. Le roulage effectué sur des petites gelées a une bonne efficacité sur de nombreuses espèces gélives, en particulier si elles sont bien développées.

A l’inverse, les couverts peu gélifs (graminées adventices ou repousses de blé) sont peu sensibles au roulage. En l’absence de gel, les résultats d’un roulage sont décevants sur quasiment toutes les espèces.

Assez rapide et peu coûteux, le roulage reste contraignant en termes d’organisation du travail : il faut être disponible les matinées ou les nuits où il va geler. Le gel peut également apparaître un peu tardivement, souvent en janvier ou février. Ce n’est donc pas bien adapté en vue de la mise en place de cultures de printemps précoces.

Le déchaumage : une option possible

Utiliser un outil de déchaumage peut permettre de détruire un couvert tout en préparant le lit de semences de la culture suivante. Cette stratégie conjugue coût et débit de chantier plutôt favorables. Les outils de ce type sont nombreux : déchaumeurs à disques indépendants, bêches roulantes, cultivateurs à deux ou trois rangées de dents… Même s’il est légèrement grossier, le travail effectué va s’affiner au cours de l’hiver sous l’action du climat. Il va également permettre d’avoir des terres qui ressuient plus rapidement au printemps.

Pour éviter toute mauvaise surprise, il faut veiller à travailler en bonnes conditions de ressuyage. On privilégiera donc les interventions d’automne, ou éventuellement en hiver sur sol gelé. Avec des outils à dents, le couvert sera plus ou moins enfoui selon la profondeur de travail. Des phénomènes de bourrage peuvent survenir en cas de couverts très développés. Un broyage préalable peut alors être nécessaire.

Les déchaumeurs à disques indépendants permettent de faire un mulchage des couverts. Les outils à grands disques sont bien adaptés, mais l’adaptation d’équipements comme un rouleau couteau améliore énormément l’efficacité des outils à petits disques. Les bêches roulants sont également très à l’aise dans les couverts, y compris avec de fortes végétations.

Le glyphomulch : un outil spécialisé

Le glyphomulch est un outil spécialement conçu pour la destruction des couverts. Il associe des lames, qui vont travailler superficiellement par scalpage, à un rotor animé. Celui-ci positionne le couvert en surface pour une destruction totale.

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7 commentaires 14 novembre 2017 par DOUREL

super commentaire martin .......je pense que VI doit être plus performant pour la culture du chanvre qu'il a du fumer avant de s'exprimer sur l'agriculture d'un autre siècle !!!!!

27 octobre 2017 par MARTIN

VI rigole ! Autant lui demander comment il vivait ? Terre battue, un point d'eau courante, l’électivité avec une seule ampoule, tirer les vaches à la main ! Le chiendent ? le quel ? celui à boule , Le colza ? uniquement pour l’huile, on le récoltait à la faucheuse et on perdait la moitié a séchage ! le tournesol coupée tête par tête ! chaque tête retournée sur un piquet pour sécher ! La lessive ? 2 fois par an ! La durée de vie ? 40 ans un max ! le blé à la lieuse, au gerbier puis à la batteuse, les sacs de 100kg sur l'épaule et au grenier ! Si cela te plait, va en Moldavie ou en Biélorussie et reste y, on y vit encore comme cela ! Il y a maintenant des avions, tu sais les trucs qui volent et pour 10Qt de colza (alors que tu en fais 50/ha sans transpirer, tu te payes un aller et retour ! A vivre seulement 40 ans et sans antibiotiques, sans la PAC, c'est vraiment la joie !!!

27 octobre 2017 par VI

et si on demandait à son papa comment on faisait sans le glyphosate, et même encore avant aux grand père sans les tracteurs ? ils se débrouillaient quand même avec le chiendent,les ravenelles,les chardons etc,,,,,seulement maintenant la PAC est passée par là et dicte aux agriculteurs comment ils doivent travailler, c'est surtout ça l’aberration

27 octobre 2017 par MARTIN

évidemment Carel ce n'est pas une attachée de préfecture sortant d'une IRA qui va vous renseigner. Au cout d’implantation d'une CIPA dans une SIE s'il faut rajouter le cout d'une destruction sans glyphosate, cela ne vaut plus le cout de suivre des autocrates sans aucune connaissance agronomique dans les délires de la réglementation de la PAC.

27 octobre 2017 par CREVAT

Arvalis ne peut pas rester aussi vague concernant l'utilisation du glyphosate, vu le tintamarre actuel concernant cette matière active et les produits qui en contiennent. L'institut des grandes cultures est concerné au premier chef par les itinéraires techniques à bannir, à modifier, à construire...Par ailleurs, promouvoir un mélange de produits, à l'heure où les procédures même d'évaluation de la toxicité des produits (en particulier concernant le glyphosate) sont critiquées, parait bien léger.

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