18 août 2016

Pomme de terre

Des solutions pour limiter les pertes de poids au stockage

Comment limiter les pertes de poids au stockage liées à l'évaporation de l'humidité des pommes de terre ? Présentation des solutions avec Michel Martin, Responsable conservation et équipements en pomme de terre chez ARVALIS - Institut du végétal.


Prendre des précautions dès la récolte

La première condition pour limiter les pertes d’humidité du tubercule est de ne pas le blesser lors de l’arrachage et de le laisser « se cicatriser » les premiers jours après la récolte.

La température extérieure lors de l’arrachage des pommes de terre est également essentielle : si les pommes de terres sont trop chaudes au moment d’entrer dans le bâtiment de stockage avec de l’air beaucoup plus frais, les pertes d’humidité seront importantes. En période chaude, il convient de privilégier les heures les plus fraîches de la journée pour récolter les pommes de terre. Il faut cependant éviter de travailler à des températures inférieures à 10°C.

Maintenir un taux d’humidité de l’air suffisant

Si l’air ambiant dans le bâtiment de stockage est trop sec, les échanges d’eau depuis les tubercules vers le milieu extérieur seront importants. Il est donc essentiel de vérifier que l’humidité de l’air ventilé (= hygrométrie) est satisfaisante, c'est à dire supérieure à 90 %, voire 95 %.

Plusieurs solutions existent pour assurer une bonne hygrométrie :
  automatiser le système de ventilation de manière à rechercher les heures les plus humides de la journée.
  recourir à « un groupe froid » travaillant en circuit fermé permettra de maximiser l’humidité de l’air ambiant du bâtiment de stockage.
  utiliser un système d'humidification d'air. Cependant, celui-ci ne doit en aucun cas favoriser la condensation à la surface des tubercules. Les gouttelettes du brumisateur doivent être les plus fines possibles afin de maximiser la surface d’échange avec l’air ambiant et accélérer leur vaporisation. A titre d’exemple, la brumisation d’un litre d’eau sous forme de gouttelettes de 1 micromètre donne une surface d’échange équivalente à un stade de football. La brumisation ne doit être mise en marche qu'une fois la phase de séchage achevée et seulement pendant les phases d'introduction d'air froid extérieur ou de fonctionnement du groupe froid.

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Commentaires
  • 19/09/2016MARTIN
    Bonjour, Il s'agit ici d'un cas très particulier d'un stockage je pense sans ventilation. Votre dalle étant située sous un hangar, le milieu ombragé et confiné du bâtiment a dû certainement la prémunir d'une déshydratation excessive. Une légère humidification est toujours possible mais en restant raisonnable pour que la craie puisse aussi jouer son rôle absorbant de l'humidité apportée par la terre adhérant aux tubercules et éviter des développements de pourriture. Ainsi pour un tas de 100 tonnes de tubercules rentrés avec une tare en terre humide de 10%, on peut déjà estimer qu'il faudra éliminer 2 à 3 m3 d'eau pour sécher les tubercules .... sans compter que les tubercules respirent beaucoup en début de conservation et dégagent beaucoup de gaz carbonique et de vapeur d'eau ...
  • 19/09/2016BOURDREZ
    Bonjour, Ma dalle de stockage de mes PDT de consommation bintje, est en craie, 1m50 d'épais. Au vu des 3 mois très sec, est-ce que je dois arroser ma dalle avant stockage ? Je n'ai pas de ventilation, je stocke sur environ 2m50, avec des petits ballots en surface, pour la lumière et pour le froid. Merci de votre éventuelle réponse.

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