Semoir monograines Vidéo

Maïs : vérifier le bon état du semoir monograine

24 février 2022

De l’entretien à la ferme jusqu’aux réglages à affiner au champ, retrouvez l’ABCDaire des vérifications à effectuer sur un semoir monograine.

Pour les cultures de printemps telles que le maïs, on dit souvent que le semis est l’opération la plus importante de l’itinéraire technique. Elle conditionne la mise en place non seulement d’une semence, mais aussi d’un engrais starter et  d’une protection insecticide.

Si on prend l’exemple d’un semoir à maïs de 6 rangs qui couvrirait 200 hectares ce printemps, il devra parcourir l’équivalent de 420 km linéaires et déposer le plus précisément possible environ 20 millions de graines. Pour réussir ce challenge, le semoir doit être en bon état et disposer des bons réglages.

Huit points de contrôle sont à vérifier à la ferme avant d’affiner les réglages au champ.

Au sommaire : - Premières vérifications à la ferme
- Et au champ

Premières vérifications à la ferme

L’aspiration

► Vérifier l’état général des courroies et leur bonne tension. Pour y parvenir, on utilisera un fréquencemètre ou les applications des fournisseurs. Se référer aux abaques des constructeurs pour toutes modifications.

► Faire fonctionner le semoir à vide et écouter des éventuels bruits anormaux, synonymes de problèmes, comme un roulement abîmé…

► Inspecter scrupuleusement l’état des tuyaux reliant les différents éléments semeurs à la turbine et les changer si nécessaire. Pour le cas des semoirs télescopiques ou repliables, les rangs situés aux extrémités sont plus particulièrement exposés.


Vérifier l’état des colliers de serrage des tuyaux d’aspiration.

► S’assurer que le déflecteur à poussière en sortie de turbine dirige le flux d’air vers le sol, à une hauteur comprise entre 20 et 30 cm.

► Veiller à la bonne conformité des protections de cardan

Les boîtes de distance

► Vérifier l’état des chaînes, des tendeurs, le bon alignement général et leur bonne lubrification.

► Vérifier l’état des barres hexagonales et des pignons utilisés en routine en les faisant tourner à vide.

► Pour les modèles à entraînement électrique de la distribution, vérifier l’absence de rouille sur les contacts, et l’état de la batterie pour les systèmes avec génératrice.

Le châssis

► S’assurer de la bonne distance entre les différents éléments semeurs et la corriger si besoin.

► Contrôler le jeu latéral des éléments semeurs et le bon serrage des brides de fixation.

► Vérifier le bon serrage pour le cas des attelages boulonnés.

► Pour les semoirs télescopiques, vérifier l’état des galets et des butées.

La distribution

► Après un nettoyage complet, vérifier l’état des disques de distribution, de l’éjecteur et des joints d’étanchéité (couronne en téflon). Numéroter chaque disque car il doit rester avec son élément semeur.

► Contrôler le bon état et le fonctionnement du sélecteur. ses dents ne doivent pas être usées pour ne positionner qu’une seule graine par trou sur le disque.


Adapter les disques de distribution et leurs sélecteurs à l’espèce semée.

► En cas d’utilisation d’un contrôleur de semis, souffler les capteurs de graines.

► Manipuler les trappes de vidange pour s’assurer du bon état des ressorts et éviter toute ouverture intempestive.

L’enterrage

► Vérifier l'état d'usure des roues de jauge, qui doivent être en contact avec les disques via l'ajustement du nombre des rondelles de calage.

► Vérifier le bon fonctionnement du balancier.

► Démonter les roues de jauge et vérifier l’usure des doubles disques : les disques neuf ont un diamètre de 15 pouces, soit 381 mm. Dès que leur diamètre est inférieur à 360 mm, il faut les changer.

► Contrôler l’état d’usure du soc ou de la pointe sillonneuse située entre les doubles disques. Quand cette pièce qui forme le sillon est usée ou cassée, la qualité du semis est dégradée (tableau 1)


Vérifier l’état d’usure de la pointe située entre les doubles disques.

Tableau 1 : Conséquences de l’usure de la pointe des doubles disques sur la qualité de semis

► On s’attardera également sur l’état du tube de descente de graines afin de vérifier l’absence de méplat.

► Lors du remontage des différentes pièces, s’assurer du bon réglage des décrotteurs de disques et de roue de jauge. Contrôler visuellement le bon alignement sillon/roue plombeuse/bloc tasseur.

Les fertiliseurs

► Vérifier la distance entre le coutre des fertiliseurs et la ligne de semis : elle doit être de 5 cm. Contrôler cette distance en avançant le semoir sur une surface dure (béton). Attention à suffisamment avancer pour que les éléments travaillent bien dans l’axe.

► Contrôler l’état général des trémies, la bonne rotation des axes et le type de vis de distribution.

► Vérifier la bonne étanchéité des tuyaux et l’absence de pincement et coude. Souffler les cyclones pour les semoirs équipés avec transport pneumatique. 

► Il est possible de vérifier à poste fixe les réglages correspondants à la dose de produit qu’on souhaite appliquer. Il faut, pour cela, récupérer l’engrais distribué en effectuant 25 tours de roues à la main, puis peser le produit récupéré. La dose par hectare est obtenue par un calcul simple (formule valable pour une circonférence de roue de 2 m, soit 50 mètres linéaires pour 25 tours) :
Dose d’engrais (en kg/ha) = 0,2 x quantité (en gramme) récupérée sur un rang / écartement entre rangs (en mètre)

► S’assurer que le débit d’engrais entre chaque rang n’excède pas 10 %.

Les microgranulateurs

► Vérifier la propreté des trémies recevant les microgranulés insecticides, mais également celle des vis sans fin.

► Inspecter l’étanchéité des tuyaux de descente et leur position sur l’élément semeur. Le type et la position des diffuseurs sur les éléments semeurs doivent être adaptés au produit insecticide utilisé.

► Comme pour les fertiliseurs, il est possible de vérifier à poste fixe les réglages correspondants à la dose de produit qu’on souhaite appliquer. Pour cela, on récupère les microgranulés insecticides distribués en effectuant 25 tours de roues à la main, puis on pèse le produit récupéré. La dose par hectare est obtenue par un calcul simple (formule valable pour une circonférence de roue de 2 m, soit 50 mètres linéaires pour 25 tours) :
Dose d’insecticide (en kg/ha) = 0,2 x quantité (en gramme) récupérée sur 1 rang / écartement entre rangs (en mètre)

► S’assurer que le débit entre chaque rang n’excède pas 10 %.

Les roues d’entraînement

Au niveau des blocs roues, on regardera l’état des chaines et leur bonne tension. On contrôlera également le crabot en tournant à la main une seule roue en marche arrière pour vérifier le cliquetis de la roue libre.

► Vérifier le bon état général des pneus, l’orientation des crampons (inverse d’une roue de tracteur) et leur bonne pression en se référant aux données du constructeur. Un sous gonflage provoque une surdensité de semis et vice-versa : un écart de pression de 100 g au niveau des roues entraîne un écart de 1000 graines semées par hectare !

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Et au champ

► L’aspiration : bien vérifier le régime de prise de force (info tracteur) ou le niveau de dépression au niveau de la turbine du semoir.

► Les boîtes de distance : après avoir choisi le rapport de pignons s’approchant le plus de la densité de semis souhaitée, vérifier la densité de semis réelle aux champs en comptant le nombre de graines total d’un rang sur plusieurs mètres linéaires (tableau 2). Pour ce faire, il suffit de relever un bloc tasseur via l’utilisation d’un tendeur par exemple.

Tableau 2 : Vérification au champ de la densité de semis réelle selon l’écartement entre rangs

Après comptage des graines semées sur la longueur correspondante à l’écartement entre rangs, il suffit de multiplier par 1000 pour obtenir la densité réelle semée.

► Le châssis : au niveau attelage sur le tracteur, réglez le talonnage pour que le châssis soit parallèle au sol. Au travail, celui-ci doit être à une hauteur permettant l’horizontalité des parallélogrammes.

► La distribution : le volet de contrôle permet de vérifier le nombre de graine par trou. Jouer sur l’agressivité des sélecteurs si besoin pour qu’il ne reste qu’une graine par trou après sélection. Attention, ce réglage est à refaire à chaque changement de variété.

► L’enterrage : vérifier la profondeur de semis et la modifier si nécessaire pour viser une plage comprise entre 4 et 5,5 cm pour du maïs. On contrôlera la bonne fermeture du sillon via un bloc tasseur adapté.
Lors du semis, les chasse-mottes ou chasse-débris doivent dégager la future ligne de façon superficielle, en évitant de faire des buttes entre les rangs.

► Les fertiliseurs : au champ, on réglera la profondeur d’enfouissement des éléments fertiliseurs.

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