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Risque de gel début montaison sur céréales Messagerie Champagne-Ardenne

Vague de froid : peu d’impacts à prévoir sur les céréales

15 avril 2021

Le thermomètre est descendu localement entre -4°C et -8°C sous abri dans les nuits du 5 et du 6 avril. Quelques éléments pour appréhender l’impact du froid sur les céréales.

Les relevés météorologiques de la station de Poix (15 km de Châlons-en-Champagne) permettent de suivre l’évolution des températures au cours des dernières nuits, heure par heure (figure 1). Deux gelées ont été enregistrées :
- la nuit du 5 au 6 avril, où le thermomètre sous abri affichait au minimum -4°C en milieu de nuit (entre 23 h et 2 h),
- la nuit du 6 au 7 avril, avec en moyenne -3°C entre 23 h et 5 h (et un pic à -4°C à 4 h).

Des gelées étaient également annoncées dans la nuit du 7 au 8 avril, mais les relevés sur la station de Poix sont rassurants avec une température supérieure à 2°C toute la nuit.

Figure 1 : Relevés horaires de températures du 5 au 8 avril 2021 à Poix (51)

Certains terroirs peuvent être cependant plus touchés, notamment en Haute-Marne où les températures ont pu descendre sous les -8°C sous abri (figure 2 et tableau 1).

Figure 2 : Températures minimales enregistrées sous abri du 5 au 7 avril 2021

Tableau 1 : Températures minimales relevées les 6 et 7 avril 2021 par station météo

(source : données ARVALIS / Météo France)

Que savons-nous de la tolérance au froid des céréales ?

Les céréales à paille possèdent une résistance au froid variable selon le stade de la culture :
• Au stade tallage, les céréales sont très résistantes et peuvent tolérer des températures de -12 à -20°C selon les espèces et variétés.
• A partir de de la montaison, les céréales deviennent davantage sensibles au froid (risque de gel de l’épi dans la tige). Les seuils d’alertes se situent entre -5 et -7°C au stade épi 1 cm.
• Au cours de la montaison, la sensibilité au gel des céréales augmente progressivement, jusqu’à arriver au seuil de 0°C lors de la méiose pollinique et la floraison. Plus l’épi est haut dans la tige, plus la sensibilité au gel est forte, avec destruction totale ou partielle de l’épi et des épillets.

Il est important de rappeler que le seuil de -5 /-7°C est un seuil d’alerte, et non un seuil de dégâts systématiques. Il a été revu par rapport aux publications historiques, mentionnant plutôt un seuil de -4°C à épi 1 cm. De plus, d’autres facteurs rentrent en compte : durée d’exposition au froid, humidité (le sec favorise la résistance).

Aujourd’hui, d’après le réseau Vigicultures® au 7 avril, les céréales d’hiver sont au début de la montaison : environ 50 % des blés et des orges d’hivers sont au stade épi 1 cm, et le reste est au stade 1 nœud (voire 2 nœuds pour les orges).

Les orges de printemps sont, quant à elles, au stade 2-3 feuilles. A ce stade, elles sont suffisamment résistantes au froid et peu de dégâts devraient être observées.

Gelées d’avril : 2021 vs 2017 et 2019Les coups de froid durant la montaison des céréales sont assez courants dans la région (2017 ou 2019 pour les cas les plus récents). Cependant, l’épisode de la semaine dernière marque quelques différences :
- il arrive plus tôt dans la campagne (en 2017, le gel avait sévi les 20-21 avril et en 2019, le 14 avril),
- il est moins intense (en 2019, les situations proches de -7°C étaient plus fréquentes),
- il intervient sur des céréales moins avancées physiologiquement (en 2017 et 2019, les blés étaient à 1-2 nœuds et les orges d’hivers entre 2 nœuds et dernière feuille).
Les risques de dégâts cette année sont donc assez faibles pour les céréales, sachant que les dégâts étaient peu fréquents en 2017 et 2019 avec des conditions plus défavorables. Il n’est pour autant pas improbable que quelques dégâts ponctuels soient observés dans les zones les plus froides (fonds de vallée, bords de haie et versants nord) ou en avance.

Des conséquences faibles sur céréales dans notre région

Au regard du stade et des caractéristiques du froid, et avec le recul de 2017 et 2019, il convient de relativiser les conséquences de ce coup de froid sur les céréales. De notre point de vue :
• Les blés tendres d’hiver devraient présenter relativement peu de dégâts, comme les orges d’hiver (hormis les parcelles en avance et localement dans les zones les plus froides).
• Les orges semées au printemps ne devraient pas présenter de dégâts, hormis foliaires (extrémité des limbes qui se nécrosent).
• Les orges de printemps semées à l’automne sont les céréales les plus sensibles selon le stade physiologique des plantes.

Rappelons également que l’implantation des cultures a été bonne, favorisant un tallage correct (3-4 tiges en moyenne à plus de 3 feuilles, les plus susceptibles de monter à épis), ce qui permet de relativiser un gel d’épi sur le maître-brin.

De plus, au sein d’une parcelle, toutes les tiges ne présentent pas la même sensibilité au gel car elles ne sont pas au même stade. En effet, les talles secondaires sont à des stades moins avancés que le maître-brin ; en cas de conditions hydrique et azotés favorables, elles peuvent compenser des pertes d’épis par le gel.

Dans tous les cas, les dégâts seront à évaluer d’ici une quinzaine de jour par observation de l’évolution des tiges (jaunissement et régression) et de l’état des épis dans les gaines, lorsque les conditions climatiques auront permis aux céréales de repartir.

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