En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Pomme de terre

Des risques d'attaque de rhizoctone brun

16 mai 2012

Un temps frais, humide favorise les attaques de rhizoctone brun car il retarde la levée des plantes et allonge par conséquent la période d'exposition de la plante aux attaques sur les germes. Le non-respect d'un délai de retour de 5 ans minimum entre deux pommes de terre sur une même parcelle est un facteur aggravant.

Le rhizoctone brun est une maladie qui provoque des dommages variés à différents stades du cycle de végétation de la pomme de terre et dont l’agent responsable est un champignon du sol, Rhizoctonia solani. Ce pathogène est présent également sur d’autres espèces cultivées comme le maïs et la betterave. Le plant et le sol contaminés constituent les principales sources d’inoculum de la maladie.

Conditions de développement

Le rhizoctone brun de la pomme de terre est favorisé par un climat frais et humide après plantation, ainsi que par tous les autres facteurs qui retardent la levée des plantes (et donc augmentent la période de sensibilité de la plante aux attaques sur les germes) : plantation profonde, précoce, en sol froid, avec un plant non germé ou non réchauffé.
Les rotations courtes sont un facteur aggravant les attaques, de même qu’un long délai entre le défanage et la récolte.

Description des symptômes en végétation

En début de végétation, l’attaque de R. solani se traduit par des levées irrégulières ou tardives des plantes : les organes présents dans le sol peuvent présenter des taches brunes plus ou moins profondes et les tissus sont nécrosés par l’invasion mycélienne (photo 1). En cas d’attaque sévère, les plants ne lèvent pas.

Si l’attaque est plus tardive, la base des tiges est touchée, entraînant un port caractéristique de la plante (photo 2) : enroulement, bord violacé des feuilles et jaunissement (voire dessèchement) du feuillage suite à une mauvaise circulation de la sève.

Ce défaut d’alimentation peut se traduire aussi par la présence de petits tubercules regroupés à la base de la tige ou bien de tubercules aériens se développant à l’aisselle des feuilles (photo 3).

En période de forte humidité, un manchon de mycélium blanchâtre est facilement observable à la base des tiges, c’est la phase de croissance active et de reproduction sexuée du champignon (photo 4).

Description des symptômes sur tubercules

L’incidence de ce champignon sur tubercule est variable, polymorphe et dépendante du stade de tubérisation durant lequel intervient l’attaque.

Une attaque en début de tubérisation peut entraîner un ensemble de symptômes caractéristiques sur tubercule :
• des déformations, entailles ou crevasses et altérations superficielles de la peau (liège ou desquamation) rappelant des symptômes de gale commune en liège. Dans ce cas, c’est principalement la qualité de présentation qui fera défaut ; le grossissement du tubercule ne sera pas nécessairement entravé ;
• des sclérotes, symptômes les plus caractéristiques en fin de cycle. Lorsque les conditions du sol ne lui sont plus favorables, le champignon entre dans sa phase de conservation, en formant à la surface des tubercules des amas mycéliens noirs (photo 5). Bien que superficiels, ils persistent à la surface du tubercule, même après lavage ;
• le symptôme de « dry-core » peut également être observé (bouchons liégeux bruns de quelques mm de diamètre qui se forment au niveau des lenticelles sans progresser dans la chair (photo 6)).

Préconisations

En complément d’un traitement des plants et ou du sol, quelques précautions sont à prendre :
- privilégier des rotations longues (au moins 5 ans), en cohérence avec les autres espèces cultivées sur la parcelle ;
- planter en sol réchauffé pour homogénéiser et accélérer la levée ;
- utiliser des plants sains et réchauffés ;
- limiter le délai entre le défanage et la récolte (3-4 semaines maxi) ;
- éliminer les résidus de culture, les repousses et les adventices.

Symptômes en végétation de rhizoctone brun sur pomme de terre

symptome sur la partie aerienne de rhizoctone brun sur pomme de terre

Photo 1 : Nécroses brunes sur bas de tiges (X. RIQUIEZ / COMITE NORD)
Photo 2 : Enroulement des feuilles (Y. LE HINGRAT / FNPPPT)
Photo 3 : Tubercules aériens (B. JOUAN / INRA)
Photo 4 : Manchon blanchâtre (X. RIQUIEZ / COMITE NORD)


Symptômes sur tubercules de rhizoctone brun sur pomme de terre

sclerotes dues au rhizoctone brun sur les tubercules de pomme de terre

Photo 5 : Sclérotes de R. solani (X. RIQUIEZ / COMITE NORD)
Photo 6 : Dry core (Y. LE HINGRAT / FNPPPT)

Guillaume BEAUVALLET, Cyril HANNON et Elise VANNETZEL (ARVALIS - Institut du végétal)

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant