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L’humidité de la terre à surveiller avant passage de la moissonenuse Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Un tassement plus important des sols est-il à redouter cette année ?

02 août 2018

Lors des chantiers de récolte, le sol est habituellement suffisamment ressuyé pour que le passage des machines n’entraîne pas trop de tassement. Pascale Métais, spécialiste de la structure du sol chez ARVALIS, attire l’attention sur le fait que les conditions humides du printemps pourraient être un facteur de risque.

Perspectives Agricoles : Quels sont les risques de tassement à la récolte ?

Pascale Métais : Un tassement du sol peut se produire en surface mais également en profondeur, selon le niveau d’humidité des différents horizons et la charge à la roue. Un tassement superficiel se matérialise par des ornières. En l’absence de trace visible en surface, un tassement en profondeur est souvent plus difficile à identifier et surtout à corriger.
À la récolte, le premier passage est celui qui entraîne le plus de dégâts. Le tassement sera moindre lors des passages suivants : circuler deux fois au même endroit avec une benne à moitié pleine tasse moins qu’un passage avec une benne remplie.


P.A.
: Comment limiter les tassements du sol ?

P.M. : En premier lieu, il est important d’avoir une bonne idée de l’état d’humidité jusqu’à 20 ou 30 cm de profondeur. Une structure friable témoigne d’une faible humidité.
Une structure « plastique », modelable, correspond à une humidité plus importante, le risque de tassement est alors plus élevé.
La première mesure préventive pour limiter les tassements est de rationaliser la circulation des matériels. En cas de sol humide, il faut éviter autant que possible de faire entrer les bennes dans les parcelles, leur poids étant élevé et leurs pneumatiques le plus souvent configurés pour la route. À poids égal, un nombre d’essieux plus important réduira la profondeur de tassement. En second lieu, il convient de ne pas attendre que la trémie de la moissonneuse soit pleine pour la décharger, dans l’objectif de limiter le poids de la machine. Bien connaître l’état d’humidité du sol est donc un préalable pour optimiser le temps de travail en adaptant les pratiques à chaque parcelle. Enfin, réduire la pression des pneumatiques limitera les tassements de surface.


P.A. : En cas de tassement, quelles mesures correctives appliquer ?

P.M. : Après la récolte, évaluer la situation est un préalable avant toute autre intervention, en particulier sur les parcelles les plus à risque. Des outils tels que le « test bêche » ou encore le « mini profil de sol » peuvent s’avérer très utiles. Si le tassement n’est pas trop profond, il sera possible de le résoudre avec le travail du sol. De même, une régénération naturelle peut se produire en sols argileux si l’été est sec, par les phénomènes de retrait et de gonflement.
En cas de tassement profond, des mesures spécifiques seront à prendre. À moins de 10 cm de profondeur, le travail du sol habituel peut encore agir. Un déchaumage profond pourra aussi être envisagé. Entre 15 et 25 cm, un labour, ou un décompactage en conditions friables, sera nécessaire. Au-delà de 25 cm, le décompactage risque d’être plus difficile à réaliser du fait de la puissance requise et de la nécessité d’un sol suffisamment ressuyé, ce qui n’est pas toujours possible avant l’hiver. Il sera alors utile d’utiliser l’action racinaire des plantes d’un couvert afin d’assécher plus vite le sol en vue d’un décompactage ultérieur. Si ce n’est pas réalisable ou en cas de travail du sol simplifié, une culture d’hiver avec un système racinaire développé sera moins sensible au tassement qu’une culture de printemps. Une luzerne, présente deux ans, réduira progressivement le tassement.
Par ailleurs, un sol humide à la récolte facilitera l’implantation d’un couvert.

Pour accéder à l’ensemble du numéro, rendez-vous sur le site de Perspectives Agricoles.

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