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Tâche sur la gaine à la base d’une tige de blé tendre en Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Un risque piétin verse amoindri en raison des levées tardives

14 mars 2019

Les cumuls de températures très largement supérieurs aux normales depuis le début de campagne dans notre région sont un facteur favorable au développement du piétin verse sur blé tendre. Mais pour une installation pénalisante du champignon et sa progression rapide vers le cœur des tiges, la quantité de pluies en phase hivernale a également un rôle déterminant. Dans ce contexte climatique, les retards de levées qui ont marqué l’année permettent, aujourd’hui, d’atténuer le risque vis-à-vis de ce pathogène.

Une maladie du pied inféodée à la parcelle

Le risque piétin verse est largement déterminé par l’histoire agronomique de la parcelle. L’observation de piétin verse par le passé, un retour fréquent du blé et en particulier une succession blé sur blé, une date de semis précoce associée à une variété sensible sont autant de facteurs favorables à la maladie.

Cette maladie dont les symptômes se localisent uniquement en bas des tiges, engendre généralement peu de dégâts surtout si les conditions de remplissage sont favorables. Les attaques précoces peuvent cependant fragiliser la tige et entraîner une verse parasitaire précoce, ce qui complique la récolte et provoque des pertes de rendement parfois importantes associées souvent à une dégradation de la qualité.

Variétés résistantes : pas d’intervention à prévoir

Le levier variétal est le moyen de lutte le plus efficace et le plus économique contre le piétin verse : si la note CTPS est supérieure ou égale à 5, aucun traitement anti-piétin n’est à envisager !

Figure 1 : Echelle de résistance des variétés de blé tendre au piétin verse – Echelle 2018/2019

Source : ARVALIS – Institut du végétal

Pour les autres variétés : une grille pour évaluer le risque parcellaire

Le risque d’attaque par le piétin verse est fonction du niveau de tolérance de la variété, du potentiel infectieux selon le précédent et le travail du sol, du type de sol. Le climat est également un facteur de risque déterminant. Ce dernier est estimé au stade épi 1 cm grâce au modèle TOP.

Figure 2 : Grille d'évaluation du risque piétin verse

Source : ARVALIS - Institut du végétal

Que dit le modèle TOP dans la région ?

Quelle que soit l’année, les semis les plus précoces sont souvent plus vulnérables à des attaques de piétin verse. Pour une même zone géographique, la valeur de l’indice TOP pour ces situations est donc régulièrement plus élevée que celle des semis plus tardifs. Au regard des cartes 1 à 3, la campagne 2019 ne fait pas exception. A noter toutefois que l’indice TOP est calculé à partir de la date de levée estimée par le modèle. Si la date estimée est plus précoce que la date réelle de levée, le modèle peut surestimer le risque climatique. Ce cas est fréquent cette année, mais il ne doit pas faire oublier les parcelles semées précocement qui ont pu, dans des zones globalement sèches à l’automne, bénéficier de pluies d’orage pour leur levée, et pour lesquelles la vigilance reste de mise.

En cas de risque moyen (d’après la grille), les parcelles doivent faire l’objet d’observations régulières entre le stade épi 1 cm et 2 nœuds.

Cartes 1 à 3 : Valeurs de l’indice TOP (risque climatique) en fonction de la date de semis

Indice TOP < 30 : risque faible ; Indice TOP entre 30 et 45 : risque moyen ; Indice TOP > 45 : risque élevé

En Auvergne, le risque climatique est moyen pour le nord de l’Allier, quelle que soit la date de semis. Il est faible ailleurs.

En Ile-de-France, le risque TOP est proche de 30 pour les semis tardifs, entre 30 et 45 pour les semis intermédiaires, proche de 45 pour les semis précoces. Dans le réseau BSV cette semaine, une seule parcelle est signalée avec 5 % de pieds touchés (Fructidor semée le 12 octobre, en précédent betterave à Choisy-en-Brie - 77).

En région Centre-Val de Loire, le risque climatique actuel est globalement moyen pour les semis précoces et faible pour les semis tardifs.

Le stade épi 1 cm n’étant pas encore atteint pour toutes les situations, ces risques pourraient légèrement augmenter en cas de précipitations importantes dans les prochains jours, en particulier pour les semis précoces d’Ile-de-France et du Centre-Val de Loire.

Suivez l’évolution de ces indices dans les Bulletins de Santé du Végétal.

En cas de risque moyen, l’observation est une aide efficace

Pour les variétés avec une note CTPS < 5 : observez à partir du stade « épi 1 cm » au moins 40 tiges (maîtres-brins) prélevées dans l’ensemble de la parcelle.

- Si moins de 10 % des tiges sont atteintes (< 4 tiges / 40), pas d’intervention à prévoir.
- Entre 10 et 35 % de tiges atteintes : la rentabilité est incertaine. Un traitement peut s’avérer utile sans que l’on puisse à ce stade garantir sa rentabilité qui sera fonction du climat, de la nuisibilité finale de la maladie et du prix des produits employés.
- Si 35 % ou plus des tiges sont atteintes ( 14 tiges / 40), un traitement contre le piétin verse s’impose. A réaliser rapidement, avant le stade 2 nœuds.

En cas de risque/attaque significative de piétin verse, adapter son programme

Figure 3 : Complément de programme proposé pour adapter son programme septoriose en cas de piétin verse

Eviter d'intervenir 2 fois par campagne avec les mêmes matières actives ou spécialités.
(1) Solution à éviter si une spécialité à base de prothioconazole est déjà inclue dans le programme prévu.

Retrouvez toutes nos préconisations dans le guide Choisir & Décider régional.

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