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Cultures intermédiaires et mauvaises herbes Cultures intermédiaires

Un outil à maîtriser pour contrôler les adventices

16 août 2018

Pour limiter l’enherbement pendant l’interculture, la conduite des cultures intermédiaires doit faire l’objet de toutes les attentions. Différents paramètres sont à prendre en compte pour que le couvert puisse avoir un effet bénéfique sur la gestion des adventices.

Une culture intermédiaire peut limiter les germinations d’adventices à l’interculture. En revanche, la couverture du sol pendant cette période réduit les possibilités d’intervention. Un risque de grenaison d’adventices, voire du couvert, peut exister, en particulier lorsque les adventices sont déjà bien installée lors du semis du couvert.

La technique du faux-semis est également plus difficile à mettre en œuvre. De ce fait, la réduction du stock semencier à l’interculture sera moindre qu’en sol nu régulièrement travaillé. Il peut aussi arriver que le couvert devienne lui-même une adventice dans la culture suivante. C’est pourquoi la gestion d'une culture intermédiaire doit être soignée.

Pour mieux appréhender cette problématique, ARVALIS - Institut du végétal a suivi l’enherbement des parcelles dans trois essais de longue durée, et conduit des essais annuels spécifiques.

A l'interculture, les conditions météo importent plus que l’espèce

Trois ans de comparaisons d’espèces de couvert révèlent qu’il existe de grandes disparités de densités d’adventices et de repousses en fonction de l’année. En 2011, les parcelles sans couvert apparaissent plus sales que toutes les autres modalités. A contrario, en 2012, plusieurs espèces de couvert (vesce du Bengale et radis fourrager par exemple) présentent des densités d’adventices plus élevées que le sol nu. En moyenne, quel que soit le type de plantes, les cultures intermédiaires ont réduit significativement la densité des repousses (figure 1). Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les espèces. Les couverts les plus efficaces pour limiter les adventices varient aussi d’une année à l’autre : moutarde blanche non fertilisée et vesce du Bengale en 2010, moutarde blanche fertilisée, radis et phacélie en 2011. 

Figure 1 : Densité des adventices et repousses (en plantes/m2) à l’interculture en fonction du type de couvert (suivis réalisés entre 2010 et 2012)

Des lettre différentes traduisent des écarts significatifs au seuil de 5 % (test de Newman Keuls).

Le développement du couvert explique davantage les différences de salissement. En 2010 et  2011, l’enherbement diminue avec l’importance de la biomasse du couvert. Plus celui-ci s’implante rapidement, plus il limite efficacement les repousses.

Attention aux adventices de « 100 jours »

Autre point à prendre en compte, le cycle des adventices en présence. Très peu d’espèces indésirables sont en mesure de réaliser l’intégralité de leur cycle de développement dans une culture intermédiaire. Elles doivent pour cela avoir un cycle très court (« espèces de 100 jours ») et être capables de produire des graines viables malgré des sommes de températures assez faibles. Seuls le séneçon vulgaire, la véronique de perse et les pâturins réunissent ces caractéristiques.

Ce sont surtout les adventices non détruites lors du semis de la culture intermédiaire qui risquent de produire des graines viables avant la destruction du couvert. Par conséquent, pour le couvert comme pour la culture qui suit, il est nécessaire de semer sur un sol propre.

Des effets limités dans le temps

Avec des pratiques de désherbage chimique classique, les différences de salissement entre couvert et sol nu ne sont cependant plus visibles dans la culture suivante, quelle que soit la stratégie de travail du sol (figure 2).

Par contre, les effets du travail du sol sont beaucoup plus prononcés : les adventices sont moins nombreuses dans la culture suivante après un labour par rapport à un travail superficiel ou un semis direct.

Figure 2 : Impact de la gestion de l’interculture sur la densité d’adventices dans la culture suivante (suivis réalisés entre 2011 et 2015)

Le déchaumage a lieu avant implantation des couverts, qui sont détruits par labour ou glyphosate selon les modalités. En cas de risque de grenaison, les adventices présents dans les modalités sol nu ont pu être détruites mécaniquement ou chimiquement avant la date de destruction des couverts.

Les couverts, à conditions d’être suffisamment développés et semés sur un sol propre, peuvent contribuer à gérer les adventices susceptibles de lever pendant la période de présence du couvert. Par contre, il n’ont pas ou très peu d’effet sur la flore qui lève à une autre période, notamment en culture (figure 3). Ces conclusions ont été également vérifiés sur une large gamme de couverts (cultures intermédiaires, couverts associés) et de cultures dans le cadre du projet de recherche COSAC (ANR-15-CE18-0007) au travers de plusieurs essais conduits par l’INRA, Terres Inovia et ARVALIS.

Figure 3 : Densité d’adventices par espèces à l'interculture (à gauche) et dans la culture suivante (à droite) en fonction de la gestion de l’interculture (essai de St Georges du bois (17) en 2016)

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2 commentaires 19 août 2018 par GIRARD

Le chénopode blanc entre -t-il dans la catégorie des adventices de "100 jours" ?Dans une mauvaise levée de couverts à cause du sec ,il arrive à prendre le dessus.

18 août 2018 par GUESDON

Le problème quand doit on semer ces couverts?Cette année même en profitant de l'humidité residuelle aussitôt récolte, la sécheresse ne permet pas une mousse correcte voire une levée catastrophique. Une fois de plus nous allons retrouver les seventies dans les cultures de printemps

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