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Semis de blé tendre dans le centre en 2019 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Semis de céréales à paille : les options encore possibles avant le printemps

05 décembre 2019

Depuis octobre, les conditions climatiques n’ont laissé que peu de créneaux aux chantiers de semis. Après l’accalmie des derniers jours, les précipitations sont de retour. Quelles possibilités reste-t-il en céréales à paille avant le printemps ?

Un automne 2019 très pluvieux

Depuis fin septembre, il pleut de façon continue dans notre région, avec pour certains secteurs des quantités très excédentaires.

En réduisant la phase de croissance et d’installation de la culture en hiver et en augmentant le risque d’échaudage et de déficit hydrique en fin de cycle, un semis très tardif se traduit par une diminution du potentiel de rendement. Cette diminution sera d’autant plus marquée dans les sols superficiels. Elle peut être atténuée par le recours à l’irrigation pour assurer l’alimentation en eau en fin de cycle et/ou des conditions favorables aux cultures en cours de campagne. Le choix d’une variété plus précoce permet de réduire le risque de perte de potentiel.

A contrario, la qualité d’implantation joue un rôle essentiel dans le potentiel final (profondeur d’enracinement). Des semis en bonnes conditions (sur gel et/ou sols ressuyés) en décembre pour les blés tendres et à partir de mi-janvier pour les blés durs et orge de printemps seront plus favorables que des semis « forcés » dans de mauvaises conditions.

Carte 1 : cumuls des pluies (mm) du 1er octobre 2019 au 25 novembre 2019

Carte 2 : écarts à la moyenne  des pluies (mm) du 1er octobre 2019 au 25 novembre
période de référence 1999 - 2019

Quelles variétés de blé tendre sont encore possibles ?

Les recommandations

Lorsqu’une variété non alternative ou tardive est semée trop tard, deux types de risques sont encourus :

- un risque de ne pas monter à épis. Pour éviter ce risque, il faut tenir compte de la note d’alternativité des variétés avant de semer. Cette note donnée à l’inscription par le GEVES permet de caractériser le besoin en jours vernalisants d’une variété. La vernalisation est, pour rappel, un processus indispensable pour passer de l’état végétatif à l’état floral (et donc d’avoir des épis !). Elle est acquise par la plante après une exposition à des températures basses (optimum entre 3°C et 11°C). Les variétés dites très hiver auront besoin de 60 jours vernalisants tandis que les variétés alternatives auront besoin de 15 jours.

- un risque d’échaudage de fin de cycle plus important. Pour minimiser ce risque, basculer vers des variétés plus précoces est conseillé. Il faut donc être attentif à la précocité épiaison des variétés.

En pratique 

Il reste difficile de changer de variétés au dernier moment. Les semences sont déjà chez les agriculteurs depuis septembre !

En décembre, il est possible de semer tous les types d’alternativité des variétés sans risque de ne pas avoir d’épis. Toutes variétés de blé tendre de précocité épiaison raisonnable (supérieure ou égale à 6.5) et d’alternativité supérieure ou égale à 2 peuvent encore être semées.

En revanche, à partir de janvier, les ajustements de précocité / alternativité seront nécessaires.

Tableau 1 : choix variétal en zone Centre / Ile de France / Auvergne

A quelle densité semer ?

En retardant la date de semis, on diminue la durée du tallage et donc son intensité. Il faut donc compenser ce défaut en augmentant progressivement la densité de semis avec le retard pris. Toutefois, il est inutile de trop augmenter la densité. Les densités moyennes « objectifs » (blé tendre) peuvent être plafonnées à 380 grains semés en sols superficiels et 350 grains en sols plus profonds. Si les conditions d’implantation sont défavorables (sols très motteux, collants), on pourra majorer ces valeurs au maximum de 10 %.

Sur-densifier ne sert à rien car au-delà de ces densités le peuplement sur le rang devient trop dense.

Pour en savoir plus, consultez les préconisations de densités dans les guides Choisir et décider.

Quelles interventions prévoir ?

Pour ces semis tardifs, le risque cicadelle sera évidemment nul, le risque pucerons très limité (en particulier si les températures restent basses). Les limaces seront en revanche à surveiller de près, les levées étant très lentes à cette période et les préparations de semis motteuses.

Côté désherbage, le fait de semer si tard, surtout derrière labour, va limiter les infestations de graminées adventices. Pour les parcelles ne présentant pas de résistances avérées aux antigraminées de sortie d’hiver, il est possible d’attendre la sortie d’hiver pour intervenir. Par contre, en cas de résistances aux produits de sortie d’hiver, il est recommandé d’intervenir avec un herbicide racinaire en saisissant les opportunités à venir : passage en prélevée à la place de la postlevée, créneaux sans vent… Attention toutefois, à la qualité de semis, en particulier aux graines mal enterrées, aux fortes amplitudes thermiques et à des épisodes de pluies importants.

Nous ferons un point en sortie d’hiver sur les adaptations à apporter aux interventions de printemps pour ces semis tardifs (fonction des stades atteints, des conditions climatiques…).

Que dire des orges de printemps semées à l’automne ?

Il est raisonnable d’arrêter les semis à présent et d’attendre de meilleures conditions de semis à partir de la mi-janvier. Les orges de printemps semées à l’automne sont bien plus sensibles à la qualité d’implantation que les blés. A cette date, le « bénéfice date de semis » par rapport à un semis de printemps est moindre alors que le risque d’être aux stades les plus sensibles (pointant, 1 feuille) lors de l’arrivée du froid courant janvier est élevé.

Notre conseil : reporter vos semis et profiter d’opportunités en fin d’hiver. Si vous souhaitez semer malgré tout, ne désherbez pas la culture pour ne pas la fragiliser.

Et pour le blé dur ?

Comme pour l’orge de printemps, les semis de blé dur sont toujours possibles courant décembre, cependant des semis tardifs sur le début de l’hiver augmentent le risque d’apparition des stades sensibles (pointant → 1 feuille) lors de l’arrivée du froid. Il est aujourd'hui préconisé d’attendre des créneaux favorables sur le début d’année. Dans ce cas, le plus tôt est le mieux, pourvu que l’implantation soit de qualité (optimale entre le 1er et le 25 février).

Si vos semis sont décalés sur la fin de l’hiver ou même au début du printemps, nulle nécessité d’adaptation variétale, le blé dur est une culture de printemps, c’est-à-dire qu’il n’a aucun besoin de vernalisation à l’inverse de la majorité des variétés de blé tendre. Toutes les variétés sont donc adaptées à cette conduite, mais certaines sont plus performantes que d’autres en lien avec leur précocité à maturité et leur capacité à produire un nombre d’épis/m² suffisant (tallage).

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