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Maïs fourrage

Trois clés pour optimiser la conservation

09 août 2011

Méthode naturelle de conservation des fourrages à la ferme, l’ensilage met en œuvre des bactéries lactiques qui transforment des glucides solubles en acide lactique, en milieu humide et en l’absence d’oxygène. Tant que l’anaérobiose est maintenue, l’abaissement du pH empêche l’activité néfaste d’autres microorganismes. Pour réussir la conservation de son ensilage, trois clés : maîtriser le hachage, le tassement et le front d’attaque.

Bien tasser le silo de maïs ensilage est l'un des éléments essentiels pour réussir la converastion de ce fourrage.

Première clé de la réussite de l’ensilage du maïs fourrage : la bonne finesse du hachage. Les particules doivent être assez longues pour favoriser la mastication des ruminants mais assez fines pour faciliter le tassement du silo et la conservation. Le tamis secoueur est un outil efficace pour juger cette finesse. Les gros morceaux de 20 mm sont indésirables. Ils gênent le tassement, donc la conservation du maïs, et provoquent des refus à l’auge, entraînant une baisse de consommation des vaches. La présence de plus de 1 % de gros morceaux (soit le contenu d’un gobelet pour un seau de 10 litres) traduit un défaut de réglage ou d’entretien de l’ensileuse.

Sommaire : 

 ►10 % de particules moyennes à l’auge
 ►Enfermer le moins d’air possible
 ►Pas forcément de conservateur
 ►La confection du silo : un seul objectif, la bonne conservation

10 % de particules moyennes à l’auge

Les particules moyennes de 10 mm sont en revanche indispensables car elles font ruminer les bovins. Il en faut 10 % à l’auge. Dans les secteurs où le maïs ne se dessèche pas facilement (bordure maritime du Nord-ouest, notamment), il est possible de monter à 15 ou 20 % de particules moyennes. Toutefois, moins celles-ci sont nombreuses, meilleur est le tassement, surtout si la teneur en matières sèches (MS) du maïs dépasse 35 %. Dans le cas d’une mélangeuse à couteaux, des mesures effectuées en Vendée (FDCUMA 2004) montrent que l’ensilage de maïs perd en 5 minutes un tiers de ses particules moyennes. Si une machine agressive est utilisée pour la reprise, mieux vaut viser à la récolte 15 % de particules moyennes plutôt que 10 %, sachant que les mélangeuses à pales ont moins d’effet sur la taille des particules. Autre élément lié à la finesse de hachage, l’attaque des grains. Les grains laiteux (maïs à moins de 27-29 % de MS) n’ont qu’à être fendus pour que leur digestion soit assurée.

Les grains majoritairement pâteux (entre 28 et 33 % de MS) doivent être coupés, afi n de rendre l’amidon farineux accessible aux bactéries du rumen. L’amidon vitreux des maïs à plus de 32 % de MS a besoin d’être fractionné : c’est le rôle des éclateurs de grains disponibles sur la plupart des machines.

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Enfermer le moins d’air possible


Seconde clé d’un bon ensilage : le tassement, qui permet d’enfermer le moins d’air possible dans le silo. Plus le maïs fourrage est récolté vert et humide, moins le silo tassé conserve de porosité, et plus vite l’oxygène retenu dans le silo est consommé par la respiration du végétal et l’activité microbienne. A 30 % de MS, environ 1 litre d’air est enfermé par kilo de matière sèche. Les bonnes fermentations se déroulent sans délai. Mais à plus de 35 % de MS, l’air enfermé dans le silo représente 3 à 5 litres par kilo de matière sèche. Il faut beaucoup plus de temps pour épuiser l’oxygène (3 à 5 jours). Pendant ce délai, les bonnes fermentations lactiques ne démarrent pas, mais les levures et moisissures se multiplient. Si le silo est bien hermétique, grâce à une bâche plastique bien posée et bien protégée, leurs activités ralentissent, et le silo cesse de s’échauffer. Mais, plus tard, en présence d’air (trou dans la bâche, front d’attaque), les dégradations reprennent de plus belle.


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Pas forcément de conservateur

Les ensilages de maïs n’exigent pas, en général, l’incorporation de conservateur. Pour un ensilage à plus de 40 % de MS, il est toutefois possible de mélanger aux 20 derniers centimètres un conservateur « anti-moisissures » tel que l’acide propionique (liquide). L’adjonction de sel en surface n’est pas très efficace contre les moisissures : cette pratique sert plutôt à limiter la multiplication des bactéries butyriques dans des zones de condensation à la périphérie des silos.

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La confection du silo : un seul objectif, la bonne conservation

La troisième clé de réussite est liée au front d’attaque. Dans le silo de maïs fourrage, c’est surtout à ce niveau que les pertes interviennent, pendant l’utilisation de l’ensilage. Pour éviter les échauffements, il est nécessaire d’avancer le front du silo plus vite que la reprise des fermentations, soit d’en moyenne de 10 cm par jour en hiver et de 20 cm au printemps et en été. La propreté à la récolte est par ailleurs essentielle. La terre apportée par les roues des tracteurs et des remorques est une source de spores butyriques. Pour éviter ce risque, préférez les silos en sol bétonné ou les silos « boudins » et les zones de circulation proches du silo en terrain stabilisé (empierrement, sols goudronnés…).

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