Septoriose sur blé Gestion des résistances

Fongicides sur céréales à paille : téléchargez la note commune INRAE / ANSES / ARVALIS 2022

10 février 2022

Retrouvez dans cette note l’état des résistances aux fongicides utilisés pour lutter contre les maladies des céréales à paille et les recommandations pour limiter leur développement en 2022.

Helminthosporiose de l’orge : la résistance aux strobilurines se stabilise en 2021 ?

Du côté des orges, la proportion de souches d’helminthosporiose résistantes aux SDHI reste très élevée (80 %) et affecte sévèrement l'efficacité de cette famille de fongicides. Quant à la résistance aux strobilurines (QoI), elle semble se stabiliser en 2021 à une fréquence moyenne d'environ 60 %, après une progression brutale en 2020 (70 % contre 30 % les années précédentes). Mais ce résultat reste à confirmer en 2022, le nombre d'échantillons analysés en 2021 étant faible, faute de maladie.

Pour éviter de sélectionner davantage des souches présentant une résistance multiple, le recours à un mélange trois voies QoI+SDHI+IDM* doit être rigoureusement limité aux situations où l’helminthosporiose est très difficile à contrôler, en particulier sur variétés sensibles. De même, il convient de toujours associer les SDHI à des fongicides efficaces présentant d’autres modes d’action.

Septoriose du blé : les résistances progressent lentement

Du côté des blés, la fréquence de souches de septoriose dites MDR (pour Multi Drug Resistance), qui présentent une résistance croisée à plusieurs modes d’action, se stabilise depuis 2019 : elles représentent un peu plus d'une souche sur quatre. En parallèle, l'occurence et la fréquence des phénotypes résistants aux SDHI continuent de progresser en 2021, pour atteindre 21 % (contre 18 % en 2020). Au vu des mutations concernées, cette fréquence encore modérée ne semble pas impacter l’efficacité des traitements qui contiennent des SDHI. Cependant, la prévention de cette résistance est plus que jamais de rigueur et des stratégies adaptées doivent être mises en place pour ralentir sa sélection autant que possible. 

Dans un contexte d’érosion de plus en plus prononcée de l’activité au champ des triazoles d’ancienne génération, leur efficacité relative s’avère dépendante de la structure des populations de septoriose présentes localement. Leur activité reste régulièrement (mais pas systématiquement) insuffisante, y compris lorsque plusieurs triazoles sont associés entre eux.

Fusariose de l'épi : une résistance faible à moyenne se confirme

Vis-à-vis de la fusariose des épis, des souches de Fusarium graminearum, Microdochium majus et Microdochium nivale prélevées entre 2001 et 2020 ont fait l'objet d'analyses de résistance en 2021. Ces analyses ont confirmé la diminution de la sensibilité de ces trois espèces fongiques au tébuconazole et au prothioconazole au cours des vingt dernières années. Une distribution continue de la sensibilité des souches a été observée pour chaque espèce, suggérant qu’une large diversité de phénotypes faiblement à moyennement résistants est présente dans les populations.

Pour rappel, la lutte contre les fusarioses doit être envisagée en priorité via l’utilisation de variétés résistantes, aujourd’hui bien caractérisées vis-à-vis de F. graminearum. Le recours au labour ou à des techniques culturales qui favorisent la décomposition des résidus, en particulier de maïs, s’avèrent plus efficaces qu’un traitement fongicide. Des outils d’évaluation des risques agronomiques et climatiques doivent faciliter la prise de décision.

Sur blé comme sur orge :  un seul SDHI par saison

La recommandation de limiter à une seule application par campagne l'utilisation des SDHI (y compris les traitements de semences revendiquant une action sur les maladies foliaires) est maintenue, sur orge comme sur blé. Il convient également de les associer à des partenaires efficaces pour limiter la pression de sélection vis-à-vis de ce mode d’action.

Devant la multiplication des résistances sur blé, une protection fongicide ne doit intervenir que si strictement nécessaire et le maintien de fongicides multisites dans les programmes (folpel, soufre) participe à la diversification des modes d'action.

Pour connaître l’état des résistances et les recommandations associées, maladie par maladie, téléchargez la note commune INRAE / ANSES / ARVALIS 2022.

Les recommandations formulées dans cette note visent en première intention à limiter la pression de maladie en encourageant le recours à la prophylaxie, aux variétés résistantes et aux outils d’aide à la décision, pour limiter le recours aux traitements et leurs effets non-intentionnels.

(*) IDM (Inhibiteur de DéMéthylation) : famille de fongicides dont les triazoles sont les principaux représentants.

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