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Septoriose sur blé Gestion des résistances

Fongicides sur céréales à paille : Téléchargez la note commune INRAE / ANSES / ARVALIS 2020

13 février 2020

Retrouvez dans cette note l’état des résistances aux fongicides utilisés pour lutter contre les maladies des céréales à paille et les recommandations pour limiter leur développement en 2020.

A l’issue de la campagne 2019, les résistances de l’helminthosporiose de l’orge aux SDHI et de la septoriose aux triazoles gagnent encore du terrain en France. Dans ce contexte, le recours à des fongicides multisites (chlorothalonil, folpel, mancozèbe, soufre) dans les programmes de protection devient stratégique. Ils permettent de maintenir un niveau de protection acceptable tout en ralentissant le développement des résistances.

La recommandation de limiter l'utilisation des SDHI à une seule application par saison est maintenue, sur orge comme sur blé.

Helminthosporiose de l’orge : un compromis entre efficacité et sélection de résistance

Du côté des orges, la proportion de souches d’helminthosporiose résistantes aux SDHI reste très élevée (70 %). Quant à la résistance aux strobilurines (QoI), elle semble stabilisée à une fréquence de l’ordre de 30 % de souches. L’efficacité des SDHI est sévèrement affectée au point de s’avérer parfois moins élevée que celle apportée par une strobilurine. Il est donc toujours recommandé d’associer les SDHI avec des fongicides efficaces présentant un autre mode d’action. Mais le recours généralisé à des mélanges triples (SDHI + IDM* + QoI), s’il renforce significativement l’efficacité sur l’helminthosporiose de l’orge, accentue la sélection de phénotypes multirésistants aux SDHI et aux QoI. Un tel mélange trois voies doit être rigoureusement limité aux situations où l’helminthosporiose est la plus difficile à contrôler, en particulier sur variétés sensibles.

Septoriose du blé : les résistances progressent

Du côté des blés, les souches de septoriose dites MDR (pour Multi Drug Resistance), qui présentent une résistance croisée à plusieurs modes d’action, continuent lentement de progresser et représentent à présent plus d'une souche sur quatre (contre 14 % l'an dernier). L'occurence et la fréquence des phénotypes résistants aux SDHI a également augmenté en 2019, pour atteindre 13 %. Si cette faible fréquence ne devrait pas impacter l'efficacité des SDHI en 2020, la prévention de cette résistance est plus que jamais de rigueur.

Devant la multiplication des résistances sur blé, la protection au stade 1-2 nœuds (T1) n'interviendra que si strictement nécessaire et le maintien de fongicides multisites dans les programmes (chlorothalonil, folpel, mancozèbe, soufre) représente un enjeu stratégique, à la fois pour maintenir un niveau de protection acceptable et ralentir la progression des résistances.

Pour connaître l’état des résistances et les recommandations associées, maladie par maladie, téléchargez la note commune INRAE / ANSES / ARVALIS 2020.

Les recommandations formulées dans cette note visent en première intention à limiter la pression de maladie en encourageant le recours à la prophylaxie, aux variétés résistantes et aux outils d’aide à la décision, pour limiter le recours aux traitements et leurs effets non-intentionnels.

Rappelons que la résistance a pu conduire par le passé à renforcer les doses d’utilisation des solutions mises en œuvre, à multiplier les applications, ou encore à recourir à des mélanges de plus en plus complexes associant deux, voire trois molécules. Pour cette raison, le développement de populations résistantes augmente les coûts de production et nuit potentiellement à la santé et à l’environnement. Observer la résistance et formuler des recommandations adaptées pour en retarder l’émergence ou la progression contribue positivement à une agriculture durable et moins dépendante aux produits phytopharmaceutiques.

(*) IDM (Inhibiteur de DéMéthylation) : famille de fongicides dont les triazoles sont les principaux représentants.

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9 commentaires 17 février 2020 par MAUFRAS

Une précision par rapport au commentaire sur le retrait du chlorothalonil. C’est au niveau de l’Europe (EFSA) que la décision a été prise, au travers des données toxicologiques de la molécule qui ne répondaient pas aux nouveaux critères pour être réhomologuée. L’Anses n’y est pour rien, tout comme les syndicats. Pour info, même la Grande Bretagne, le plus gros utilisateur du chlorothalonil, va malgré le Brexit, le retirer de son marché.

15 février 2020 par PORCHER

Bravo à nos politiques et à nos syndicalistes qui ont laissé les incompétents de l'ANSES nous retirer le Chloro.

14 février 2020 par LEBAILLY

Des stocks à écouler...

14 février 2020 par LEBAILLY

Des stocks à écouler...

14 février 2020 par LEBAILLY

Des stocks à écouler...

14 février 2020 par MAUFRAS

Pour répondre à la question du FRAC Le FRAC signifie FUNGICIDE RESISTANCE ACTION COMMITEE, c’est une classification proposée par l’ensemble des sociétés phytosanitaires pour l’ensemble des produits fongicides sur toutes cultures. Nous aurions pu l’utiliser et communiquer en numéro de code pour chaque famille chimique. Nous avons préféré garder les noms en clair par exemple : SDHI plutôt que groupe 7 pour les Succinate Dehydrogenase Inhibitors. Cela dit, rien n’est définitif, peut-être passerons-nous un jour sur la classification FRAC ou sur une autre comme celle de l’INRAE du groupe R4P. https://osf.io/9kj8r JY Maufras Arvalis

14 février 2020 par MAUFRAS

Pour répondre à l’utilisation du chlorothalonil. Effectivement, la note commune indique que le chlorothalonil peut être préconisé en T1 dans les situations avec de la septoriose sur blé et dans les cas où la ramulariose est présente sur orge. C’est effectivement la dernière année d’utilisation de cette molécule dans l’UE. Son utilisation reste possible jusqu’au 20 mai 2020 et, il peut donc sans problème, être positionné en T1. Après cette date, toutes les spécialités contenant du chlorothalonil vont avoir le statut de PPNU et il appartient à l’agriculteur, en tant que détenteur, d’éliminer ses produits non utilisables via un service de collecte. Donc rien de comique, pour ceux qui possèdent encore du chlorothalonil dans leur local phyto. JY Maufras Arvalis

14 février 2020 par GUINCHARD

Pourriez vous me dire pour quelles raisons vous n'utilisez pas la classification FRAC dans le tableau de classification des molécules à la fin de la note commune ? merci

14 février 2020 par TAMBOISE

Préconiser l'utilisation du chlorotalonil qui va être interdit en mai 2020 est d'un grand comique....

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