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Ravageur sur un épi de blé tendre : un zabre adulte Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Taupins et zabre : rester vigilant

23 octobre 2019

Nathalie Robin, spécialiste de la lutte contre les ravageurs chez ARVALIS, attire l’attention sur les possibles effets du retrait de l’imidaclopride dans la protection contre les taupins et le zabre des céréales. Ces ravageurs du sol affectent les jeunes plants à l’automne et/ou à la reprise de végétation.

Perspectives Agricoles : Quelles conséquences attendre du retrait de l’imidaclopride ?

Nathalie Robin : Principalement utilisé contre les pucerons et les cicadelles, l’imidaclopride pouvait également limiter les premiers dégâts de taupins et de zabres à l’automne. Dans certaines situations, la présence de ces ravageurs a pu être masquée par l’action de ce traitement de semences. Son interdiction sur céréales à paille est effective depuis les semis de l’automne 2018. En l’absence de toute autre protection insecticide sur les semences, des dégâts de taupins ou de zabres ont pu être observés sur des parcelles a priori non affectées les années antérieures.


P.A. : Les attaques de ces deux insectes sont-elles récurrentes ?

N.R. : Les situations sont différentes pour chacun de ces ravageurs. Les larves de taupin restent plusieurs années dans le sol avant d’atteindre le stade adulte. Le risque s’étend donc sur plusieurs campagnes culturales. Cependant, il n’y a pas forcément de dégâts tous les ans car l’activité de ces larves est très variable, notamment selon la température du sol, elle-même liée aux conditions climatiques.
A contrario, les larves du zabre des céréales ont un développement dans le sol beaucoup plus court, de septembre à mai. Leur présence dépend de l’attrait des parcelles pour les adultes à la recherche de nourriture et de lieux de ponte en été.


P.A. :
Les moyens de lutte disponibles sont-ils efficaces ?

N.R. : Il n’existe pas de traitement insecticide permettant de diminuer les populations larvaires de taupins pendant le cycle de la culture. Face à une population installée, la lutte s’appuie sur quelques pratiques culturales et sur la protection insecticide des semences. Les pyréthrinoïdes - téfluthrine et cyperméthrine - contiennent les attaques à l’automne et, plus partiellement, celles du printemps.
Vis-à-vis du zabre, les leviers agronomiques peuvent être complétés par un traitement des semences à base de téfluthrine. Des insecticides contenant de la deltaméthrine sont autorisés en végétation contre le zabre qui sort de son terrier pour se nourrir des feuilles. L’efficacité de ces insecticides est plus aléatoire.


P.A. :
Que faut-il donc faire pour lutter contre ces ravageurs ?

N.R. : La surveillance des cultures est importante, même si très peu de leviers sont disponibles en cours de campagne. Des mesures préventives seront à mettre en œuvre avant les nouveaux semis et à poursuivre, les années suivantes, selon le ravageur. Elles devront être étendues si nécessaire aux parcelles voisines, également à surveiller. Il s’agit donc de bien identifier le responsable des dégâts pour adapter les leviers agronomiques et, le cas échéant, orienter le choix du traitement de semence. Cette identification doit avoir lieu avant la disparition totale des plantes afin de reconnaitre les symptômes, bien caractéristiques pour le zabre, ou de rechercher ces insectes lorsqu’ils sont actifs sur les plantes ou à leurs pieds. Une détection en sortie d’hiver sera plus difficile, les pertes de plantes pouvant provenir d’autres bioagresseurs. A l’automne, la surveillance des pucerons et des cicadelles peut être mise à profit pour repérer d’éventuels dégâts de taupins ou de zabres. Certains facteurs de risques comme le type de sol, l’assolement ou l’itinéraire cultural, variables selon le ravageur, peuvent orienter le choix des parcelles à surveiller plus attentivement.

Pour accéder à l’intégralité du numéro, rendez-vous sur le site de Perspectives Agricoles.

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