En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Surveillance des parcelles de blé Messagerie Pays de la Loire

Surveiller les pucerons dès la levée des céréales

05 novembre 2020

Maintenant que les céréales sont en cours de levée, la vigilance est de mise vis-à-vis des pucerons d’automne. La douceur qui se maintient appelle à la surveillance des parcelles pour intervenir si nécessaire.

La météo pluvieuse depuis la mi-septembre n’a laissé qu’une courte fenêtre pour les semis. Ils se sont déroulés en grande majorité durant la deuxième décade d’octobre, ce qui en fait une campagne de semis relativement précoce et groupée.

Avec la douceur, les levées sont rapides : les semis de la mi-octobre sont désormais bien levés. Si la pluie perturbe les vols de pucerons, la douceur toujours au rendez-vous appelle à la surveillance des parcelles pour ne pas systématiser les interventions et intervenir à bon escient. Dès la levée, il faut aller voir vos parcelles.

Des pucerons en activité dès que le temps est doux

La vie des pucerons est fortement conditionnée par le climat, et plus particulièrement par les températures journalières. Ainsi, la multiplication des individus est d’autant plus importante que les températures sont élevées. C’est la raison pour laquelle nous recommandons de ne pas semer avant les périodes recommandées. Avoir en tête certains seuils, bien qu’indicatifs, est utile pour identifier les périodes propices à l’observation des pucerons et estimer l’évolution des populations.

• A partir de 12°C environ, les individus ailés peuvent reprendre le vol. Une migration vers des parcelles indemnes de colonies est ainsi possible. L’absence de pluie est d’autant plus favorable aux vols.

• Avec des températures inférieures à 3°C, les pucerons ne sont pas actifs mais ils peuvent survivre ! Au laboratoire, le seuil de mortalité significative est bien plus bas : entre -5 et -12°C en fonction des espèces.

• Si les précipitations limitent les nouvelles arrivées d’ailés dans une parcelle, elles affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dès lors que les températures restent douces.

Figure 1 : Températures et précipitations moyennes enregistrées de septembre à octobre 2020 sur la station météo d’Angers (comparaison aux températures moyennes des 10 dernières années).
Nb : l’analyse sur d’autres postes météo de la région donne la même tendance.

Dans la région, la température médiane sur 10 ans permet des vols jusqu’à début novembre.

En 2020, après un mois de septembre chaud, les températures d’octobre sont inférieures à la médiane mais sont restées toutefois suffisantes la majorité du temps pour permettre des vols d’ailés et la multiplication des aptères.

Le retour de la douceur depuis le 20 octobre est favorable à l’activité des pucerons alors que les plantules de céréales sont désormais présentes dans les parcelles.

L’observation des parcelles est primordiale !

Sur jeune plante, les pucerons sont assez facilement visibles sur les feuilles à condition de respecter quelques règles pour l’observation :

Quand ? Privilégiez si possible les conditions ensoleillées, durant les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi). Tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses, les pucerons sont beaucoup plus difficiles à voir car ils sont souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules.

Où ? Privilégiez les zones à risque de vos parcelles, proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs…

Comment ? Recherchez la présence de pucerons sur des séries de 10 plantes (plusieurs lignes de semis).

Il est recommandé d’intervenir uniquement dès lors que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons ou quand la présence de pucerons est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours. Ne pas négliger cette deuxième partie de la règle de décision : le séjour prolongé des pucerons a été largement responsable des attaques observées l’an dernier. Cela signifie qu’en cas de présence durable des pucerons (hivers doux), il faut ré-intervenir sur les parcelles (quand la portance du sol le permet), la persistance d’action des traitements foliaires étant de l’ordre de 10 jours.

Les pièges chromatiques (jaunes comme les cuvettes jaunes ou plaques engluées) peuvent donner une idée des vols de pucerons mais sans spécificité pour les pucerons à risque pour les céréales. Ils ne donnent aucune indication concernant la fréquence de plantes habitées dans la parcelle, qui reste le seul indicateur pertinent pour l’analyse de risque. Ils permettent d’alerter pour engager la surveillance des parcelles. Autrement dit, l’observation précoce de pucerons sur ces pièges peut aider mais elle ne se substitue aucunement à l’observation de pucerons sur plantes.

Vous n’êtes pas seul à observer ! Consultez les publications du Bulletin de Santé du Végétal.

En résumé• La surveillance commence dès la levée et ne s’arrête pas à la mi-novembre !

• Appliquer un insecticide en végétation uniquement lorsque les seuils de décision sont atteints. L’application systématique d’insecticides sans prise en compte du risque réel et dans des conditions d’efficacité non optimales est de nature à engendrer plus rapidement l’apparition de résistances ;

• Ne pas traiter trop tôt (il n’y a pas d’action préventive des insecticides appliqués en végétation), si la situation le nécessite, une application tardive est mieux valorisée qu’une application trop précoce.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10