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Blé tendre

Surveiller les pucerons des épis jusqu’au stade grain pâteux

20 mai 2020

Les pucerons des épis peuvent engendrer des pertes de rendement du blé si les conditions sont favorables à leur pullulation. L’observation est donc de mise pour surveiller les populations et traiter si nécessaire. Rappels de la biologie de ce ravageur et des insecticides autorisés pour s’en protéger.

Le puceron des épis (Sitobion avenae) attaque principalement la culture de blé tendre. Des facteurs climatiques favorisent son développement. Un hiver doux permet la conservation d’individus parthénogénétiques sur les repousses de céréales (blé et orge) et autres graminées sauvages. La phase sexuée, avec conservation de l’espèce sous forme d’œufs, en cas d’hiver froid, n’a jamais vraiment été observée en France.

Le maintien des pucerons sur les plantes en hiver leur permet de former des individus ailés dès le début du printemps pour coloniser les cultures. Sitobion avenae peut ainsi coloniser avant l’épiaison les feuilles des blés en cohabitation avec deux autres espèces de pucerons, Rhopalosiphum padi et surtout Metopolophium dirhodum qui reste le plus fréquent sur feuilles. La nuisibilité des pucerons sur feuilles n’a pas été démontrée. Et la colonisation du feuillage semble indépendante de celle des épis.

Sitobion avenae peut coloniser directement les épis

Au printemps, les ailés colonisent les blés, pondent des larves aptères, qui vont donner des adultes, tous des individus femelles. Ceux-ci vont pondre à leur tour des larves et ainsi de suite… ; c’est la reproduction par parthénogénèse qui peut conduire en quelques jours à des pullulations de plusieurs dizaines d’individus sur chaque épi colonisé. C’est ainsi que l’on constate des infestations par foyer. Quelques épis peuvent porter déjà bon nombre de pucerons alors que la plupart des plantes alentours ne sont pas encore infestées.

Sitobion avenae occasionne des dégâts par ses piqûres : il prélève la sève élaborée des plantes pour détourner à son profit une partie des éléments nutritifs. Les pucerons utilisent les acides aminés de la sève pour leur croissance, mais pas les sucres, constituant l’essentiel de la sève, d’où le rejet sous forme de gouttelette de miellat.
Le poids des grains est le plus affecté, mais des pullulations précoces peuvent aussi provoquer l’avortement de grains.

Observer ses parcelles après l'épiaison

Des conditions climatiques, agronomiques et biologiques interviennent dans l’apparition de pullulations. Les inter-relations entre ces conditions sont complexes et exigeantes au regard des pullulations qui restent rares (la dernière pullulation généralisée sur le territoire remonte au printemps 2004).

A défaut de pouvoir prédire le risque de pullulation avec certitude, l’observation des parcelles reste la meilleure solution.

Les pucerons étant insérés à la base des épillets, l’épi peut être « manipulé » en début de colonisation sans crainte de faire tomber les quelques pucerons qui restent bien accrochés à l’épi.

Traiter si un épi sur deux est colonisé

Le seuil de traitement, au-delà duquel un développement rapide des pucerons peut engendrer des dégâts, a été défini simplement en comptant le nombre d’épis portant des pucerons.

Un traitement insecticide est recommandé lorsqu’un épi sur deux est colonisé par au moins un puceron entre l’épiaison et le stade « grain pâteux ». La plupart du temps, ce seuil n’est pas atteint et la population de pucerons présente sur les plantes ne se développe pas (régulation naturelle). A ce seuil, un traitement est efficace avec la plupart des produits pyréthrinoïdes.

Plus d’une vingtaine de spécialités insecticides sont autorisées pour lutter contre le puceron des épis (voir tableau 1). Avant de choisir un insecticide, il faut également vérifier le Délai Avant Récolte (DAR) minimal, en jours, entre l’application du produit et la récolte, pour s’assurer que ce délai pourra être respecté.

Tableau 1 : Insecticides homologués vis-à-vis des pucerons des épis

(1) Microsphères dissoactives
(2) Retrait d’homologation en cours, commercialisé jusqu’au 27 septembre 2019, utilisation autorisée jusqu’au 27 septembre 2020.
(3) Changements mineurs de formulation permettant le mélange avec bore
(4) Les pailles de céréales traitées ne doivent pas être utilisées en alimentation animale

Les abeilles ne butinent pas les fleurs de céréales à paille. De fait, la mention abeille concerne seulement la période de production de miellat (= exsudats) par les pucerons, fonction du niveau d'infestation.

Pulvérisation : viser 150 l/ha minimum

Les traitements sur épis sont toujours délicats car l’épi est un organe vertical difficile à couvrir avec un pulvérisateur à rampe horizontale. De nombreux essais ont été réalisés sur fusariose des épis et la problématique est la même que sur pucerons : pour assurer une efficacité correcte, il faut maximiser la couverture de l’épi. On peut donc faire une analogie entre les résultats obtenus sur fusariose et les préconisations à faire sur pucerons des épis, d’autant plus que les produits agissent par contact dans les deux cas.

Dans les différents essais sur fusariose, trois facteurs ont été étudiés : le volume de bouillie, le type de buse et l’ajout ou non d’adjuvant rétenteur.

Sur le volume de bouillie, 150 l/ha est le minimum à respecter pour assurer une couverture optimale de l’épi, et ce, quel que soit le type de buse utilisé ou l’adjuvant extemporané.

Différents types de buses ont été testés, notamment les buses à double-fente. Même si ces buses ont révélé une augmentation significative de la couverture de l’épi, elles n’ont pas engendré une meilleure efficacité ou une augmentation de rendement par rapport à des buses à simple fente. Cependant, un agriculteur équipé aura tout intérêt à les utiliser, ne serait-ce que pour augmenter la rétention de produit sur l’épi. Dans ce cas, attention à bien utiliser des buses à injection d’air double-fente et non pas des buses à fente classique double-fente. Ces dernières engendrent deux jets trop fins, trop sensibles à la dérive et au bouchage. Quant au fait de passer en aller et retour à demi-dose, ce ne sera pas plus concluant que des buses double-fente et cela représente du temps et du carburant en plus : cette technique est à proscrire.

Enfin, différents adjuvants rétenteurs ont été testés et aucun n’a pour le moment montré un intérêt, quels que soient le volume appliqué et le type de buse utilisé.

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