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Comptage de limaces dans une parcelle de blé début décembre 2020 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Surveiller les limaces dans les céréales

10 décembre 2020

Les limaces profitent des conditions météo favorables, provoquant de nombreux dégâts dans les céréales. Pour les pucerons, pluie et froid freinent enfin leur activité.

Un mois d’octobre favorable, des températures douces, supérieures à 10°C et une humidité matinale en novembre : tout est propice aux attaques de limaces sur les parcelles.

Actuellement, les modèles d’ARVALIS situent le risque limaces à un niveau très important. Les précédents paille et colza sont les plus impactés. Certaines parcelles ont été tellement ravagées qu’un resemis a été réalisé.

Figure 1 : Risques limaces sur Auch à l’automne 2020

En noir, le risque en 2020, en rouge celui de 2019 (qui était déjà important).

Côté pucerons

Les températures moyennes étant inférieures à 10°C, les vols de pucerons (et aussi de cicadelles) sont interrompus. Toutefois, la multiplication des pucerons dans les plantes colonisées peut continuer avec des températures supérieures à 5°.

Figure 2 : Evolution des températures et des précipitations depuis le 1er octobre à Montans (81)

L’observation des pucerons devient bien plus compliquée avec le froid et la pluie. Si l’observation n’est pas possible dans les conditions requises : prélever une vingtaine de plantes à différents endroits (traverser la parcelle en diagonale) et les enfermer dans un sac de plastique transparent placé près d'une source de chaleur. En cas de présence de pucerons, les insectes seront très rapidement visibles sur les parois du sac.

Un traitement insecticide sur les parcelles non protégées peut être envisagé quand 10 % des plantes sont colonisées par au moins un puceron et/ou que les insectes sont présents plus de 10 jours sur la parcelle.


Photos 1 et 2 : pucerons sur orges - L. Boutet (ARVALIS)

Comprendre les contaminations automnales

Trois catégories d’acteurs sont présentes à l’automne : les virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), les pucerons (les vecteurs du virus) et les céréales (les victimes du virus).

- Phase 1 : la contamination des parcelles par l’arrivée de pucerons ailés en provenance de zones refuges (couverts de graminées, repousses de graminées en cours de destruction par exemple). Ces vols sont possibles à partir de 12°C environ. L’absence de pluie est d’autant plus favorable aux vols. Même si elles ont des ailes, les femelles ailées ont aussi un vol passif : le rôle du vent est très important. Plusieurs pucerons peuvent être vecteurs de la JNO, l’espèce Rhopalosiphum padi est globalement la plus fréquente (variations régions et années).
Cette année, les vols ont été possibles de fin octobre à fin novembre.

- Phase 2 : les ailés qui sont porteurs de virus de la JNO vont le transmettre aux plantes en les piquant pour se nourrir (dans le phloème). Le virus transmis va descendre dans les racines et s’y multiplier.

- Phase 2 bis : Les ailés en profitent aussi pour se reproduire et donner une descendance sans ailes. Ces aptères sont indemnes de virus à leur naissance. C’est en piquant, pour se nourrir, sur la plante où ils sont nés, plante infectée par leur mère qu’ils peuvent eux-mêmes devenir virulifères et vecteurs.

Figure 3 : Conditions climatiques influençant les ailés, les aptères et les virus

- Phases 3 : le développement des aptères dans la parcelle va être dépendant des conditions de températures. Plus il fait doux, plus il est important. Avec des températures inférieures à 3°C, les pucerons ne sont pas actifs mais ils peuvent survivre !

En laboratoire, le seuil de mortalité significative est bien plus bas : entre -5 et -12°C en fonction des espèces. Les pluies affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dans les parcelles dès lors que les températures restent douces.

- La durée de vie d’un puceron ailé est de l’ordre de 5 à 7 jours.

- Un aptère peut vivre 15 à 20 jours à 20°C. Sa durée de vie est d’environ deux mois à 10°C.

Pour plus d’information, consultez le webinaire « JNO » disponible en replay. 

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