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Pustules de rouille jaune sur une feuille de ble Rouille jaune du blé tendre

Surveiller de près les variétés les plus sensibles en zone à risque !

16 février 2012

En 2007-2008, les tous premiers foyers de rouille jaune,  étaient observés fin janvier et avaient été largement signalés au cours de la première quinzaine de février. Ce début de campagne, comme 2007-2008, est marqué par des températures particulièrement douces et laisse craindre, à juste titre, des épidémies de rouilles et en premier lieu, de rouille jaune. Les premiers symptômes ou foyers sont signalés dans l'Eure et Loir et le Pas de Calais. La vague de froid qui a envahi la France pourra-t-elle  remettre les compteurs à zéro ?

Les hivers doux et humides favorables à la rouille jaune

Les travaux américains de Coakley et Line1 ont établi une corrélation entre l’intensité des attaques de rouille jaune et les températures sur certaines périodes du cycle de la culture. La température de 7°C est considérée par les chercheurs comme  la température  optimale pour la germination des spores et pour la sévérité des attaques.  Elle est par conséquent utilisée comme base pour cumuler des degrés-jour négatifs et positifs et estimer le risque rouille jaune. Celui-ci est d’autant  plus important que les températures restent proches de 7°C, c’est à dire douces en décembre et janvier2 et fraîches d’avril à juin3.

La conjugaison de ces variables de températures et d'une analyse fréquentielle des conditions de températures donne, pour notre territoire, une carte de risque rouille jaune (Figure 1 : Carte du risque rouille jaune sur blé tendre, élaboré à partir du modèle de Coakley & Line). Les régions littorales Ouest et Nord présentent sans surprise les risques les plus élevés. Il faudra donc surveiller très tôt les variétés sensibles dans ces régions.

Parallèlement, les sorties du modèle Yello (Figure 2 : Comparaison interannuelle des indices de risque Yello pour un semis de blé tendre du 15 octobre  à Abbeville) placent l’année 2011-2012 sur la trajectoire de 2006-2007 et 2007-2008. Il faudra donc être particulièrement vigilant cette année et commencer la surveillance très tôt.

Les températures négatives peuvent-elles annuler le risque ?

Si les températures restent supérieures à -10°C, l’inoculum de rouille jaune parvient à survivre sur les feuilles infectées. Les pustules en surface du limbe sont, il est vrai, particulièrement exposées aux températures négatives, mais le mycélium à l’intérieur des tissus survit aussi longtemps que la feuille qui l’héberge. Il est donc susceptible de produire de nouvelles pustules lorsque le temps se radoucit. L’inoculum se maintient donc, dans sa globalité, mais bien sûr sans progresser.

Mais le pire n’est jamais sûr !

Au-delà des besoins en températures de la période hivernale, la rouille jaune a aussi besoin d’hygrométrie. De l’eau libre (rosée, pluie) est en effet nécessaire pour assurer la germination des urédospores. En l’absence de rosée (ou de pluie), le développement de l’épidémie sera ralenti, voire interrompu. Il faudra donc considérer l’effet de l’hygrométrie, notamment en fin d’hiver début de printemps. Les jeux ne sont donc pas encore faits et la pluviométrie en mars et avril aura son mot à dire.


Reconnaître et surveiller  la rouille jaune

Sur feuilles, la rouille jaune se présente sous forme de pustules en strie qui suivent les nervures. Mais en hiver, à des stades jeunes de la céréale, les pustules peuvent se présenter de manière isolée et être confondues avec la rouille brune. Par ailleurs, sur des feuilles âgées, les pustules deviennent particulièrement denses et peuvent perdre le caractère d'alignement qui les distingue habituellement. 


Quelles sont les variétés à surveiller en priorité ?

Les variétés à surveiller sont : As de Coeur, Aubusson, Boregar, Brentano, Dialog, Ephoros, Nogal, Orvantis et surtout Alixan, Altigo, Chevron, Goncourt, Hysun, Manager, Toisondor, Trapez (Tableau 1 : Classement des variétés de blé tendre en fonction de la sensibilité à la rouille jaune et niveau de risque).


1 Stella Melugin Coakley and Roland F. Line, 1981, Quantitative Relationships Between Climatic Variables and Stripe Rust Epidemics on Winter Wheat. The American Phytopathological Society, Vol. 71, No. 4, 1981
 2 Corrélation négative entre la pression de maladie et le cumul de dégré/jour négatif en base 7°C entre le 1er décembre et le 31 janvier : ∑ (7°C –Tmoy)
3 Corrélation négative entre la pression de maladie et le cumul de dégré/jour positif en base 7°C  entre le 1er avril et le 30 juin. : ∑ (Tmoy –7°C)



Claude MAUMENE, Gilles COULEAUD, Jean Yves MAUFRAS,Vincent BOONE, Philippe DU CHEYRON (ARVALIS - Institut du végétal)

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