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Actions correctives de l’état structural du sol Décompaction

Structure du sol : les actions à suivre pour corriger un tassement

06 août 2020

Les implantations de l’automne et de l’hiver derniers ont été souvent réalisées dans des conditions humides et ont pu dégrader la structure du sol. S’il y a effectivement des tassements, et pour éviter de pénaliser la prochaine culture, il peut être utile de mettre en place des actions correctives à l’interculture. L’action régénératrice du climat et de l’activité biologique est variable selon le type de sols et prend généralement plusieurs années. Un travail du sol peut alors s’imposer.

Avant toute action corrective, un bon diagnostic de la situation est indispensable pour évaluer l’ampleur des tassements (voir article « Quatre méthodes pour diagnostiquer l’état structural du sol  »). Attention toutefois, l’interprétation peut être difficile lorsque le sol est très sec.

Si l’observation montre que l’état structural est favorable, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de zones compactes ou tassées, aucune restructuration n’est nécessaire. Par contre, si l’observation met en évidence la présence de tassements, trois critères sont à prendre en compte pour définir les actions correctives à prévoir :
- l’exigence de la culture à venir vis-à-vis de l’état structural du sol, 
- l’intensité du tassement, 
- la profondeur concernée par le tassement.

Si les deux premiers critères déterminent le besoin de restructurer le sol (tableau 1), le troisième oriente le choix de l’outil à utiliser et la profondeur de travail (tableau 2).

Les cultures sensibles au tassement nécessitent une restructuration dès lors qu’un tassement est visible, même si la régénération naturelle a commencé. Par contre, pour les cultures peu sensibles, telles que le blé, la régénération du sol n’est nécessaire que si le tassement est sévère et le sol hydromorphe (tableau 1).

Tableau 1 : Nécessité de régénération en fonction de l’intensité du tassement et de la sensibilité des cultures

Tableau 2 : Type de travail à prévoir et les outils à utiliser selon la profondeur concernée par le tassement

Afin de conserver de l’humidité dans le sol pour la culture ou le couvert à suivre, il vaut mieux privilégier un outil qui bouleverse le moins possible et qui permet de refermer tout de suite le travail. Pour tous les outils à dents, la pointe de la dent doit passer 5 à 10 cm en dessous de la couche tassée pour que celle-ci puisse être fissurée sur toute la surface. Sinon, des zones tassées vont persister entre les dents, comme sur la photo ci-dessous.


Si la dent du décompacteur ne passe pas sous la zone compactée, il reste des blocs compacts.

Intervenir sur un sol friable avec un décompacteur

Si le labour peut se faire dans une gamme d’humidité du sol assez large, ce n’est pas le cas du décompactage. Ce dernier doit impérativement être fait quand le sol est friable.

Astuce pour repérer un sol friable, prendre une motte dans les mains et exercer une pression entre les doigts :
- si elle s’émiette sans coller (ou peu, pour les sols argileux) et donne de la terre fine, le sol est friable et le décompactage peut avoir lieu ;
- si elle s’émiette en collant et en formant des boulettes ou se déforme, le sol est trop humide et le risque de faire des lissages ou des mottes est élevé ;
- si elle est difficile à briser et donne peu de terre fine, le sol est trop sec, le décompactage ne sera pas efficace.

Attention, l’observation de l’état de surface n’est pas suffisante. Il faut s’assurer que le sol est friable sur l’ensemble de l’épaisseur travaillée.

Enfin, une fois que le travail du sol a permis de régénérer de la porosité, il est important de pérenniser celle-ci et d’éviter que les pluies entrainent la terre fine en profondeur ou que le sol se reprenne en masse pendant l’hiver. Le meilleur outil pour cela est la colonisation racinaire du sol, le plus rapidement possible, par un couvert ou une culture. Dans certains cas, il est même possible de décompacter dans un couvert en place à condition qu’il s’agisse d’une espèce peu sensible à l’écrasement (graminée d’hiver par exemple) et d’enlever le rouleau du décompacteur.

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9 commentaires 09 août 2020 par ROEDERER

Hé bien Madame BIRLICHI, vous êtes enseignante et très très savante, je vous invite à venir voir de vos propres yeux ce qui se passe sous mes arbres. Je vous invite aussi à venir "mouiller votre chemise" pour m'aider à élaguer ces géants ! Au passage, je vous rappelle Madame que l'élaguage est un des métiers les plus risqué du monde. Pourquoi élaguer ces arbres ? Tout simplement parce qu'ils empêcheront la pousse de ceux que vous ne manquerez pas de préconiser la plantation... Notez aussi que je ne compte pas financer le moindre centime de l'opération, y compris le manque de fourrage éventuel pour mes bêtes ! C'est une chose de faire de l'enseignement, c'en est une autre d'avoir les pieds dans la réalité.

09 août 2020 par DESMYTTERE

Tout à fait d'accord avec vous. Qui mieux qu'un agriculteur peut se rendre compte des résultats sur le terrain. Je n'ai pas à ce jour vu de résultats scientifiques avec plusieurs répétition sur le sujet de l'agroforesterie. Je témoigne de mon expérience vécue. Les pertes de rendements sous les arbres sont manifestes et des pesée de récolte en atteste. Au bord des haies, les zones attaquées par la jaunisse nanisante des blés sont bien marqués. Cela nécessite de traiter ces endroit qui ne l'aurai pas été sans ces haies. Les discours bien pensants des donneurs de leçon ont-ils mis les pieds sur le terrain ou ont ils relayé les idées reçues ?

09 août 2020 par BIRLICHI

J'ai initié un débat et c'est très intéressant de constater que des idées reçues sont prises pour des savoirs académiques. Mais, pour qu'il en soit ainsi, il faut prouver ce que l'on avance. Il faut que ce soit scientifiquement évalué. On peut dire n'importe quoi en répétant comme des perroquets ce que des organismes disent. et ça, ce n'est pas scientifique. Moi, ce que j'avance, je l'ai expérimenté.

09 août 2020 par ROEDERER

J'ajoute, pour les obsédés de la fixation du carbone, que les vieux arbres ne fixent plus rien en CO2. En effet, ils ne croissent plus (même s'ils croassent de plus en plus...), et leurs feuilles tombent au sol où...elles se décomposent, comme vous le dites si bien BIRLICHI ! En se décomposant, avec l'aide ou non des faunes du sol, elles redeviennent des éléments de base CO2, NO2, NH4, P,K, etc..., et même CH4 quand ce sont des insectes xylophages qui opèrent. En outre, la lignine dont leur tronc est composé, devient de "la sciure" quand le tronc est creux, ce qui ne manque pas d'arriver quand on n'exploite pas le bois à temps, et ça aussi fait retourner le carbone dans l'atmosphère. Donc, pour la lutte contre le réchauffement climatique dû aux GES, les arbres âgés ne servent à rien. Seuls les arbres en croissance peuvent servir de "stockage". Il faut cependant mettre un gros bémol à ce stockage: la durée que prendra l'arbre pour fixer ce C en regard de l'immédiateté des émissions ! En effet, pour transporter 1 passager aller-retour entre Paris et New-York, l'avion dégage 1 tonne de CO2 (et quelques autres saloperies dont il ne vaut mieux pas parler...) en 2 fois 6 heures de vol, en revanche, l'arbre va mettre trente ans (au moins) à fixer ce gaz... Cherchez l'erreur ! Pour revenir à la compaction des sols, il existe certains sols qui se compactent tout seuls: limons battants sur argiles à silex. Ceux-là , même drainés, deviennent brique avec les précipitations hivernales (surtout comme celles de l'hiver dernier...) et quand on a des animaux, il faut malgré tout y aller pour apporter les engrais de ferme (je me refuse à appeler ces merveilles des effluents dont on aurait tendance à se débarrasser). Alors, pour limiter le phénomène, j'ai adopté depuis assez longtemps le deuxième pilier de l'Agriculture de Conservation: la couverture (autant que je peux) des sols en hiver, mais en évitant les crucifères (et la moutarde en particuliers): antagonisme avec la culture suivante et très peu de matières organiques fabriquées. Je me contente d'avoine noire et de pois protéagineux (plantes autochtones, peu coûteuses, et qui poussent en hiver), après bien des essais c'est la conclusion à laquelle j'arrive. Mais je n'en continue pas moins à labourer pour faire foisonner la terre, détruire les mauvaises herbes et aussi pour enfouir mes engrais de ferme... En effet, la réglementation n'est pas encore formelle sur ce point, mais l'on sent qu'elle va le devenir bientôt: on va DEVOIR enfouir nos engrais de ferme prochainement ! Au passage, je rappelle qu'un bon labour ne doit pas mettre la terre de surface (et les apports d'engrais organiques ou pas) dans le fond du labour, mais sur le côté. Ce qui fait que normalement, on doit pouvoir apercevoir, sur un labour fini, quelques "poils" de chaumes ou de fumier qui dépassent : "un bon labour, ce n'est pas un beau labour". Evidemment, ce que je dit là est le fruit de ma petite expérience de 40 ans et dans un contexte où la teneur en argile n'est que de 11% (et encore, c'est du mauvais argile: illite et pas monmorillonite). Aussi, il faut reconnaître que cela demande 100 litres de fuel par hectare entre le moment où je sort mon fumier et le moment où j'ai fini de semer mon maïs; mais bon, j'arrive à nourrir tout les ans mes 65 VL et la suite sans acheter à l'extérieur de fourrages (juste les concentrés, mais en échange je vend du blé) avec 70 hectares. Inutile de préciser que j'ai essayé, ,il y a bien longtemps, le premier pilier, ne plus labourer pour faire mon maïs... mais quand j'ai vu qu'au mois de Juin, je n'arriverai pas à remplir mes silos, j'ai perdu le sommeil en me demandant comment j'allais faire pour nourrir mes bêtes pour l'année qui venait ! Je pense qu'il y a des bonnes choses à prendre partout, de bonnes idées à mettre en oeuvre, par contre ce ne me va pas du tout c'est tomber dans un sectarisme aveugle et faire du copier-coller de ce qui se fait ailleurs: la recette qui marche tout le temps et partout n'existe pas, chacun doit faire son propre chemin et sa propre réflexion et si ce n'est pas la même que son voisin, il a droit au respect.

08 août 2020 par DESMYTTERE

Je suis entièrement d'accord avec ROEDERER. La lubie de planter des arbres est absurde et non fondée. Rien ne pousse sous un arbre, il puise l'eau et les éléments minéraux. En plus, les racines détruisent les drains rendant le terrain noyé en hiver et desséché en été. Il est en effet un refuge de biodiversité mais pas forcement celle recherchée. En automne, les pucerons s'y installent et contaminent les blés de viroses. Ils empêchent le vent de circuler et créent des zones préférentielles au mildiou de la pomme de terre. Il est temps que l'on apprennent à manger du bois !!

07 août 2020 par ROEDERER

Ouais, en fait, il FAUT planter des arbres, partout et partout. D'ailleurs, avant les remembrements, dans les contrées bocagères, la surface couverte par les haies et celle couverte par les chemins représentait plus que les "cultures" de l'époque: en fait de cultures, il s'agissait de prairies permanentes... Inutile de dire que la valeur produite sur ces territoires était, et de loin, bien inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui. Il faut lire que l'on nourrissait beaucoup moins de personnes à l'époque qu'aujourd'hui...Mais bon, si c'est ce que VEUT la société (lire: les influençeurs écolos), nous sommes (les agriculteurs qui restent) bien petits à côté de cette volonté de retour à l'ancien temps où l'on crevait de faim ! Petite observation au passage: ils (les paysans de ces contées) n'avaient ni tracteurs ni machines donc ils ne travaillaient pas leur sol... et ils ont commencer à progresser avec la charrue, alors qu'en conclure. Pour moi, s'il faut replanter des arbres et des haies, s'il faut tout faire pour la biodiversité (qui n'a jamais nourri personne), s'il faut arrêter de cultiver et d'élever des animaux, c'est pour réensauvager (néologisme bobo) la France et dégager les agriculteurs pour faire la place à un "tourisme" vert (mais pas vertueux) : un Parc Naturel à l'échelle de la France (ou de l'Europe, pourquoi pas), le rêve de Walt Disney en somme. Ce que j'observe chez moi, qui ait encore des haies séculaires avec de grands arbres (20 m ou plus), c'est que rien ne pousse en dessous de ces arbres, même les prairies. Eventuellemment, les animaux peuvent y trouver de l'ombre, les miens préférant leur stabulation...cherchez l'erreur !

07 août 2020 par POISSON

Birlichi merci pour votre réponse complète oui plantes indicatrices , pas de travail du sol en dessous de la ligne de semi depuis plus de 20 ans , compost (déchet vert +fumier) en surface , trop d azote vous dites ! Pas par les apports mais plutôt qu elle n est pas utilisee ou bien ne se lessivant pas resté dans le complexe , les Mauves ? Un engorgement de quelques oligo ... Ou bien un manque d un oligo pour désengorger le reste , son labo est de 8.2 et m arrive de le chauler j ai des acidifications ponctuel les , Les couverts bien-sûr, mais je garderais ces adventices pour faire leur travail au moins elles pousseront . Beaucoup de théorie mais pas. Tout mathématiques , juste un défaut d un élément peu tromper un diagnostic , l année a été partiellement humide dès le semi dans un terrain battant donc manque d oxygénation mais la nature est. Bien faite , le niveau de compaction se trouvait en 2012 a 10 cm de la surface sur 15 cm , je n' ai pas corrigé mécaniquement le niveau de rendement c est amélioré par un petit apport de P , voilà

07 août 2020 par BIRLICHI

Poissons Je suis enseignante en agronomie. Le liseron est un indicateur d'un sous-sol tassé et trop riche en azote. Quant à la mauve, elle indique un sol riche en base (Ca, K, Mg) ou bien un engorgement en matière organique animale, en N et en K dans les sols argileux lourds (argile > à 30 %), ou bien, encore, différents blocages dus à un pH élevé supérieur à 7 (Chaulage inutile sur sol peu acide) et un compactage (Labour, passage du tracteur, de la moissonneuse, des remorques). Vu que votre sol est argileux, je suppose qu'il tend plutôt vers 6,4 à 6,8 de pH. Si depuis plusieurs années vous roulez dessus en condition humide, et que vous labourez avec une charrue, il présente peut-être une semelle de labour + un tassement sous l'horizon de travail, il se peut alors que votre sol soit compacté et que, faute d'une porosité suffisante, la matière organique soit bloquée en profondeur. Que fait la matière organique en profondeur ? Il est inutile d'enfouir la matière organique du résidu de culture ou des fumiers épandus. Avez-vous déjà vu une forêt ou les feuilles mortes sont enfouies ? Non, la vie microbienne du sol et les différentes macrofaunes (vers de terre, cloportes, collemboles...) se charge de la dégrader et de la décomposer en éléments nutritifs pour la plante, puis, d'en faire de l'humus. Sur vos parcelles, vous devez reproduire au plus prêt ce fonctionnement et je peux vous assurer que ça marche. Au bout de 2 à 3 ans, commencerez à constater les résultats .que ce soit en termes de structure de votre sol et en rendement qui augmentera. Pour cela, il faut planter des haies de feuillus, et des arbres à feuilles caduques autour de vos parcelles et dans vos parcelles de façon à les morceler, les remettre à taille humaine, tout en rendant possible le passage de gros engins. L'implantation d'engrais verts en intercultures tels que moutardes, Phacélies, seigle, sarrazin, pourront également vous aider à vous débarrasser du liseron et de la mauve. L'idéal serait de faire une analyse de sol pour connaître le pH de la parcelle, son taux de matière organique, la CEC, le taux d' N, P, K, Ca, Mg. De toute façon, ces plantes, si elles prédominent sur les autres, ne sont pas là par hasard. Elles trouvent un biotope primaire qui leur rappelle celui qu'elles affectionnent. .

07 août 2020 par POISSON

le liseron et mauve sont au rendez vous et les argiles fendent par manque de couverture est ce que cela peut etre suffisant en petites terres?

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