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Fertilisation soufrée des blés et orges Messagerie Normandie

Céréales : des besoins en soufre à surveiller cette année

02 avril 2020

Que ce soit pour les blés ou les orges, le risque de carence en soufre est assez élevé dans bon nombre de situations sur le territoire normand, mais chaque situation est à considérer au cas par cas selon le type de sol et la fréquence des apports de matières organiques.

Le soufre a un comportement similaire à celui de l’azote dans le sol. Il est sensible au lessivage en hiver et dépendant de la minéralisation en automne et au printemps.

Les températures exceptionnellement douces rencontrées depuis le semis des céréales à paille ont augmenté la minéralisation des matières organiques et donc le soufre disponible. Cependant, la pluviométrie très importante des derniers mois sur l’ensemble du territoire normand a favorisé sa lixiviation. De fait, le risque de carence en soufre est assez élevé dans bon nombre de situations.

Les quantités de soufre lixiviées dépendent aussi du type de sol et de la fréquence des apports de matières organiques : les situations sont donc à considérer au cas par cas afin d’ajuster au mieux l’apport de soufre si besoin.

Figure 1 : Offre climatique du 1er septembre 2019 au 10 mars 2020 – Station météo d’Evreux (27)

Comment décider d’un apport de soufre ?

Quatre critères sont à prendre en compte avant d’apporter du soufre : le type de sol, la pluviométrie, l’apport ou non de fumure organique et le précédent. La grille d’appréciation du risque de carence en soufre des céréales à paille permet de cibler les apports conseillés (tableau 1).

Chaque type de sol est plus ou moins sensible aux pertes de soufre et présente un niveau variable de minéralisation du soufre organique. La quantité de soufre minéralisé dépend également de l’historique de fertilisation organique. Toutefois, pour une même situation donnée, la pluviométrie hivernale module le potentiel de minéralisation ou de lessivage.

A titre d’exemple, pour un sol à faible risque de lessivage - avec forte pluviométrie (> 400 mm) - sans apport régulier de fumure organique et dont le précédent a apporté du soufre, il est conseillé d’apporter 30 kg SO3/ha.

Un précédent cultural ayant reçu plus de 60 kg SO3/ha, tel le colza, peut laisser dans le sol un reliquat de soufre minéral plus important. Toutefois, cette année, cet effet peut être atténué étant donné la forte pluviométrie hivernale. Utilisez vos mesures de reliquats pour ajuster les besoins.

En situation critique, il n’est pas justifié d’augmenter les doses au-delà de 50 kg de SO3/ha pour un objectif de rendement de 80 q/ha même cette année.

En cas d’apports réguliers de produits organiques résiduaires (Pro) depuis plus de 10 ans, seules les situations à risque élevé justifient un apport.

Tableau 1 : Grille d’appréciation du risque de carence en soufre et des apports conseillés (kg/ha de SO3)

Cette grille est adaptée à un objectif de rendement de 80 q/ha ; pour des objectifs supérieurs, ajouter 5,5 kg SO3/ha par tranche de 10 quintaux supplémentaires.

(1) : apport de PRO un an sur trois.
(2) : apport de soufre supérieur à 60 kg SO3/ha (colza…).
(*) Un risque élevé de lessivage concerne les sols superficiels filtrants, argilo-calcaires superficiels caillouteux et sols sableux.
(**) Un risque moyen de lessivage fait référence à des sols argilo-calcaires moyens, craie, limons et limons sableux battant à faible teneur en matière organique.
(***) Un risque faible de lessivage désigne les sols profonds, limons argileux et argileux.

Pour les céréales semées très tardivement (sur janvier), la gestion de cet élément est identique à celle des céréales d’hiver, mais le cycle se déroulant plus tardivement, avec des températures plus élevées, les besoins précoces sont mieux couverts par la minéralisation du sol. En objectivant au mieux le potentiel de rendement, les doses à apporter sont autour des 20 à 30 kg SO3/ha pour les sols les plus à risque.

L’orge de printemps est aussi sensible à la carence en soufre que le blé mais avec le décalage du cycle de développement, les besoins sont mieux couverts par la minéralisation. On pourra utiliser la grille de décision des céréales d’hiver en limitant la fertilisation soufrée à 30 kg SO3/ha au stade tallage pour les orges de printemps à destination brassicole (les répercussions sur la qualité brassicole étant mal connues).

Quand apporter le soufre et sous quelle forme ?

De la même manière que pour l’azote, les besoins en soufre des cultures augmentent à partir du stade épi 1 cm. L’apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début de la montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces et d’obtenir une bonne valorisation.

Pour rappel, une non-satisfaction des besoins en soufre peut affecter le nombre d’épis/m² ainsi que le nombre de grains/épis. Les pertes vont de 2 à 10 q/ha dans la plupart des cas. Il est possible de corriger une carence à la vue de symptômes au champ jusqu’au stade 1 nœud sans perte de rendement. Passé ce stade, des apports de rattrapage en pulvérisation foliaire sont possibles.

Quant au choix de la forme de soufre, il existe une large gamme d’engrais mais elle n’influence pas l’efficacité de l’apport. Le choix doit prendre en compte la gestion des autres éléments associés au soufre lorsqu’on choisit un engrais binaire ou ternaire et le coût.

Reconnaître les symptômes d’une carence

Les symptômes de carence en soufre apparaissent en foyer, généralement à partir de fin tallage – début montaison (zones de couleur vert pâle à jaune). La croissance est légèrement altérée (réduction de la montée des talles et entre-noeuds plus courts) et les feuilles présentent des stries de couleur jaune/vert clair.

Attention toutefois, les carences en soufre ne sont pas systématiquement détectables par des symptômes visuels.

Retrouvez l’ensemble des symptômes décrits dans la fiche accident carence en soufre.

Ne pas confondre carence en soufre et carence en azote

• Carence en azote : les vieilles feuilles jaunissent uniformément à partir de la pointe.
• Carence en soufre : les jeunes feuilles sont striées vert-vert jaune ou entièrement vert clair.



Carence en soufre : symptômes en foyer (à gauche) & stries vert clair sur jeunes feuilles (à droite). Source : ARVALIS – Institut du végétal ; E. Masson/M. Moquet.

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