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Blé tendre au stade fin de tallage / début montaison en bon état en mars 2021 en Normandie Messagerie Normandie

Sortie d’hiver : des céréales en bon état végétatif

25 mars 2021

L’automne, relativement doux et pluvieux jusqu'en décembre, a permis aux céréales de bien se développer. Malgré les baisses de températures subies en janvier et février, les cultures présentent actuellement un état végétatif favorable.

Après un début de campagne très doux, un début d’année très frais accompagné de gel

La campagne 2020/2021 se positionne, à ce jour, près de la médiane pluriannuelle, avec toutefois une tendance « chaud et humide » (figure 1).

Les précipitations de février se concentrent sur la première décade, avec un cumul proche de la médiane pour Evreux (27), alors qu’il est proche du premier quintile pour Caen (14).

Les sommes de températures enregistrées en février sont excédentaires malgré un épisode de froid marqué mi-février suivi d’une période plus douce caractérisée par des amplitudes thermiques journalières importantes. Concernant la première décade de mars, les températures enregistrées restent modérées.

Les céréales se situent entre les stades fin tallage et épi 1 cm ; les températures fraîches de février ont ralenti le redressement des cultures. Depuis une quinzaine de jours, les stades évoluent très peu.

Figure 1 : Positionnement de l'offre climatique de la campagne 2020-2021 par rapport à la médiane (1997-2020)

Quelles conséquences sur la conduite des cultures ?

Peu de dégâts observés après l'épisode de gel

L’épisode de froid rencontré entre le 7 et le 14 février, avec des températures minimales négatives allant jusqu’à -7°C et des jours sans dégel, a pu provoquer quelques dégâts ponctuels sur céréales. Dans la majorité de situations, il a été sans impact malgré des pertes ou des décolorations de feuilles. Dans des situations isolées, des dégâts plus conséquents ont pu être observés [parcelles d’orges de printemps semées juste avant la vague de froid, blé très avancés (stade épi 1 cm largement dépassé)].

Côté fertilisation azotée

Malgré des reliquats faibles, comparables à ceux de l’année dernière, dans la majorité des situations, les céréales sont très bien alimentées en azote, notamment grâce à une minéralisation soutenue pendant l’automne et un développement racinaire suffisant pour prélever l’azote disponible dans le sol.

• Pour les parcelles n’ayant pas reçu d’azote à ce jour : les plantes vont rentrer dans une période où leurs besoins vont augmenter à l’approche du stade épi 1 cm. Envisager d’effectuer un apport avant une pluie en se référant à la dose prévue autour de ce stade.

• Pour les parcelles ayant déjà reçu un apport courant tallage (entre mi-février et début mars) : il n’y a pas d’urgence à réintervenir. Les engrais apportés sont encore en cours de valorisation (figure 2).

• Pour les parcelles ayant déjà reçu un apport courant tallage et une partie (ou la totalité) de la dose prévue à épi 1 cm : il n’y a pas de nécessité à réintervenir prochainement. En fonction de la stratégie de fractionnement de l’apport à épi 1 cm adoptée, une réintervention pourra se faire à 1-2 nœuds.

NB : les apports réalisés au cours de la période sèche de la dernière décade de février ont vu leur absorption différée mais le retour de la pluie en mars a été particulièrement bénéfique pour cette absorption à une période où les besoins des céréales progressent. Lorsque l’apport a été réalisé avec un engrais sensible à la volatilisation (urée sans retardateur, solution azotée), il y a potentiellement eu une perte d’efficience. Le pilotage du dernier apport fin montaison sera d’autant plus important dans ces situations pour réajuster les apports aux besoins.

Figure 2 : Valorisation des apports azotés effectués en fonction de la date et de la localisation

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► On constate des apports d’azote précoces et en quantités élevées, ce qui risque de favoriser la verse des céréales. Une attention particulière devra y être portée. Le raisonnement d’une intervention de lutte contre la verse doit se faire à la parcelle.

Côté Etat sanitaire

Selon les observations, de la rouille naine est présente sur orge : sa nuisibilité actuelle est nulle et le temps plus frais est défavorable à la maladie. La situation devra être réévaluée au stade 1 nœud pour décider d’une intervention ou non. De la rhynchosporiose et de l’helminthosporiose sont également signalées, notamment sur les semis précoces (en Seine-Maritime et dans l'Eure). Une surveillance doit être mise en place à partir du stade 1 nœud jusqu’au stade sortie des barbes.

Figure 3 : Symptômes de rhynchosporiose et d’helminthosporiose et seuils de déclenchement des interventions

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• Sur orge, différentes viroses sont signalées : JNO avec apparition des symptômes depuis mi-février et suspicion de quelques cas de mosaïque de l’orge, des analyses virologiques étant en cours pour confirmer le diagnostic.

• Sur blé, la septoriose est présente sur les feuilles sénescentes mais il est trop tôt pour intervenir.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec la coopérative de Bellême, la Coopérative de Creully, D²N, Nat ’up et Soufflet Agriculture.

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