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Sorgho : comprendre les types génétiques pour mieux les valoriser

22 décembre 2021

La diversité génétique des sorghos est telle que bien souvent, le terme « sorgho » ne renvoie pas vers le même aliment suivant les personnes, les régions, etc. La valorisation du sorgho peut être très variée suivant leur type : production de fourrage pour l’alimentation animale ou de biomasse pour l’industrie, production de grain, couvert végétal… Le point sur le champ lexical autour des différents profils et caractères des variétés de sorgho.

Au sommaire :Sorghos multicoupes : un fourrage estival intéressant
Des sorghos monocoupes ensilage, industriels ou à double usage
Des sorghos BMR

Sorghos multicoupes : un fourrage estival intéressant

Les sorghos se distinguent tout d’abord par leur mode de récolte : ils sont dits « monocoupe » s’ils sont récoltés une fois ou bien « multicoupes », s’ils sont destinés à être exploités plusieurs fois au cours de leur cycle.

Les sorghos multicoupes constituent un fourrage estival ayant un cycle de végétation très court. Ils peuvent être semés en culture principale ou en dérobée d’été après une récolte de céréales-protéagineux immature, de céréales ou de colza. Suivant la date de semis et les conditions de culture, une première exploitation peut être réalisée 45 à 60 jours après semis avec 1 à 4 coupes sur l’année. Le potentiel de rendement en matière sèche de cette culture dérobée est élevé : de l’ordre de 8 à 13 t MS/an.

Souvent valorisés par les ruminants, ces sorghos peuvent être pâturés ou fauchés (affourragement en vert, ensilage, enrubannage, foin). Parmi ces sorghos, on retrouve deux types de variétés :
- Les Sudan grass ou « herbe du Soudan ». Ils ont une grosse capacité de tallage et de repousse et présentent des tiges et feuilles fines.
- Les hybrides (Sorghum bicolor x Sudan grass). Plus tardifs que le type Sudan Grass, leur potentiel de rendement est plus élevé. Ils possèdent une morphologie plus grossière mais plus vigoureuse.

Leur exploitation en pâturage doit être réalisée au-delà d’une certaine hauteur d’herbe : 40 à 50 cm pour les types Sudan grass, et 50 à 60 cm pour les hybrides. En effet, à un stade jeune, les sorghos contiennent de la durrhine, une molécule qui entraîne une libération d’acide cyanhydrique dans le rumen pouvant causer une paralysie respiratoire chez les bovins. Il n’y a, en revanche, pas de risque dès lors qu’un préfanage est réalisé.

La valeur alimentaire du sorgho multicoupe est proche d’une fétuque élevée sur le plan de l’énergie, de l’encombrement et de l’azote. Ainsi, au stade montaison en vert, le sorgho multicoupe présente une teneur en énergie supérieure à 0,80 UFL par kilo de matière sèche. Malgré sa valeur alimentaire limitée en comparaison des prairies temporaires de type ray-grass anglais + trèfle blanc, il faut souligner que le sorgho multicoupe peut être un complément de pâturage significatif en période estivale, lorsque les prairies de pâturage « classiques » produisent peu, limitant ainsi le recours aux fourrages conservés.

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Des sorghos monocoupes ensilage, industriels ou à double usage

Les sorghos monocoupes peuvent être moissonnés en grains pour l’alimentation humaine ou l’alimentation animale (comme l’oisellerie), ou ensilés pour la production de fourrage. Dans ce dernier cas, ils sont classés en trois catégories (classification CTPS) selon leur niveau de valeur énergétique :
- Les sorghos « ensilage » : caractérisés par une très bonne valeur énergétique, ces sorghos sont recommandés pour la production d’un ensilage de haute qualité et destinés à l’alimentation de troupeaux ayant un niveau de production élevé (lait et viande).
- Les sorghos « à usage principalement industriel » : plus riches en fibres et moins digestibles, ces sorghos sont à réserver pour la méthanisation, les biomatériaux, les biocarburants… Ils sont connus sous différentes appellations : sorgho biomasse, fibre ou encore papetier.
- Les sorghos « double usage » : ces sorghos sont caractérisés par une valeur énergétique intermédiaire et une productivité souvent supérieure aux sorghos « ensilage ». Ils peuvent être destinés à la production de fourrage pour les animaux à besoins modérés ou à la production de biomasse pour le débouché biogaz.

Des caractères génétiques spécifiques

Au-delà de la classification basée sur le niveau de valeur énergétique du fourrage, les sorghos monocoupes se différencient aussi par d’autres caractères influençant la composition chimique du fourrage (tableau 1).

La majorité d’entre eux sont des sorghos dits sucriers. Leur teneur en sucres solubles sur vert est élevée (15-20 % de la matière sèche), mais leur teneur en amidon est très variable suivant le type génétique. Certains sorghos sont dits « grain ensilage » : ils présentent une forte proportion de grains impliquant une teneur en amidon élevée, proche de celle du maïs fourrage (environ 30 % de la matière sèche).

Au sein des sorghos sucriers, des variétés ne produisent pas ou peu de grains, comme les sorghos « mâle stérile » (MS) ou les sorghos « photopériodiques sensibles » (PPS) ; ces deux types génétiques présentent donc des teneurs en amidon assez faibles, inférieures à 5 % de la matière sèche. Les sorghos MS présentent des panicules mais sans pollen, ils ne produisent donc pas de grains lorsqu’ils sont cultivés seuls. Quant aux sorghos PPS, ils sont sensibles à la photopériode et initient leur phase reproductrice en période de jours longs. Ces sorghos n’épient que très rarement sous nos latitudes et ont une croissance continue ; mais attention, leur teneur en matière sèche à la récolte sera souvent faible. A noter que certains sorghos multicoupes présentent également le caractère PPS.

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Des sorghos BMR

Qu’ils soient monocoupes ou multicoupes, ces différents types de sorghos peuvent présenter le caractère BMR (Brown Mid Rib). L’expression phénotypique de ces gènes se caractérisent par une nervure centrale brunes des feuilles, visible dès les premiers stades jusqu’à l’épiaison sur l’ensemble des feuilles les plus jeunes. Cette combinaison de gènes interfère sur la lignification des tissus ce qui implique une teneur en lignine moins importante et généralement une meilleure digestibilité des fibres. En revanche, le risque de verse est plus important pour ces variétés.

Attention, tous les sorghos BMR ne se valent pas en terme de valeur énergétique, d’où l’intérêt de se référer à la classification CTPS des sorghos monocoupes.

Tableau 1 : Composition chimique et utilisation de différents types de sorghos fourragers monocoupes
Composition chimique et utilisation de différents types de sorghos fourragers monocoupes

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1 commentaires 25 décembre 2021 par AUBERT

Pour notre part 1ere année de culture de sorgho BMR monocoupe derrière une luzerne... compliqué à la récolte, compte tenu de l’épisode pluvieux de l’année... ( mélange 2 variétés) Bon complément du maïs pour l’affourragement des vaches laitière pour élevé le niveau énergétique sans apport d’amidon ... et azote soluble Le point à travailler est à recolte, apport de paille broyé pour capter les jus....

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