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Symptômes de septoriose sur feuilles de blé tendre fin avril 2021 en Lorraine Messagerie Lorraine

Septoriose sur blé : un premier traitement est-il nécessaire ?

29 avril 2021

Alors que les maladies sont restées plutôt discrètes ces deux dernières campagnes de céréales, des symptômes de septoriose sont déjà signalés sur blé tendre à mi-montaison, à la faveur des pluies de début avril et la remontée des températures. T1 ou pas T1 ? Elements de réponse dans le contexte 2021.

Les facteurs influençant le développement de la septoriose ce printemps 2021

Le principal facteur d’évolution et de progression de la septoriose reste les éclaboussures de pluies (effet splashing). Celles-ci sont donc nécessaires pour transférer les spores sur les étages foliaires supérieurs. La hauteur atteinte dépend de la violence des pluies.

La phase de sensibilité du blé à la maladie débute au stade 2 nœuds. Cette année, ce stade est apparu, en moyenne, autour du 19 avril (et le stade épi 1 cm, vers le 19 mars). Sur l'ensemble de la région, le cumul de pluies entre le stade épi 1 cm et le 11 avril 2021 (carte 1) a permis le développement de la maladie. Néanmoins, depuis le 12 avril (carte 2), soit une semaine avant l’arrivée du stade 2 nœuds, les pluies se sont raréfiées, empêchant la septoriose d’atteindre les nouvelles feuilles émises.

Carte 1 : Somme de pluies entre le 19 mars et le 11 avril 2021

Carte 2 : Somme de pluies entre le 12 et le 25 avril 2021



Bien déterminer la pression dans ces parcelles

Reconnaître les symptômes

Ces derniers jours, la maladie a pu être observée au stade 2 nœuds sur des variétés sensibles, mais aussi sur des variétés peu sensibles, à l’instar de Chevignon, notamment sur des semis précoces. Néanmoins, la septoriose se cantonne généralement aux f3 du moment, laissant les f2 du moment nouvellement émises encore saines.

Pour rappel, la septoriose se manifeste par des taches brunâtres, éparses, plus ou moins allongées ou rectangulaires avec des formes diversifiées bordées d’un halo jaune chlorotique plus ou moins prononcé, présentant des pycnides noires en leur centre (photo). Les pycnides permettent de ne pas confondre la maladie avec des taches physiologiques qui sont signes de stress oxydatif (écart de températures…).

f3 sur Chevignon à Saint-Hilaire-en-Woëvre (55)

Observer la bonne feuille pour estimer le risque

Pour rappel, le seuil de risque prend en compte la sensibilité variétale. Pour vérifiez le niveau de tolérance des variétés, consultez Les Fiches Variétés.

► Au stade 2 nœuds :
     - sur variétés sensibles : traiter si plus de 20 % des f2 du moment sont atteintes ;
     - sur variétés peu sensibles : traiter si plus de 50 % des f2 du moment sont atteintes.

► À partir de dernière feuille pointante (DFP) :
     - sur variétés sensibles : traiter si plus de 20 % des f3 du moment sont atteintes ;
     - sur variétés peu sensibles : traiter si plus de 50 % des f3 du moment sont atteintes.

Que disent le BSV et les modèles épidémiologiques ?

Le réseau BSV Lorraine-Barrois de cette semaine indique un risque faible en septoriose du fait des f2 saines sur des parcelles majoritairement à 2 nœuds. Seules 7 % des parcelles ont atteint le seuil.

Les modèles épidémiologiques confirment les observations terrain. Pour les variétés peu sensibles (Chevignon, KWS Extase…) majoritairement présentes en Lorraine, ainsi que pour les variétés moyennement sensibles, l’impasse du T1 est la règle, quelle que soit la date de semis. Le traitement unique sera à positionner autour ou après dernière feuille étalée (DFE) selon les cas-types. Seules les variétés sensibles (ex. Rubisko) nécessitent un T1 vers DFP.


T1 : l’impasse devient classique, sinon un petit traitement

Des travaux récents ont montré que le poids du T1 à 2 noeuds-DFP était relativement faible ces dernières années (faible pression, contexte de début montaison sèche) : + 1,7 q/ha sur la période 2013-2019 (A noter que le gain serait plus important en cas d’attaque de rouille jaune et/ou d'oïdium…). En prenant l’hypothèse d’un prix du blé à 180 €/T, un T1 permet de faire gagner en moyenne 30 €/ha. En l’absence de rouille jaune, le traitement n’est pas forcément rentable au regard du coût des produits.

Si un T1 s’avère nécessaire, plusieurs solutions sont possibles contre la septoriose : les solutions de biocontrôle ont montré leur efficacité en cas de faible pression (nombreuses solutions à base de soufre, peu onéreux), ou le folpel (multisite). En cas d’attaque plus forte, préférer une solution à base de triazole associée à un multisite pour maximiser l’efficacité. En cas d’attaque de rouille jaune (non observée en parcelle cette année à ce jour), un triazole - éventuellement associé à une strobilurine - s’avère efficace (pas d’efficacité des multisites).

Pour en savoir plus sur les solutions recommandées selon les situations, consultez notre guide régional « Choisir et décider – Blé tendre d’hiver - interventions de printemps 2021 »

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