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Jeune tache de septoriose sur blé tendre en avril 2020 en Auvergne Messagerie Auvergne

Septoriose du blé : un risque faible pour le moment

09 avril 2020

L’absence de précipitations significatives depuis la sortie d’hiver conduit à un risque actuel septoriose faible. Peu d’évolution est à prévoir tant que les prévisions météo indiqueront un temps sec.

Les spores de cette maladie ont besoin de pluies pour progresser d’un étage foliaire à un autre (effet splashing). A l’approche du stade 2 nœuds et face à ce constat, il est judicieux de prendre le temps de réaliser un diagnostic des parcelles pour revoir la stratégie de protection fongicide prévue en morte saison. Pour cela, un seul moyen : observer les plantes pour repérer la présence de septoriose.

Attention aux erreurs de diagnostic !

Toutes les nécroses observées ne sont pas de la septoriose ! Seules celles présentant des pycnides (points noirs) peuvent être attribuées à cette maladie. Chez Zymoseptoria tritici, l’espèce de septoriose dominante dans notre région, les pycnides (structures de la reproduction asexuée du champignon) apparaissent dès la formation des nécroses. Un seul mot d’ordre : rentrer dans les parcelles pour observer attentivement les feuilles.


Photo 1 : présence de pycnides noires sur une feuille de blé

En conditions humides, on peut observer des cirrhes blancs sortir des pycnides (gelées contenant des spores de champignon), même avec une simple loupe de poche.


Photo 2 : des cirrhes blancs sortent des pycnides

Pour plus d’informations, consulter le BSV Auvergne.

Prioriser les observations en fonction de la sensibilité des variétés

L’anticipation du risque commence par connaître la sensibilité des variétés à la septoriose. Les notes de résistance variétale sont actualisées chaque année. Ces grilles sont consultables dans les guides Choisir & Décider – Variétés et traitements d’automne des céréales.

Figure 1 : Résistance des variétés de blé tendre à la septoriose (Septoria tritici) – Echelle 2019

Les Outils d’Aide à la Décision (OAD) permettent d’intervenir au bon moment sur les parcelles en anticipant les risques en cours de campagne. Un outil en accès libre, le baromètre maladies du blé tendre, permet ainsi d’avoir un aperçu du risque « maladies » pour quelques variétés cultivées dans nos régions. D’autres outils, comme ceux intégrant le modèle Septo-LIS®, permettent de déclencher le premier traitement contre la septoriose. Pour ces derniers, la sensibilité variétale, la date de semis, l'évolution physiologique de la culture et les prévisions météorologiques sont autant de paramètres pris en compte pour simuler l'évolution de la maladie et ainsi prévoir le nombre de jours avant le premier traitement contre la septoriose.

Observer avant toute intervention

En complément des prévisions des modèles, l’observation des parcelles reste indispensable pour déterminer l’intérêt ou non d’un traitement à partir du stade 2 nœuds, surtout en cas de variétés sensibles. Ces visites au champ permettent de suivre régulièrement l’évolution de la septoriose dans le couvert. A 2 nœuds, c’est l’observation de la feuille F4 définitive (il s’agit de la F2 déployée du moment à ce stade) qui sert d’indicateur. Le but de la protection fongicide est en effet de protéger les 3 dernières feuilles définitives.

Figure 2 : Identification de la septoriose et seuils de traitement

Source : ARVALIS – Institut du végétal

En cas de doute, consultez les fiches accidents d’ARVALIS

Avec quel produit si une intervention est nécessaire ?

Si un T1 est déclenché à 2 nœuds, des associations triazole(s) + produit de contact (chlorothalonil, soufre ou folpel) sont proposées pour renforcer leur efficacité. A noter que le chlorothalonil n’est utilisable que jusqu’au 20 mai 2020.

Si un T1 est déclenché à dernière feuille pointante, du chlorothalonil en solo (750 g/ha) - ou associé au soufre (500 g/ha + 2400 g/ha) - peut suffire pour patienter jusqu’à dernière feuille étalée.

Pour des variétés résistantes à peu sensibles à la septoriose (Nuisibilité attendue entre 7 et 13 q/ha)

L’impasse de T1 septoriose à 2 nœuds devient la règle, particulièrement pour les variétés résistantes à peu sensibles (note ≥ 6,5). L’observation à partir de 2 nœuds ou dernière feuille pointante conduira très majoritairement à une impasse au T1 pour ce type de génétique. Un contrôle au champ est tout de même recommandé.

Figure 3 : Stratégie fongicide proposée pour des variétés de blé résistantes à peu sensibles

Pour des variétés moyennement sensibles à la septoriose (Nuisibilité attendue autour de 15 q/ha

Pour ces variétés, c’est le pilotage par un OAD qui décidera d’une intervention en T1 ou non, après confirmation par une visite au champ, selon la date d’apparition de la septoriose.

Les doses proposées ci-dessous correspondent à une nuisibilité de 15 q/ha. Dans la région, la nuisibilité d’une variété moyennement sensible peut être inférieure (jusqu’à 5 q/ha en Limagne). Si le contexte actuel perdure, les doses des T1 proposées ci-dessous seront à revoir à la baisse, voire à supprimer.

Figure 4 : Stratégie fongicide proposée pour des variétés de blé moyennement sensibles

Retrouver l’ensemble des programmes dans le guide Choisir & Décider – interventions de printemps.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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