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Lutte contre les pucerons vecteurs de la JNO Messagerie Méditerranée

Sept questions/réponses pour tout savoir sur les pucerons des céréales

19 novembre 2020

Des conditions favorables aux colonisations des parcelles à la décision d’intervenir avec un insecticide en végétation, nous vous proposons des questions/réponses pour y voir plus clair sur la problématique pucerons en céréales.

Peu de pucerons = faibles dégâts (et inversement) ?

Ça dépend ! L’impact de la JNO sur les cultures dépend de plusieurs critères. Certains sont plutôt bien connus des agriculteurs : stade la culture par exemple.

D’autres sont moins connus et expliquent qu’une infestation de pucerons relativement limitée peut avoir de fâcheuses conséquences dans le cas d’un enchaînement d’évènements favorables aux virus et défavorables à la plante. Parmi eux :
1. Les conditions météorologiques après la contamination. S’il fait doux après la vague de contamination et que la plante a une croissance continue, les particules virales vont plus facilement se multiplier - et inversement s’il fait froid.
2. Le type de virus et leur quantité. Plusieurs virus existent, plus ou moins agressifs. Ainsi quelques pucerons peuvent transmettre des virus qui auront un impact plus important que si davantage de pucerons avaient transmis des virus moins agressifs.
3. L’exposition concomitante de la plante à d’autres stress d’ordre climatique, alimentaire ou biotique aggrave les dégâts de JNO. Pour une même quantité de virus de même type, une plante sera plus impactée qu’une autre si elle subit un stress. C’est ce qui s’est produit cette année dans une grande partie du nord-ouest de la France qui a connu une période de stress hydrique.

Puis-je utiliser les pièges chromatiques pour déclencher mon intervention ?

A ce jour, l’analyse de risque repose uniquement sur les observations de pucerons réalisées directement sur les plantes dans les parcelles.

Les pièges jaunes peuvent cependant donner une idée des vols de pucerons. Mais ils ne donnent aucune indication concernant la fréquence de plantes habitées dans la parcelle, qui reste le seul indicateur pertinent pour l’analyse de risque. L’absence de captures sur le piège, à un instant t, ne permet pas de prédire l’absence de risque sur la parcelle. Vis-à-vis des cicadelles vectrices de la maladie des pieds chétifs, la situation est différente : le piégeage est un indicateur de risque.

Et les températures ? Comment m’en servir pour m’aider à choisir ?

Des températures entre 12 et 30°C à l’automne sont favorables aux vols des pucerons. Si les précipitations peuvent limiter les nouvelles arrivées d’ailés dans la parcelle, elles affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dans les parcelles dès lors que les températures restent douces.

L’absence de gel significatif (plusieurs jours consécutifs avec des températures négatives) doit inciter à poursuivre les observations durant l’hiver. Attention, des gelées matinales, alors que le sol est humide, n’entraîneront qu’une faible mortalité de pucerons.

Suis-je obligé d’aller m’agenouiller dans la parcelle pour les observer ?

Malheureusement oui ! C’est le seul moyen de s’assurer de la présence de pucerons sur la par-celle.

Une fois sur la parcelle, vous pourrez voir les pucerons uniquement si vous respectez ces quelques règles :
- Parcelle les plus à risque (proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs).
- Rechercher alors la présence de pucerons sur des séries de 10 plantes (plusieurs lignes de semis).
- Tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses, les pucerons sont beaucoup plus difficiles à voir car ils sont souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules. Dans des conditions de visite non favorables, l’absence d’observation de puceron ne signifie pas qu’il n’y en a pas !

Figure 1 : Principales espèces de pucerons colonisant les céréales

Je peux mélanger mon insecticide avec mon herbicide ?

Oui mais attention ! Le déclenchement de l’insecticide ne dépend pas de l’opportunité de réaliser un mélange avec un herbicide (dont les conditions d’efficacités optimales seront différentes par rapport à la lutte contre les pucerons).

Le traitement insecticide (pyrétrinoïdes, agissant majoritairement par contact) dépend, en premier lieu, des observations qui mettent en évidence ou non la présence de pucerons dans la parcelle.

Quand je vois les pucerons, combien de temps ai-je pour traiter ?

Les résultats d’essais réalisés par ARVALIS mettent en évidence une relative souplesse dans la date d’application de l’insecticide. Il n’y a pas de perte de rendement lorsque l’application est réalisée jusqu’à 14 jours après la date conseillée.

Il est difficile de savoir depuis combien de temps les pucerons sont arrivés, le mieux est d’y aller dès que possible dès que vous en voyez.

Quel produit utiliser ?

En cas de présence de pucerons, le dernier recours est de réaliser une lutte insecticide en végétation grâce à l’application d’un produit comportant une substance active de la famille des pyréthrinoïdes. Les produits à base de lambda-cyhalothrine (référence : Karaté Zéon) présentent régulièrement de très bonnes efficacités dans les essais. Elles peuvent être en partie reliées à une persistance d’action plus soutenue de cette substance active. Dans des conditions optimales d’application, la différence d’efficacité entre substances actives de la famille des pyréthrinoïdes (lambda-cyhalothrine, cyperméthrine, tau-fluvalinate, esfenvalerate…) est le plus souvent marginale.

L’absence d’alternative aux produits comportant une pyréthrinoïdes est favorable à l’apparition de résistance. La présence de population de puceron vecteur de la JNO et résistante à des pyréthrinoïdes n’a pas été mise en évidence en France à ce jour mais le risque doit être pris en considération.

Figure 2 : Principaux insecticides disponibles pour lutter contre les pucerons vecteurs de la JNO

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En conclusion, pour une protection efficace contre la JNO !

- Les pièges chromatiques peuvent être un bon moyen de vous alerter. Si vous en voyez dans le piège, allez vérifier dans vos parcelles. Si vous n’en voyez pas dans le piège (ou que vous n’avez pas de piège), mais que les conditions météo semblent « idéales » pour les pucerons (au-dessus de 12°C), allez jeter un coup d’œil à vos parcelles pour en être sûr.
- Si vous observez des pucerons sur votre parcelle et qu’aucune période de froid n’est annoncée dans la semaine, intervenez rapidement.
- Appliquez un insecticide en végétation uniquement si nécessaire, le recours systématique à une voire plusieurs applications sans prise en compte du risque réel et dans des conditions d’efficacité non optimale est de nature à engendrer plus rapidement l’apparition de résistance. Ne pas appliquer le produit trop tôt (pas d’action préventive).

Figure 3 : Raisonnement de la lutte contre les pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge

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